Hold up : les jeunes UMP s'emparent du mot «révolution»
Jeudi 23 Octobre 2008 à 18:11 | Lu 13752 fois I 111 commentaire(s)
Sylvain Lapoix
Après avoir détourné mai 68, le mouvement des jeunes de l'UMP s'en prend à… la révolution, et lance la campagne « nous sommes révolutionnaires ». Une tentative assumée d’occuper le terrain du MJS mais sans autre ambition que de surfer sur le discours de réforme sarkozien.
Pull léger, Converse aux pieds et sourire cristallisé sur le visage, Benjamin Lancar, le nouveau président des Jeunes populaires, serre vigoureusement les mains de tous les journalistes conviés pour le lancement de la nouvelle campagne des UMPistes en herbe: « Nous sommes révolutionnaires. ». « On n’a pas amené les faucilles et les drapeaux rouges et on va pas vous chanter l’Internationale », plaisante-t-il.
« Révolution », je répète ton nom
Après l’opération « 40 ans plus tard » grâce à laquelle l’équipe de Benjamin Lancar avait coupé l’herbe sous le pied du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) en s’appropriant l’anniversaire de mai 68, l’état-major fraîchement élu lançait jeudi 23 octobre un nouveau coup « d’ouverture » marketing sur le thème « la révolution, c’est réformer ». « On a trouvé un mot qui clashe tout de suite, se réjouit le président des Jeunes pop. Quand on en a parlé avec les militants, certains n’étaient pas d’accord mais c’est normal : quand Nicolas Sarkozy a parlé de « rupture », ça a aussi surpris ! »
« Révolution », je répète ton nom
Après l’opération « 40 ans plus tard » grâce à laquelle l’équipe de Benjamin Lancar avait coupé l’herbe sous le pied du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) en s’appropriant l’anniversaire de mai 68, l’état-major fraîchement élu lançait jeudi 23 octobre un nouveau coup « d’ouverture » marketing sur le thème « la révolution, c’est réformer ». « On a trouvé un mot qui clashe tout de suite, se réjouit le président des Jeunes pop. Quand on en a parlé avec les militants, certains n’étaient pas d’accord mais c’est normal : quand Nicolas Sarkozy a parlé de « rupture », ça a aussi surpris ! »
En une dizaine de minutes de discours publicitaire frénétique, Benjamin Lancar ressasse inlassablement son mot — révolution, donc — quitte à se répéter répéter: « révolutionner la France, c’est révolutionner la France ! », lance-t-il vibrionnant. En marge de la conférence, il ne s’en cache pas : cette campagne tient en une phrase « on est là pour préempter les thèmes de gauche. »
Défoncer le PS, comme les aînés
En guest star et parrain de l’opération, Frédéric Lefebvre répandait sa bénédiction sur l’initiative des jeunes : « cette nouvelle campagne est très en phase avec ce que nous faisons en ce moment à l’UMP, se félicitait le très sarkozyste porte-parole du parti. Je veux leur dire bravo pour ce qu’ils ont fait : ils sont notre porte-avion dans les facs, dans les grandes écoles, dans la vraie vie… »
Défoncer le PS, comme les aînés
En guest star et parrain de l’opération, Frédéric Lefebvre répandait sa bénédiction sur l’initiative des jeunes : « cette nouvelle campagne est très en phase avec ce que nous faisons en ce moment à l’UMP, se félicitait le très sarkozyste porte-parole du parti. Je veux leur dire bravo pour ce qu’ils ont fait : ils sont notre porte-avion dans les facs, dans les grandes écoles, dans la vraie vie… »
La métaphore militaire est d'ailleurs bien intégrée par la direction des Jeunes pop qui se décrit successivement comme « une armée en marche », « une véritable machine de guerre » (du sarkozysme, bien sûr). Sur les affiches de campagne, les réformes choisies le sont en fonction des positions de la gauche : « le RSA était dans le programme de Ségolène Royal et c’est nous qui l’avons fait, le PS n’a même pas osé voter, enfermé dans ses conflits internes, détaille Aurore Berger, du bureau national. L’autonomie des universités, elle avait été demandée en mai 1968 ! »
Sous les pavés, le vide politique…
Entre deux interviews où il brocarde le MJS, et notamment Antoine Détourné, son nouveau président « trop préoccupé par le Congrès de Reims pour se prononcer sur le RSA », le volubile président des Jeunes pop se laisse un peu déborder par son enthousiasme. « Ce sera quoi votre hymne révolutionnaire ?», demande un journaliste.
Réponse de Benjamin Lancar : «La Marseillaise, c’est un bon hymne révolutionnaire. Ou bien "J’irai au bout de mes rêves"».
Le journaliste, avec gourmandise : «Vous pouvez nous chanter ça ? » Et le jeune, très pop, d’entonner face pour la caméra le tube lénifiant de Jean-Jacques Goldman. «Faudra récupérer la vidéo pour la mettre sur le site Internet », glisse un permanent de l’UMP en souriant.
Sous les pavés, le vide politique…
Entre deux interviews où il brocarde le MJS, et notamment Antoine Détourné, son nouveau président « trop préoccupé par le Congrès de Reims pour se prononcer sur le RSA », le volubile président des Jeunes pop se laisse un peu déborder par son enthousiasme. « Ce sera quoi votre hymne révolutionnaire ?», demande un journaliste.
Réponse de Benjamin Lancar : «La Marseillaise, c’est un bon hymne révolutionnaire. Ou bien "J’irai au bout de mes rêves"».
Le journaliste, avec gourmandise : «Vous pouvez nous chanter ça ? » Et le jeune, très pop, d’entonner face pour la caméra le tube lénifiant de Jean-Jacques Goldman. «Faudra récupérer la vidéo pour la mettre sur le site Internet », glisse un permanent de l’UMP en souriant.
« Fer de lance » autoproclamé de l'UMP, les Jeunes pop restent fortement dans la ligne et ne s’avancent que sur les questions sociétales… avec des gants ! « On veut débattre sur des thèmes où on ne nous attend pas : le mariage homo, la discrimination positive… Enumère Aurore Berger. Nous suivrons les résultats de ces débats : il faut que nous soyons un aiguillon, c’est pour cela que l’UMP nous laisse une marge de manœuvre. »
Reste à savoir si ces positions ne risquent pas de gêner les conservateurs dans les rangs du parti majoritaire. Une question loin d’être anodine quand le mouvement a pour objectif le recrutement avant janvier 2009 de 5000 adhérents en plus des 30000 qu’il revendique aujourd’hui. « On espère que ça marchera, confesse Benjamin Lancar à un journaliste. Ça dépendra du buzz, ça dépendra de vous ! »
Reste à savoir si ces positions ne risquent pas de gêner les conservateurs dans les rangs du parti majoritaire. Une question loin d’être anodine quand le mouvement a pour objectif le recrutement avant janvier 2009 de 5000 adhérents en plus des 30000 qu’il revendique aujourd’hui. « On espère que ça marchera, confesse Benjamin Lancar à un journaliste. Ça dépendra du buzz, ça dépendra de vous ! »
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