Grèce : mieux vaut une bonne faillite que dix plans de rigueur
Vendredi 7 Mai 2010 à 11:01 | Lu 14274 fois I 101 commentaire(s)
Elie Arié - Tribune
Il fallait laisser la Grèce faire faillite sans pour autant qu'elle sorte de leuro, pense Elie Arié. Pour lui, le prêt accordé aux Grecs ne sera jamais remboursé.
rahego Flickr CC
Je continue à ne pas comprendre ce sauvetage de la Grèce, puisqu’on sait bien qu’elle ne remboursera jamais: la soi-disant opération juteuse pour les prêteurs de l’ UE (qui prêtent à 5 % ce qu’ils ont emprunté à 1,5%) est donc illusoire (ils auraient aussi bien pu prêter à 27%), et de nouveaux plans de rigueur seront nécessaires à l’avenir : ce n’est qu’une fuite en avant, qui ne fera qu’aggraver les choses pour tout le monde.
Je pense de plus en plus que la solution logique aurait été de laisser la Grèce faire faillite, sans qu’elle sorte pour autant nécessairement de l’ Euro: elle aurait dû faire les efforts nécessaires pour redresser son économie sans qu’ils lui soient dictés de l’extérieur, la spéculation aurait cessé et n’aurait pas gagné d’autres pays de la zone Euro, les pays de l’ UE n’auraient pas dû s’endetter encore plus qu’ils ne le sont pour un prêt qui ne sera jamais remboursé, ce qui ne peut qu’aggraver la spéculation à leur égard.
Cela aurait été très dur pour les Grecs, mais sans doute pas davantage que l’état où ils en seront réduits par des plans de rigueur en cascade; en outre, un plan de redressement dont les modalités sont définies par son État est plus facilement accepté par la population que si elles sont dictées par d’autres États : voir ce qui s’est passé en Argentine, qui a préféré se mettre en faillite que d’accepter le prêt du FMI à cause des conditions qu’il y avait mises.
Bien sûr, les États des pays prêteurs de l’UE auraient dû aider celles de leurs banques très engagées dans l’économie grecque: mais sans doute à un coût moindre, et, cette fois, ils auraient été remboursés avec intérêts: rappelons que les banques françaises ont déjà remboursé l’État de la totalité des sommes qu’il lui avait prêtées en 2009 - avec intérêts, ce qui a constitué finalement une très bonne opération pour le contribuable français. Les banques françaises engagées dans l’économie grecque n’auraient pas fait faillite: elles auraient eu des pertes, et personne n’a jamais prétendu que l’ Etat doit compenser les pertes de ses banques : une banque, ça gagne et ça perd de l’argent, selon les jours et les pays; il aurait dû simplement les empêcher de faire faillite si elles en était menacées, ce qui n’est pas pareil.La Société Générale a perdu beaucoup d’argent avec Kiervel, l’ Etat ne l’a pas aidée pour autant.
En outre, cela nous aurait dispensé du discours hypocrite de l’aide à la Grèce par « solidarité européenne » tout en se sucrant au passage, au nom de la morale; quand je demande un emprunt à mon banquier, j’admets très bien que cela lui fasse gagner de l’argent, mais je prendrais assez mal qu’il me dise: « Je vous l’accorde par solidarité entre Français, mais je le fais à un taux élevé pour vous apprendre à mieux gérer vos revenus à l’avenir »
Je pense de plus en plus que la solution logique aurait été de laisser la Grèce faire faillite, sans qu’elle sorte pour autant nécessairement de l’ Euro: elle aurait dû faire les efforts nécessaires pour redresser son économie sans qu’ils lui soient dictés de l’extérieur, la spéculation aurait cessé et n’aurait pas gagné d’autres pays de la zone Euro, les pays de l’ UE n’auraient pas dû s’endetter encore plus qu’ils ne le sont pour un prêt qui ne sera jamais remboursé, ce qui ne peut qu’aggraver la spéculation à leur égard.
Cela aurait été très dur pour les Grecs, mais sans doute pas davantage que l’état où ils en seront réduits par des plans de rigueur en cascade; en outre, un plan de redressement dont les modalités sont définies par son État est plus facilement accepté par la population que si elles sont dictées par d’autres États : voir ce qui s’est passé en Argentine, qui a préféré se mettre en faillite que d’accepter le prêt du FMI à cause des conditions qu’il y avait mises.
Bien sûr, les États des pays prêteurs de l’UE auraient dû aider celles de leurs banques très engagées dans l’économie grecque: mais sans doute à un coût moindre, et, cette fois, ils auraient été remboursés avec intérêts: rappelons que les banques françaises ont déjà remboursé l’État de la totalité des sommes qu’il lui avait prêtées en 2009 - avec intérêts, ce qui a constitué finalement une très bonne opération pour le contribuable français. Les banques françaises engagées dans l’économie grecque n’auraient pas fait faillite: elles auraient eu des pertes, et personne n’a jamais prétendu que l’ Etat doit compenser les pertes de ses banques : une banque, ça gagne et ça perd de l’argent, selon les jours et les pays; il aurait dû simplement les empêcher de faire faillite si elles en était menacées, ce qui n’est pas pareil.La Société Générale a perdu beaucoup d’argent avec Kiervel, l’ Etat ne l’a pas aidée pour autant.
En outre, cela nous aurait dispensé du discours hypocrite de l’aide à la Grèce par « solidarité européenne » tout en se sucrant au passage, au nom de la morale; quand je demande un emprunt à mon banquier, j’admets très bien que cela lui fasse gagner de l’argent, mais je prendrais assez mal qu’il me dise: « Je vous l’accorde par solidarité entre Français, mais je le fais à un taux élevé pour vous apprendre à mieux gérer vos revenus à l’avenir »
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