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Marianne2

Grèce: Les trois mensonges des médias et des experts (3)

Jacques Sapir - Economiste | Mardi 4 Mai 2010 à 05:01 | Lu 9592 fois

«Les Grecs vivent au dessus de leurs moyens.» «L'économie allemande est plus vertueuse.» «L'Euro nous protège de la crise.» Ces trois affirmations font partie du mantra néolibéral répété en boucle par les économistes invités sur les plateaux. L'économiste Jacques Sapir démolit consciencieusement ces pétitions de principe.



L'euro nous aurait protégé de la crise

L’antienne est connue ; elle a été répétée à satiété.

Mais, aujourd’hui, elle commence néanmoins à se lézarder.
Reprenons donc les différentes formes sous lesquelles on nous l’a serinée :

A.    L’Euro nous protège de la crise financière. Ce fut la grande rengaine de 2007. L’inénarrable Elie Cohen allant même jusqu’à proclamer que la crise était « uniquement celle du marché hypothécaire américain » à l’été 2007. En réalité, la politique de dépression induite par l’Euro fort (et la politique de J.C. Trichet à la BCE) dans un contexte de libre ouverture à la concurrence internationale, a poussé les banques européennes à investir lourdement, sous une forme directe et indirecte, dans les marchés d’instruments financiers à hauts risques. Par ailleurs, une bulle immobilière s’est aussi développée au sein de la zone Euro, en Espagne, au Portugal et, dans une moindre mesure, en Allemagne.

B.    L’Euro nous protège des fluctuations des taux d’intérêts. C’est vrai, mais uniquement par beau temps (et à condition de le dire vite…). On a vu, dès que la crise s’est déclenchée dans sa forme aiguë que les écarts de taux (ou Spread) entre pays de la zone Euro ont littéralement explosé (Graphique 5).

Grèce: Les trois mensonges des médias et des experts (3)

C.    L’Euro nous assure contre des politiques d’exploitation des voisins (beggar-thy-neighbour). On a vu qu’il n’en était rien avec la politique de l’Allemagne, qui a pu accroître ses excédents de manière considérable aux détriments de ses voisins. Le mythe de l’Euro comme garantie contre des politiques non-coopératives a ainsi volé en éclats.

D.    L’Euro nous protège d’une crise monétaire. On voit bien aujourd’hui qu’il n’en est rien. Si, à la Grèce, nous ajoutons le coût probable d’un sauvetage du Portugal, de l’Espagne et peut-être de l’Italie, ce sont des montants compris entre 500 et 600 milliards d’Euros qu’il faudra débourser, et ce sans garantie de succès. Une chose en tout cas est claire : les 110 milliards d’Euros de l’accord de dimanche 2 mai ne sont qu’une petite fraction des sommes qu’il faudra débourser.

On peut ajouter à cela que l’Euro compromet la sortie de crise pour les pays membres de la zone Euro, à la fois en raison de sa surévaluation (on est toujours à 1,33 Dollars pour 1 Euro) et des politiques d’ajustement budgétaire auquel nous allons être contraints tant que nous resteront dans la zone Euro (du moins dans sa forme actuelle). Ce n’est pas un hasard si les perspectives de croissance de la zone Euro sont particulièrement mauvaises.

Retrouvez le premier et le second volet de cette série.



MOT-CLÉS : crise, euro, grec, grèce, zone euro
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Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

21.Posté par Jean Dif le 05/05/2010 00:00

@11 Robert Lauricella

Vous avez parfaitement raison: la NEP était un ajustement de l'économie soviétique naissante dans un sens plus libéral, mais sous le contrôle de l'Etat, un peu ce que Deng Xiaoping a fait en Chine, mais sans aller si loin. Lénine savait se montrer pragmatique, ce qui ne signifie renoncer ni à son idéologie, ni à ses buts, mais seulement s'accommoder de la réalité pour l'amener progressivement là où on veut aller, ce que n...
http://jean.dif.free.fr

20.Posté par Piccolo Junior le 04/05/2010 22:50

Merci pour cette série d'articles de Jacques Sapir. Je me souviens avoir lu il y a quelques mois un article du même auteur qui avait très bien prévu la "crise grecque".

19.Posté par Jacques ENNAT le 04/05/2010 16:09

Nous voilà prévenus, la gauche française, le gauche PS et verte, vient de voter le plan qui impose aux grecs une baisse de leur revenus (de 20% pour les fonctionnaires) et un accroissement des taxes et impôts. Seul les élus communistes et le député gaulliste Dupont-Aignan prennent la défense du peuple grec. Aujourd'hui comme hier, c'est la vérité nue qui doit être montrée aux français!

