Hervé Morin : «Je ne suis pas le remplaçant de Jean-Louis Borloo»
Vendredi 19 Août 2011 à 12:01 | Lu 4194 fois I 0 commentaire(s)
Propos recueillis par Laureline Dupont - Marianne
Refusant de polémiquer suite aux critiques formulées par son propre camp, Hervé Morin, candidat à l'investiture centriste, n'entend pas être une roue de secours en cas de désistement de Jean-Louis Borloo. Face à la crise, il préconise un effort fiscal supplémentaire...
Marianne: Sauvadet au gouvernement, Lagarde et Létard aux côtés de Borloo, on dirait que la direction du Nouveau centre vous tourne le dos…
Hervé Morin : Vous pouvez aussi constater que les députés ont élu Yvan Lachaud, le candidat que je soutenais, à la présidence du groupe Nouveau Centre de l’Assemblée nationale à l’issue d’un scrutin extrêmement clair. S’agissant de François Sauvadet, je suis heureux qu’il soit entré au Gouvernement ; nous sommes dans la majorité et il le méritait. Quant à Valérie Létard, sa proximité avec Jean-Louis Borloo ne date pas d’hier.
Que répondez-vous à François Sauvadet qui considère que « face à la crise, l’heure n’est pas vraiment à aller se balader sur les plages » ?
Sous prétexte de la crise, doit-on s’interdire d‘aller défendre nos idées directement auprès des Français ? La crise actuelle est le résultat de dysfonctionnements majeurs que les centristes pointent du doigt depuis longtemps. Il y a d’abord notre endettement excessif qui est à l’origine des déséquilibres économiques et financiers. Nous ne cessons de marteler qu’à force de nous enfoncer dans les déficits, c’est notre propre tombe que nous sommes en train de creuser. C’est pourquoi le Nouveau Centre avait proposé d’instaurer la règle d’or dès la révision constitutionnelle de 2008. Mais Nicolas Sarkozy nous avait alors opposé une fin de non-recevoir en nous expliquant que la maîtrise des finances publiques n’était qu’une question de volonté politique. Cet exemple démontre à lui seul la nécessité d’une majorité pluraliste qui ne nous aurait pas fait perdre trois ans.
Quant à l’euro, nous disons depuis des années qu’une monnaie unique sans intégration économique, sans véritable budget européen, sans harmonisation fiscale ni convergence sociale met en péril la construction européenne elle-même. Les propositions avancées par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy à l’issue du sommet franco-allemand de mardi vont dans le bon sens en jetant les bases d’un gouvernement économique européen. Mais il ne s’agit que d’une première étape et il est dommage d’avoir dû attendre la crise pour que nous soyons enfin entendus.
Vous préconisez un effort fiscal supplémentaire, pourquoi ?
Nous devons dire la vérité aux Français. Avec un taux de croissance plus faible que prévu dû aux chocs que nous avons connus durant l’été, nous n’aurons pas d’autre solution que d’augmenter les impôts tout en poursuivant la réduction de notre dépense publique pour éviter le creusement des déficits. D’ailleurs, quand le gouvernement évoque la réduction des niches fiscales, il s’agit bien d’une augmentation d’impôts.
Comment réagissez-vous aux propos de Jean-Christophe Lagarde qui a qualifié votre campagne d’« opération d’autopromotion politique pour mieux négocier votre place avec le président de la République ou un futur candidat » ?
Je ne cherche pas à polémiquer avec Jean-Christophe Lagarde. Je suis le président d’une formation politique à laquelle il appartient et je continue à porter notre message.
On a le sentiment que malgré les critiques qui émanent de votre propre camp vous avancez.
J’ai appris de François Bayrou que la volonté était plus forte que l’esprit de cour.
Si Borloo renonce, vous vous lancerez dans la course à la présidentielle quels que soient les sondages ?
Je ne suis pas le remplaçant de Jean-Louis Borloo.
Vous pourriez y aller même si lui y va ?
