A partir de 5,99 € abonnez-vous à Marianne Numérique
Grippe A : la France s'en tamponne le coquillardRégis Soubrouillard - Marianne | Mardi 1 Septembre 2009 à 07:01 | Lu 17101 fois
Journées spéciales, cahiers, enquêtes. Malgré la persistance de certains médias à vouloir faire de la grippe A le sujet de la rentrée, les Français affichent, pour le moment, un flegme étonnant face au sujet. Ainsi 73% des Français n'affichent pas d'inquiétude particulière face à la pandémie annoncée.
cc flickr guerry
L'épidémie est annoncée. La pandémie fait son chemin. Les Français restent de marbre, indifférents à la chronique de la pandémie annoncée. Fait inédit, malgré la dynamique d'amplification médiatique, bizarrement, la psychose ne prend pas. Même pas le début d'une petite angoisse collective. C'est un sondage RTL-Louis Harris qui l'affirme 73% des Français ne se disent pas inquiets. Un chiffre en hausse, puisque en mai 2009, 30% se disaient vaguement inquiets. Le virus poursuit son petit bonhomme de chemin, l'inquiétude recule. Seuls les 25-34 ans, souvent parents de jeunes enfants, avouent une légère anxiété. Pour le reste, rien à déclarer. A la peur virtuelle entretenue par les médias, ne succède pas, pour l'instant, la panique réelle.
Principe de précaution médiatique oblige, RTL consacrait, hier, au sujet une journée spéciale. Un sondage donc. Un gimmick : « la grippe de A à Z », Roselyne Bachelot en invité spéciale de la matinale pour répondre aux questions des journalistes et des auditeurs ainsi que des reportages répartis tout au long de la journée. En ce jour de rentrée –mais apparemment, le virus ne se préoccupe que très peu du calendrier scolaire et médiatique-, le Parisien a également décidé d’y consacrer deux pages sur le thème « tout savoir sur la grippe A ». On y apprend notamment que si dans l’hémisphère Sud, le virus a dépassé le pic d’activité pandémique, le bilan est « loin d’être catastrophique ». Faute d’avoir fait l’expérience du virus, les Français assistent tranquillement et « en live » à ce que les sociologues appellent la construction sociale de la maladie. En l'occurrence, un marketing de la peur au seul profit des labos pharmaceutiques. Une pandémie politique
Un bilan presque décevant. Car les médias ont misé gros sur cette pandémie grippale. Faute de s'abattre sur le monde, la grippe a largement touché l'univers médiatique qui n'entend pas se faire vacciner de sitôt.
C’est plutôt la sérénité affichée par la population qui en deviendrait presque angoissante tant elle est surprenante. Simple indifférence ? Inconscience collective ? Acceptation du principe de la « société du risque » ou le signe d’une maturité politique d’un corps social toujours ramené à sa naturalité, moins prompt à se laisser tourner en bourrique à la première alerte sanitaire, et résigné à subir les conséquences d'une mondialisation dont elle jouit par ailleurs ? En ce sens l'épidémie s'annonce, tout autant, et peut être avant tout, comme un phénomène politique.
Voir les 96 commentaires
Dans la même rubrique :
|
|
||

Imprimer
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Accueil
Envoyer
Partager