18.Posté par Claude CARRON le 04/05/2010 13:43

Mais combien est-ce que la Grèce doit ? Sans la torpeur des peuples télé divertis, nos escrocs affairistes mondiaux n'auraient jamais pu se friser autant les moustaches, même en comptant sur les éternels "experts" en blabla qui nous bourrent le mou pour mieux leur servir la soupe. Fallait-il vraiment toucher le fond de la piscine pour repartir et repartir jusqu'à où et quand ? Sarko sauve les banqiers français qui prêtent du fric (nos caisses ...

17.Posté par Olivier Jacque le 04/05/2010 12:31

Qui a encore intérêt à ce que l'Euro perdure, à par les patrons du 4/40 les politiciens genre Giscard "J'ai inventé l'Euro, m'a tu vu avec mon billet que j'ai créer" et quelques millionnaires pour frimer avec des billets qui valent plus que le dollard.
L'Euro fort à agravé la crise en Europe, d'ailleur la zone Euro à la moins forte croissance du monde. L'Euro à fait monter les prix d'a peu prês tout. Ah oui, l'Euro nous permet de circuler plus...

16.Posté par jacky EOUZAN le 04/05/2010 11:46

9 -Christophe Dufier
Aucun de vos arguments ne résiste quant à leurs concordances avec les faits. Manger des patates et des choux...C'est depuis quand qu'existent les restos du cœur...depuis quand ils sont submergés par des clients toujours plus nombreux..L'Euro a profité seulement à l'Allemagne, pour sa concordance avec le DM et qui disposait à profusion d'une main d'œuvre qualifiée et sous payée de l'ex-Allemagne de l'est.
Pour les autres ce...
http://Republique et socialisme en Bretagne

15.Posté par Robert Lauricella le 04/05/2010 11:45

.Posté par Christophe Dufier le 04/05/2010 09:52


Vous savez ce qu' elle vous dit la cloche ?...

Je ne sais pas, ding-dong peut-être ?

14.Posté par Christophe Dufier le 04/05/2010 11:22

@ 13 Néo Résistant

Je comprend bien le problème de l' euro.

J' appartiens à une génération qui obtenait des prêts à la construction à 18 %... Oui monsieur.. 18% et en francs déjà bien dévalués sous Mitterand.....Sauf pour les fonctionnaires qui pouvaient bénéficier de taux de 7 à 8%....... Autant dire qu' encore une fois les laissés pour compte et ceux qui y ont laissé des plumes étaient ceux du secteur privé...

Expliquez-moi donc comment les ...

13.Posté par Néo Résistant le 04/05/2010 10:59

@ 12.Posté par Christophe Dufier

Si souligner les risques pour l'euro est de l'acharnement, alors cela signifie que tout débat est donc à proscrire.....

A mon avis, l'erreur fondamentale dans cette affaire Grecque c'est de l'obliger à se maintenir dans l'euro ce qui l'empêche de procéder à une dévaluation qui tout en augmentant sa compétivité qui lui aurait permis de rembourser ses dettes plus rapidement.

Au contraire, en l'amenant à rester da...
http://www.everyoneweb.fr/marredelagauchecaviar/

12.Posté par Christophe Dufier le 04/05/2010 09:52

@ Robert Lauricelle

Vous savez ce qu' elle vous dit la cloche ?...

Quand à la libéralisation de la jeune économie soviétique que vous avancez, il faudra peut-être relire vos classiques. Les Ukrainiens s' en souviennent encore de la NEP....

Pauvre clarisse, va !!!.

11.Posté par Robert Lauricella le 04/05/2010 09:46

@Christophe Dufier

Je ne doute pas un instant que cet expert et ses amis souhaiteraient nous proposer une remake du NEP de Lénine appliquée à nos économies occidentales....Retour au dirigisme assuré, et par là même aux goulags aussi.

La preuve par neuf de votre ignorance crasse! La NEP fut au contraire une libéralisation de la jeune économie soviétique.
Pauvre cloche qui ne raisonne (résonne ?) qu'actionnée par les grosses ficèles de la propag...

10.Posté par jm vaesoli le 04/05/2010 09:35

ce n'est que mon opinion (peut être partagée?), mais je pense que les choix stratégiques des états ( euro, élargissement, marché concurrentiel, institutions, BCE) depuis des années ne sont pas les bons compte tenu du contexte international. Les politiques se sont crus au dessus de la mêlée mondiale. Eux s'en tireront (il n'y aura jamais de procés jugeant leur in-compétence (manque de vision)).
Maintenant, nous allons assister à un déni de réal...