Je suis candidat à l’investiture centriste. Il appartiendra, à l’automne, aux militants de désigner celui qui alors sera en situation d’incarner le mieux notre famille politique lors de l’élection présidentielle. C’est ce que font les socialistes et les Verts, chacun à leur façon.
Qu'est-ce qui pourrait vous faire renoncer ?
Ce n’est ni le sujet, ni le moment.
Hervé Morin : Vous pouvez aussi constater que les députés ont élu Yvan Lachaud, le candidat que je soutenais, à la présidence du groupe Nouveau Centre de l’Assemblée nationale à l’issue d’un scrutin extrêmement clair. S’agissant de François Sauvadet, je suis heureux qu’il soit entré au Gouvernement ; nous sommes dans la majorité et il le méritait. Quant à Valérie Létard, sa proximité avec Jean-Louis Borloo ne date pas d’hier.
Que répondez-vous à François Sauvadet qui considère que « face à la crise, l’heure n’est pas vraiment à aller se balader sur les plages » ?
Sous prétexte de la crise, doit-on s’interdire d‘aller défendre nos idées directement auprès des Français ? La crise actuelle est le résultat de dysfonctionnements majeurs que les centristes pointent du doigt depuis longtemps. Il y a d’abord notre endettement excessif qui est à l’origine des déséquilibres économiques et financiers. Nous ne cessons de marteler qu’à force de nous enfoncer dans les déficits, c’est notre propre tombe que nous sommes en train de creuser. C’est pourquoi le Nouveau Centre avait proposé d’instaurer la règle d’or dès la révision constitutionnelle de 2008. Mais Nicolas Sarkozy nous avait alors opposé une fin de non-recevoir en nous expliquant que la maîtrise des finances publiques n’était qu’une question de volonté politique. Cet exemple démontre à lui seul la nécessité d’une majorité pluraliste qui ne nous aurait pas fait perdre trois ans.
Quant à l’euro, nous disons depuis des années qu’une monnaie unique sans intégration économique, sans véritable budget européen, sans harmonisation fiscale ni convergence sociale met en péril la construction européenne elle-même. Les propositions avancées par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy à l’issue du sommet franco-allemand de mardi vont dans le bon sens en jetant les bases d’un gouvernement économique européen. Mais il ne s’agit que d’une première étape et il est dommage d’avoir dû attendre la crise pour que nous soyons enfin entendus.
Vous préconisez un effort fiscal supplémentaire, pourquoi ?
Nous devons dire la vérité aux Français. Avec un taux de croissance plus faible que prévu dû aux chocs que nous avons connus durant l’été, nous n’aurons pas d’autre solution que d’augmenter les impôts tout en poursuivant la réduction de notre dépense publique pour éviter le creusement des déficits. D’ailleurs, quand le gouvernement évoque la réduction des niches fiscales, il s’agit bien d’une augmentation d’impôts.
Comment réagissez-vous aux propos de Jean-Christophe Lagarde qui a qualifié votre campagne d’« opération d’autopromotion politique pour mieux négocier votre place avec le président de la République ou un futur candidat » ?
Je ne cherche pas à polémiquer avec Jean-Christophe Lagarde. Je suis le président d’une formation politique à laquelle il appartient et je continue à porter notre message.
On a le sentiment que malgré les critiques qui émanent de votre propre camp vous avancez.
J’ai appris de François Bayrou que la volonté était plus forte que l’esprit de cour.
Si Borloo renonce, vous vous lancerez dans la course à la présidentielle quels que soient les sondages ?
Je ne suis pas le remplaçant de Jean-Louis Borloo.
Vous pourriez y aller même si lui y va ?
Je suis candidat à l’investiture centriste. Il appartiendra, à l’automne, aux militants de désigner celui qui alors sera en situation d’incarner le mieux notre famille politique lors de l’élection présidentielle. C’est ce que font les socialistes et les Verts, chacun à leur façon.
Qu'est-ce qui pourrait vous faire renoncer ?
Ce n’est ni le sujet, ni le moment.
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