Hollande et Villepin proposent un arc républicain
Mardi 24 Août 2010 à 12:01 | Lu 29257 fois I 150 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, rédacteur en chef de Marianne2.fr et co-responsable du service politique... En savoir plus sur cet auteur
La politique de sécurité du gouvernement finira-t-elle par provoquer la constitution d'un arc républicain ? François Hollande et Dominique de Villepin ont semblé le souhaiter ce matin.
S'il a écouté les radios ce matin, Patrick Buisson, que l'on présente souvent comme l'un des inspirateurs du discours de Grenoble et du virage sarkozyste en matière de sécurité, a dû tendre l'oreille : voilà que le nouveau cours du Président suscite un véritable arc républicain allant de l'extrême gauche jusqu'à certains ministres et élus sarkozystes, qui plus ou moins à bas bruit, vilipendent la politique du patron. On avait observé les réserves d'un Alain Juppé ou d'un Gérard Larcher. Mais avec la parution du Monde d'hier et les tribunes de Dominique de Villepin et de Rachida Dati, la grogne d'une partie de la droite franchit un nouveau cap.
Après que Jean-Pierre Grand ait parlé de rafle à propos du démantèlement des camps de Roms, Villepin ne pouvait pas jouer petit bras, d'autant que cela n'est pas dans ces habitudes.
« Indignité nationale », « inefficacité », « une dérive qui ne sert en rien la sécurité », le chef de République solidaire a repris et développé le raisonnement tenu dans sa tribune du Monde. Il s'est montré offensif, montrant, un peu comme Ségolène Royal, que le gouvernement était en train de ternir l'image de la France dans le monde. Mais c'est surtout en martelant l'idée que « la droite ce n'est pas ça », que Villepin a tapé le plus fort. « Est-ce que les gaullistes se retrouvent ds cette politique ? Est-ce que les c&atholiques, les chrétiens démocrates se retrouvent dans cette politique ? »
L'ex-premier ministre a même balancé quelques nom de ministres mal à l'aise et malheureux, comme Michelle Alliot-Marie, qui s'en serait bien passé au moment où elle espère arriver à Matignon.
Comme en écho à l'indignation de Villepin, François Hollande a lancé, quelques minutes plus tard sur Europe 1, l'idée d'un arc républicain. « Aujourd'hui il y a danger. Je suis pour que tous les republicains, quelle que soit leur sensibilité se mobilisent lorsque l'essentiel est en cause. » Et l'essentiel pour le député de Corrèze, c'est d'abord la stigmatisation d'une communauté, celle des Roms et l'emploi de l'expression « Français d'origine étrangère ».
Dans l'esprit de François Hollande, qui a rappelé que c'est la droite qui avait validé l'entrée de la Roumanie dans l'Union européenne, cet arc républicain doit rassembler « tous ceux qui croient qu"il n'est pas besoin de remettre en cause les principes de la République pour protéger les Français. » Il n'a toute fois pas précisé les formes qu'il pourrait prendre. Une pétition ? Une manifestation ? A suivre.
On notera toutefois la prudence et l'habileté du leader socialiste qui tient visiblement à se démarquer de tout angélisme sur la question.
Dans l'esprit de François Hollande, qui a rappelé que c'est la droite qui avait validé l'entrée de la Roumanie dans l'Union européenne, cet arc républicain doit rassembler « tous ceux qui croient qu"il n'est pas besoin de remettre en cause les principes de la République pour protéger les Français. » Il n'a toute fois pas précisé les formes qu'il pourrait prendre. Une pétition ? Une manifestation ? A suivre.
On notera toutefois la prudence et l'habileté du leader socialiste qui tient visiblement à se démarquer de tout angélisme sur la question.
Il a raison : sur RMC ce matin, plusieurs auditeurs, qui considéraient que la mort de soldats français en Afghanistan était plus importante que les expulsions, ont proposé à Dominique de Villepin de recevoir des Roms chez lui. Le genre de propos qui doit conforter Patrick Buisson. Tant il est vrai que plus l'arc républicain (que les uns ou les autres commencent à évoquer), se limitera à des questions sociétales et plus le Président pourra conforter le même clivage qu'il a actionné en 2007 dans sa campagne électorale entre d'une part des élites intellectuelles focalisées sur les droits de l'homme et un peuple obsédé par l'insécurité sociale et urbaine.
Dominique de Villepin a raison de vilipender la politique sarkozyste au nom de l'efficacité. Le problème est que le mot d'indignité nationale résonne plus fort que celui d'inefficacité. Or, sur ce terrain-là, l'unité de « l'arc républicain » est loin d'être faite.
Dominique de Villepin a raison de vilipender la politique sarkozyste au nom de l'efficacité. Le problème est que le mot d'indignité nationale résonne plus fort que celui d'inefficacité. Or, sur ce terrain-là, l'unité de « l'arc républicain » est loin d'être faite.
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