Homoparentalité: le retard français a bon dosCauseur.fr - Vent des Blogs | Vendredi 20 Novembre 2009 à 14:01 | Lu 2985 fois
La justice française a enfin accordé le droit à l'adoption par les homosexuels, mais les situations divergent entre les couples reconnus et ceux qui ne le sont pas. Elisabeth Lévy de Causeur.fr se demande si l'absence de cadre ne pose pas un problème symbolique.
Il faut en finir avec le retard français. Cette antienne sert de feuille de route aux médias et aux politiques, chacun choisissant dans la longue liste des refus de modernité celui qui lui va le mieux au teint. De ce point de vue, les mœurs sont un terrain de jeux de prédilection de la république des lettres et des faiseurs d’opinion. Certes, les choses ne sont pas toujours simples parce que, comme l’avait annoncé Muray, le moderne se cogne souvent au moderne de sorte qu’un moderne chasse l’autre. Les mêmes qui hurlent à la pédophilie et réclament les sanctions les plus sévères quand une adolescente de 17 ans se tire avec un coquin de quadra rencontré sur Internet exigent que le droit avance dans les plus brefs délais pour se mettre en conformité avec le désir d’enfant devenu un droit pour tous. Il y a 30 ans, on voulait jouir sans entraves – ce qui était un peu niais, mais au moins sympathique. Les filles découvraient qu’elles pouvaient dire « un enfant, si je veux ». Aujourd’hui, c’est plutôt « un enfant quand je veux», comme je veux, avec qui je veux, et que ça saute. Mais au bout du compte, l’objectif est de pouvoir reproduire le modèle de papa-maman, même si c’est sous la forme de papa-papa et de maman-maman. Le combat pour l’homoparentalité s’affiche sous les espèces du progrès et de l’émancipation, mais quand on regarde bien, il n’est pas très rock and roll. Passons.
Emmanuelle donc va pouvoir adopter un enfant. Et même adoptater. Il faut vous dire qu’Emmanuelle, je la connais depuis un petit bout de temps, parce que, comme le répètent les gazettes, cela fait onze ans que cette instit de Lons-Le-Saunier se bat pour adopter un enfant. Dans le cours de ses démêlés administrativo-judiciaires, un titre de Libé nous avait enchantés, Philippe Muray et moi-même. Quelque chose comme : « Un couple de lesbiennes se voit refuser le droit à l’adoptation ». Cette coquille en forme d’aveu révélait bien le caractère vaguement incongru de cette adoptation-là qui était surtout une injonction à s’adapter au nouvel ordre. Aujourd’hui, Libé mesure « l’absurdité du chemin de croix qu’ont dû emprunter pendant onze ans Emmanuelle B. et Laurence R. pour faire valoir leur envie de parentalité ». Quelle envie impérieuse pourrais-je bien faire valoir auprès de la justice de mon pays ? Retrouvez la suite de cet article d'Elisabeth Lévy sur Causeur.fr
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