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H1N1: la campagne de vaccination est grippée!

Anna Alter - Marianne | Vendredi 4 Décembre 2009 à 11:05 | Lu 20502 fois

Dans certains centres, c'est sous protection policière que se déroule la vaccination, tant l'affluence dépasse les prévisions. Et dire qu'on annonçait un boycott du vaccin par les Français!



L’injection à hautes doses de nouvelles contradictoires sur le virus H1N1 et son vaccin produit des effets secondaires indésirables : outre une réaction allergique à Roselyne Bachelot et ses tailleurs fluo, la forte fièvre médiatique a provoqué une lassitude générale et les Français dont la tête bourdonne de bruits et de rumeurs, n’y voient plus très clair. Ils n’ont même plus la force de relever les boulettes de notre ministre de la Santé, majeure et vaccinée. Sa dernière bourde à la télé était pourtant de taille.

Alors que les files d’attente devant les centres de vaccinations s’allongent de manière alarmante, l’incurable gaffeuse menace d’emmener tous les jeunes qui refusent le vaccin dans une salle de réanimation pour leurs montrer les poumons de leur petits camarades malades. Seul problème, les étudiants, cible « privilégié » de la grippe A -et de ses menaces- ne sont pas prioritaires, donc ne peuvent pas encore se rendre dans un stade bondé pour recevoir la piqûre « immunisatrice ». Pourquoi leur faire inutilement peur ?

Tout le monde n'a pas encore droit au vaccin… et déjà les centres sont saturés

Les seuls à avoir droit au vaccin sont, pour le moment, les sujets à risques, les femmes enceintes, les nourrissons de 6 à 23 mois, les enfants d’âge préscolaires. Et déjà les centres sont débordés. Au gymnase au Paul Gauguin rue Milton à Paris, les CRS sont intervenus pour disperser les patients qui, munis de leur bon de la Sécu, attendaient leur tour sous la pluie depuis des heures. De là à conclure que le dispositif en place s’est grippé , il n’y a qu’un pas que même le chef de l’Etat n’hésite pas à franchir.
À la sortie du Conseil des ministres du mercredi 2 décembre, Nicolas Sarkozy aurait piqué une colère en voyant à l’écran combien la campagne de vaccination devenait fébrile et agitée. Un mouvement d’humeur confirmé en termes choisis par le porte-parole du gouvernement : « Le président a réaffirmé, avec force, sa volonté de répondre aux besoins sanitaires en matière de vaccination. Il a clairement demandé la mobilisation générale de tous les responsables sanitaires pour que la vaccination se fasse vite et dans de bonnes conditions,» a expliqué Luc Chatel, laissant entendre que pour l’instant c’est loin d’être le cas. Les responsables gouvernementaux qui apparemment se sont fait sonner les cloches, ont réaffirmé leur « détermination» à gagner « la bataille » contre la grippe A qui a fait 92 morts sur le territoire national.  « Sachez-le, nous nous y impliquons à 200%» s’est enflammé Brice Hortefeux. L’influenza ayant créé une affluence inattendue dans les centres de vaccination, le ministre de l’Intérieur a décidé de les ouvrir même le dimanche dans les grandes zones urbaines voire ailleurs en cas de nécessité. Pour faire la fête au H1N1, ils seront fermés seulement le jour de Noël et le 1er janvier.

Et dire que certains analystes annonçaient que les Français allaient faire la grève des vaccins, ce qui aurait été un comble au pays de Pasteur. Ils n’ont réussi qu’à bourrer le mou des lycéens, dont seulement 10% en moyenne se laissent piquer. En revanche, à force d’entendre tout et n’importe quoi, les adultes responsables finissent par n’écouter que leur propre raison.  

Dès la semaine prochaine, Marianne2 vous proposera un bilan complet de la santé mentale du pays face à la grippe.



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