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Identité nationale: Juppé met les pieds dans le plat

Mercredi 9 Décembre 2009 à 14:01 | Lu 25459 fois I 182 commentaire(s)

Gérald Andrieu
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur

Même si personne n’est dupe, Juppé est le premier responsable politique de la majorité à formuler clairement que derrière le débat national tel que voulu par Sarkozy et Besson, il y a la question l’islam.


On peut reconnaître un mérite à Alain Juppé : ne pas tourner autour du pot comme s’échinent à le faire les membres de la majorité et le chef de l’Etat depuis le lancement du débat de l’identité nationale. Ce matin, sur Europe 1,  l’ancien Premier ministre est allé droit au but. Sans complexe. Quitte à heurter : « J’ai manifesté un peu de scepticisme sur l’utilité de ce débat. Sauf si l’on pose la vraie question. Il ne faut pas se cacher la face. Elle est la suivante la vraie question : est-ce que la France, est-ce que la République française est islamo-compatible ou pas ? »


Cette question, à droite, personne n’a osé la formuler telle quelle. Tous ont pris des chemins détournés. Eric Besson le premier. Tout comme Nicolas Sarkozy dans sa tribune parue hier dans Le Monde en usant — même si personne n’est dupe — de périphrases. Et Alain Juppé y répond tout aussi clairement à cette question : « Evidemment oui [l’islam est compatible]. Parce que toutes nos valeurs, précisément liberté, égalité, fraternité, laïcité, respect de l’autre, nous conduisent à dire que la société française comme elle l’a été dans le passé — parce que la France a été historiquement un grand pays d’immigration — doit être accueillante et respectueuse des différences. À une condition et le Président de la République l’explique très bien dans sa tribune : que devenir Français implique évidemment le respect d’un certain nombre de valeurs communes, et une certaine retenue bien évidemment. »


Mais la liberté de ton du maire de Bordeaux (il demande notamment à Luc Chatel de revoir sa copie sur l’histoire-géo en terminale S) a ses limites : lui qui a « bien aimé la tribune » de Nicolas Sarkozy se garde de mettre en évidence qu’entre le discours et les actes du chef de l’Etat, il y a plus qu’un fossé : un grand canyon. Et que celui qui dit vouloir lutter contre le communautarisme en est le plus fidèle artisan...









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