9.Posté par Christophe Dufier le 04/05/2010 09:37

Ouf !.. Heureusement que nous avons la chance unique de pouvoir bénéficier d' une telle lumière en matière économique que celle de cet éminent économiste, M. Jacques Sapir lui-même. Expert des économies russes .. Tout un programme qui devrait sauver les peuples européens de la débâcle annoncée et programmée par ce même conférencier.

Je ne doute pas un instant que cet expert et ses amis souhaiteraient nous proposer une remake du NEP de Lénine a...

8.Posté par julien dardenne le 04/05/2010 09:25

Je finis par être d'accord avec le FN quand il parle de connivence entre la droite, la gauche et l'ultra libéralisme, la haute finance. A quoi assiste t'on en Gréce, un parti de gauche accepte toutes les reculades sociales que lui impose la haute finance et l'europe. Certains diront "il n'avait pas le choix"! En fait, on a toujours le choix, nous ne sommes pas dupes du matraquage médiatique sur la faillite Grecque. comme par hasard, survenant ...

7.Posté par Robert Lauricella le 04/05/2010 09:01

@christophe secret

La seule différence que j'y vois c'est que l'on aurait probablement laissé sombrer la Grèce

Peut être qu'il valait mieux la laisser tomber plutôt que de lui imposer un plan qui va l'enfoncer un peu plus. Tous les précédents l'on montré: Argentine, Russie ..etc.., pour s'en sortir il faut dévaluer la monnaie. Le plan "d'aide" à la Grèce va encore accentuer la récession par la baisse de la consommation, baisse qui va encore di...

6.Posté par Robert Lauricella le 04/05/2010 08:56

Ce matin j'ai entendu Fabius sur Europe 1. On sent bien qu'il est conscient de faire une connerie en votant le plan de "sauvetage" de la Grèce, il a bien dit que ce plan allait faire encore baisser les rentrées fiscales grecques; mais encore une fois il a sorti le fameux argument TINA (il n'y a pas d'alternative).
TINA! C'est ce que l'on devrait écrire à l'entrée des abattoirs.

5.Posté par christophe secret le 04/05/2010 08:57

C'est quoi cet acharnement de Marianne2 contre l'euros ???!!! ça fait plusieurs articles que je vois passer pour démolir notre monnaie unique... J'avoue que j'ai du mal à comprendre ce plaidoyer et je ne pense pas qu'avoir encore le Franc aurait changé grand chose à la crise. La seule différence que j'y vois c'est que l'on aurait probablement laissé sombrer la Grèce seule vu que beaucoup de pays sont surtout guidés à l'heure actuelle par leur ...

4.Posté par Néo Résistant le 04/05/2010 07:51

@ 2.Posté par B A

C'est en effet une forte probabilité, le plan de régression sociale va produire des effets dévastateurs sur la consommation, les défauts de paiements des particuliers vont être multipliés par ???, en conséquence les recettes fiscales vont rapidement baisser et gare aux dégâts !

Mais ne vous faites pas de soucis, ce ne sont pas les privilégiés à qui nos politiques vont demmander de payer la note, c'est encore nous, la France d...
http://www.everyoneweb.fr/marredelagauchecaviar/

3.Posté par Néo Résistant le 04/05/2010 07:38

@ 1.Posté par velo sergio

Hé oui, il ne fallait surtout pas brûler les étapes, une monnaie unique pour des pays aussi économiquement et financièrement disparates, il était clair qu'il y aurait un jour des problèmes !

Mais surtout l'efficacité d'un système monétaire ne s'évalue pas quand tout va plus ou moins bien, c'est au contraire lors d'une crise que les défauts deviennent visibles et peuvent conduire à la catastrophe !
http://www.everyoneweb.fr/marredelagauchecaviar/

2.Posté par B A le 04/05/2010 07:39

Plan d'aide à la Grèce : l'Assemblée a adopté le volet français.

Les députés ont examiné lundi soir le projet de loi de finances rectificative intégrant le prêt de 3,9 milliards d'euros destiné à la Grèce en 2010, et l'ont adopté dans la nuit, mardi à 1h20, par vote à main levée.

Au total, la France doit prêter 16,8 milliards d'euros sur trois ans, a précisé la ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui assistait à la séance.

Si le prêt à l...

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