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Grec, Latin : informez-vous, Monsieur Descoings !

S. Pédroaréna - M-H Menaut - professeurs | Mercredi 10 Juin 2009 à 07:01 | Lu 10399 fois

Dans une interview accordée à BondyBlog le 25 mai 2009, Richard Descoings a estimé utile de contester l'intérêt de l'apprentissage du latin et du grec anciens. Deux enseignantes de la Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes, regroupant 29 associations régionales) lui répondent.



diggendale (www.flickr.com/photos/dandiffendale) - Flickr - cc -
diggendale (www.flickr.com/photos/dandiffendale) - Flickr - cc -

Monsieur Descoings, vous  émettez deux jugements : ces langues anciennes sont élitistes et elles appartiennent au lycée d’il ya cinquante ans.
Il semble que vous méconnaissez le terrain et l’histoire de l’apprentissage de ces langues.
  Langues anciennes, langues rares ?  NON : 541 000 élèves étudient  actuellement le latin et le grec au collège et au lycée, malgré des conditions souvent dissuasives.  Les élèves et les parents d’élèves ont bien compris le message des professeurs de Lettres classiques ; ces derniers ont donc su montrer  l’intérêt  des langues et cultures de l’antiquité : enrichissement du vocabulaire français, apprentissage de la langue française et des langues qui puisent dans ces racines communes ( anglais, espagnol, italien, allemand), visite dans l’histoire ancienne et les mythes dont sont nourries notre histoire, ainsi que la littérature  et l’art de la Renaissance à nos jours. Etudier les langues anciennes, c’est aussi, par exemple, comprendre  pourquoi l’épisode de l’enlèvement des Sabines aux premiers temps de Rome, évoqué par Tite-Live pour dénoncer une guerre fratricide,  est traité successivement par David  au moment de la Révolution française et par Picasso au moment de la guerre d’Espagne ?

Qui est conservateur ?
Non, M. Descoings, il ne faut pas innover à tout prix et  à n’importe quel prix  renier l’histoire en refusant aux élèves de comprendre le patrimoine européen. Vous refuseriez en même temps à un grand nombre  de jeunes élèves défavorisés ou issus de l’immigration  un moyen d’intégration fondamental.
D’après vous, le latin et le grec seraient élitistes.  Visant, comme les mathématiques ou la philosophie à une formation intellectuelle  de haut niveau, alors, oui, ils sont élitistes ! Et c’est tant mieux, puisqu’ils sont offerts à tous ceux qui veulent faire l’effort de les étudier.  Ne croyez pas, M. Descoings, que les professeurs de Lettres classiques sélectionnent des élèves qui « doivent » étudier le latin ou le grec. Et surtout,  aucune sélection sociale ne préside à l’apprentissage de ces langues : n’étudie-t-on pas le latin et le grec en ZEP ?
Enfin le latin et le grec renvoient pour vous à « un lycée d’il y a cinquante ans » ; ces langues ne seraient pas attractives car désuètes. Ignorez-vous,  M. Descoings que les  professeurs de langues anciennes ont compris l’intérêt des TICE depuis au moins 15 ans, qu’ils ont Å“uvré à la rénovation pédagogique de leurs disciplines ? Etes-vous allé visiter  sur InternetCollatinus, Latine loquere, Gratum studium  et le remarquable site Musagora abrité par le Ministère de l’Education nationale ou encore le site interactif Helios  qui permet aux élèves de différents pays européens de communiquer entre eux par l’intermédiaire des langues anciennes ?
Alors, M. Descoings, cessez de diffuser ces lieux communs éculés sur le latin et le grec. Qui est conservateur, vous ou nous ?

Pour retrouver des informations sur la CNARELA, cliquez ici




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