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Guaino : Il faudra bien augmenter les impôts !

Daniel Bernard | Lundi 30 Mars 2009 à 22:42 | Lu 11304 fois

Henri Guaino, le conseiller qui rédige les discours importants de Nicolas Sarkozy, garde pour ses propres interventions comme lundi soir à l'Institut Montaigne - quelques vérités bien senties. Dommage !



Guaino : Il faudra bien augmenter les impôts !

Lundi soir, à un jet de pierre de l’Elysée, l’Institut Montaigne, qui s'est fait remarquer récemment en prônant la nationalisation temporaire des banques et la création d'une taxe sur les transactions qui rappelle furieusement la taxe Tobin, organisait un débat sur un thème de saison : «Comment sortir de la crise ?». Bien sûr, l’assistance était radicalement différente de celle de Saint-Quentin, la ville populaire choisie par le président de la République pour s’exprimer mardi dernier. En une semaine, Eliza Doolittle, la fleuriste cockney de My Fair Lady, a été remplacée par le Professeur Henry Higgins, son professeur de phonétique. Face à ce parterre de costumes gris sans doute achetés chez Turnbull & Asser, à Londres, au temps où la finance était insousciante, un certain consensus s’est curieusement dégagé. Sous le regard bienveillant de Claude Bébéar, ancien Pdg d’Axa, il n’était pas question de confrontation entre celui qui était censé représenter la gauche et celui qui était censé représenter la droite. Tranquillement, Matthieu Pigasse, ancien conseiller de Dominique Strauss-Kahn et actuel associé gérant de la banque Lazard, a couru dans son couloir tandis qu’Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, est resté dans le sien.

Dans cette ambiance feutrée, il fallait pourtant relever deux perles prononcée par ce dernier. Deux formules qui annoncent —sans doute— les futures décisions du chef de l’Etat.
«Est-ce qu’il faut un grand plan de relance européen ?, s’est interrogé Guaino. Je le souhaite, je l’espère. (…)  Mais il faut choisir le bon moment pour faire ça. [Il s’agit de] donner le coup de rein pour sortir de la récession». Autrement dit, la relance par la consommation, vainement réclamée aujourd’hui par la gauche et refusée par Sarkozy, pourrait être réhabilitée demain.
Puis, décidément libre, Guaino a lâché une bombe. Evoquant «la dette publique qui se substitue à la dette privée», le même conseiller a tranquillement déroulé : «Qu’on le veuille ou non (…) à la fin, il faudra payer. Ce sera soit les travailleurs, soit les épargnants, soit les contribuables. Au bout du compte, c’est vous et moi. La facture doit être payée. Il n’y a aucun moyen pour qu’elle puisse ne pas être payée». Traduit en langage sarkozyste ordinaire, cela donnerait : si y’en a que ça les défrise d’augmenter les impôts, ils devront quand même le faire, qu’ils le veuillent ou non.
L’élite dirigeante étant ainsi prévenue de ce changement de programmation, il ne reste plus à informer le peuple de Saint-Quentin.



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