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Gros lapsus de Woerth sur Europe 1Emmanuel Lévy - Marianne | Mardi 20 Juillet 2010 à 11:33 | Lu 65113 fois
A quelques heures de l'examen par une commission de l'Assemblée de son texte sur les retraites, le ministre du Travail a encore du s'expliquer sur l'affaire Woerth-Bettencourt. Non sans faire un sérieux lapsus qui disqualifie de fait le rapport de l'Inspection des finances qui l'a blanchi. Marianne2 avait déjà montré la faille de ce rapport qui réside moins dans son contenu que dans le périmètre de l'enquête.
Eric Woerth devancerait-il l’appel de la justice. Se sachant sur le point d’être entendu, l’ex-ministre du Budget fait donc contre mauvaise fortune bon cœur : « On m'a accusé de tous les maux. Je suis passé par 36.000 révélations. Totalement fantaisistes. J'ai besoin de m'expliquer très sereinement », a-t-il martelé, mardi sur Europe 1. Eric Woerth confirme ainsi qu’il sera entendu dans un « bref délai » sur l’affaire Woerth-Bettencourt. La veille, le parquet de Nanterre avait indiqué que l’actuel ministre du Travail ainsi que Florence son épouse seraient en effet auditionnés. « Je souhaitais être entendu très rapidement pour ma femme évidemment et pour moi-même », a répété le ministre.
Evidemment, pas question pour Eric Woerth de lâcher le morceau : il continue d’écarter tout conflit d'intérêts dans cette affaire.
« Je ne peux pas être plus clair. Je n’ai jamais demandé qu’on embauche ma femme. Je ne l’ai jamais fait en 25 ans. Elle n’a pas besoin de cela. Je l’ai déjà expliqué 25.000 fois », a-t-il assené. Il répondait ainsi à Patrice de Maistre, qui au cours de sa garde à vue, avait assuré qu’Eric Woerth, lui avait « demandé de recevoir sa femme et ce pour essayer de la conseiller sur sa carrière », début 2007, selon un extrait de ce PV. « Ma femme a été embauchée normalement dans un job qui convient à son parcours professionnel », croit conclure le ministre. On sent l’interviewer bouillonner. Thierry Guerrier prend son élan et se lâche : « Je vais vous dire pourquoi il y a soupçon aux yeux de tous. Hier Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, a utilisé un terme, la notion de renvoi d’ascenseur. D’un coté, il y a l’embauche de votre femme, les dons à votre micro parti de Madame Bettencourt ; de l’autre coté, il y a les 30 millions du bouclier fiscal qui ont été rendus, il y a la légion d’honneur remise par vous même à Patrice de Maistre. » C’en est trop pour Eric Woerth, visiblement accablé : « Amalgame », rétorque le ministre. « Vous dites amalgame, mais ce sont des faits », poursuit l’interviewer. « Ouais ! je dis amalgame. Il n’y a pas de liens entre tout ça », s’énerve le ministre. Et de répondre en sortant ce qui selon lui est l’arme fatale : « L’inspection des finances a fait un rapport extrêmement détaillé pour montrer que je n’étais jamais intervenu.» Thierry Guerrier sèche devant l’argument d’autorité, et ne relève pas le lapsus d’Eric Woerth « un rapport extrêmement détaillé POUR montrer que je n’étais pas intervenu ». Ah bon ! L’IGF avait donc comme objectif d’innocenter son ex ministre de tutelle, voilà qui corrobore l’analyse que Marianne livrait de cette commande… La lettre de mission de François Baroin, le successeur d’Eric Woerth à Bercy, posait en effet une question quelque peu biaisée, en limitant l’analyse à la seule opportunité d’ouvrir « examen de la situation fiscale personnelle (ESFP) » . Mission accomplie donc pour la crème de la crème de l’énarchie qui a répondu par la négative à une question évidente. On ne lance pas d’ESFP pour rechercher du patrimoine dissimulé comme c’est le cas de madame Bettencourt, mais pour identifier des revenus cachés…
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