Identité nationale: Juppé laisse le champ libre au FN
Mercredi 20 Janvier 2010 à 14:01 | Lu 11120 fois I 98 commentaire(s)
Laureline Dupont - Marianne
Bordeaux accueillait lundi soir une déclinaison locale du débat sur l’identité nationale. Sans Juppé qui l'a boycotté, ni la gauche qui manifestait dehors. Il ne restait plus que le FN dans la salle de l’Athénée municipal. Correspondance de Bordeaux.
Tout comme le grand Emprunt s'est révélé moins grand que prévu, le « grand » débat sur l’identité nationale n’est pas toujours « grand ». Il ruisselle aussi en une multitude de petits débats, organisés partout en France par des préfets plus ou moins obligés, et, il faut bien le dire, plus ou moins convaincus. Cette semaine, c’est Bordeaux qui s’y colle et clôt en beauté la série des débats girondins.
Quartier bouclé, CRS déployés, la salle de l’Athénée est prête à recevoir les participants invités par le préfet de Gironde Dominique Schmitt. Sur scène, quatre illustres inconnus venus témoigner, un journaliste chargé d’animer le débat, et le préfet, plus occupé à marteler les valeurs républicaines de la nation française qu’à prendre réellement part à la discussion.
Dans la salle, l’assemblée éparse est composée d’une centaine de personnes, âgées pour la plupart d’au moins 65 ans, fidèles reflets d'un électorat sarkozyste dont on oublie de dire qu'il est fort vieillissant. Quelques jeunes occupent les places du fond. Comme prévu, Juppé, le PS et les Verts ont boudé le débat, symbolisant peut-être l'arc républicain qui s'est, de fait, constitué contre Eric Besson. Rien ne laisse présager l’épique pugilat verbal qui se prépare.
Quartier bouclé, CRS déployés, la salle de l’Athénée est prête à recevoir les participants invités par le préfet de Gironde Dominique Schmitt. Sur scène, quatre illustres inconnus venus témoigner, un journaliste chargé d’animer le débat, et le préfet, plus occupé à marteler les valeurs républicaines de la nation française qu’à prendre réellement part à la discussion.
Dans la salle, l’assemblée éparse est composée d’une centaine de personnes, âgées pour la plupart d’au moins 65 ans, fidèles reflets d'un électorat sarkozyste dont on oublie de dire qu'il est fort vieillissant. Quelques jeunes occupent les places du fond. Comme prévu, Juppé, le PS et les Verts ont boudé le débat, symbolisant peut-être l'arc républicain qui s'est, de fait, constitué contre Eric Besson. Rien ne laisse présager l’épique pugilat verbal qui se prépare.
« les profs ne sont pas habitués à faire cours à des Momos ».
Sur fond de drapeau français, les quatre premiers témoins –une historienne, un médecin membre du Crif, un Martiniquais et un inspecteur pédagogique- sont invités à donner leur définition de l’identité nationale. Une heure de témoignages lisses, polis, qui procèdent finalement du bon sens le plus élémentaire. Pas de quoi casser trois pattes à un canard.
19h, voici venu le moment tant attendu des échanges avec le public. La première prise de parole annonce la suite des hostilités. Jacques Colombier, tête de liste FN en Aquitaine pour les régionales, a fait le déplacement. Pas tout seul semble-t-il. Il fustige d’abord « ces vagues d’immigration qui ne viennent pas d’Europe » avant de conclure qu’ « il y a un problème avec l’islam ».
Chaudement applaudie, l’intervention de Colombier délie les langues. Un jeune de l’Autre jeunesse se plaint d’ « avoir peur quand il sort le soir. Des gens hurlent, vendent de la drogue, et ce ne sont pas des Français ». Un gamin d’une quinzaine d’années explique que « les profs ne sont pas habitués à faire cours à des Momos ».
19h, voici venu le moment tant attendu des échanges avec le public. La première prise de parole annonce la suite des hostilités. Jacques Colombier, tête de liste FN en Aquitaine pour les régionales, a fait le déplacement. Pas tout seul semble-t-il. Il fustige d’abord « ces vagues d’immigration qui ne viennent pas d’Europe » avant de conclure qu’ « il y a un problème avec l’islam ».
Chaudement applaudie, l’intervention de Colombier délie les langues. Un jeune de l’Autre jeunesse se plaint d’ « avoir peur quand il sort le soir. Des gens hurlent, vendent de la drogue, et ce ne sont pas des Français ». Un gamin d’une quinzaine d’années explique que « les profs ne sont pas habitués à faire cours à des Momos ».
Juppé en modérateur ?
Autant de propos fédérateurs qui à défaut d’être évités, auraient pu être modérés, discutés, si Juppé avait daigné participer au débat. Mais son indifférence dans un débat pourtant organisé dans sa ville, venant après son refus poli de succéder à Philippe Séguin pour la présidence de la Cour des Comptes, confirme sa prise de distance avec l'Elysée.
L’absence de l’ancien Premier ministre était prévisible. Il avait été l’un des premiers responsables politiques de la majorité à oser mettre les pieds dans le plat en affirmant que « la vraie question est de savoir si la République française est islamo-compatible ».
Le débat de lundi soir aurait eu bien besoin des réflexions plus élevées et raisonnables d’Alain Juppé. De même, les interventions du PS, des Verts, ou du Front de gauche auraient certainement calmé la discussion. Mais ils auraient aussi fourni matière aux invectives des militants frontistes.
Quoiqu'il en soit, en l’absence d’adversaires politiques, le FN a pu s’exprimer en toute liberté pendant deux heures, transformant ainsi le débat en une tribune pour militants d’extrême-droite.
L’absence de l’ancien Premier ministre était prévisible. Il avait été l’un des premiers responsables politiques de la majorité à oser mettre les pieds dans le plat en affirmant que « la vraie question est de savoir si la République française est islamo-compatible ».
Le débat de lundi soir aurait eu bien besoin des réflexions plus élevées et raisonnables d’Alain Juppé. De même, les interventions du PS, des Verts, ou du Front de gauche auraient certainement calmé la discussion. Mais ils auraient aussi fourni matière aux invectives des militants frontistes.
Quoiqu'il en soit, en l’absence d’adversaires politiques, le FN a pu s’exprimer en toute liberté pendant deux heures, transformant ainsi le débat en une tribune pour militants d’extrême-droite.
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