Gouvernement : il fait beau, c'est l'agenda zéro !
Vendredi 8 Octobre 2010 à 17:01 | Lu 12401 fois I 49 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
En annonçant un remaniement pour la rentrée de septembre, avant de faire durer le plaisir peut-être jusqu'en novembre, Sarkozy joue avec les nerfs de ses Ministres. Prenant leur mal en patience, la plupart de ceux qui se sentent en sursis fonctionnent au ralenti. Selon le directeur d'une administration, plus aucune décision importante ne s'est prise depuis septembre.
« Qu'on en finisse, Monsieur le bourreau ! », aurait pu dire Marie-Antoinette en pareille situation. Annoncé en juin 2010, Sarko joue avec les nerfs de ses obligés ministres depuis trois mois. Rumeurs, bruits de couloirs et supputations vont bon train. Certains ministres, tels Dominique Bussereau,ont avoué leur envie d'ailleurs, d’autres annoncé leur désir de repartir pour un tour (Eric Besson ou Eric Woerth).
Toujours dans la mise en scène, Bernard Kouchner a dévoilé son malaise dans une missive - qui n'existe pas selon l'Elysée - et nous la joue martyr politique. Trois ans de souffrances. Pas suffisant pour envisager l’éventualité d’une démission. C’est que Bernard a déjà négocié son point de chute…
En maître du temps politique, Sarko fait durer le suspense. Même en dehors des ministères, certains dans la majorité trouvent que ce petit jeu a assez duré. Etienne Pinte, député UMP des Yvelines, a déclaré ce jeudi que Nicolas Sarkozy devrait « très rapidement » remanier le gouvernement, soulignant « le ridicule » de la situation actuelle avec des ministres qui prennent l'initiative d'annoncer eux-mêmes leur départ.
Convaincu de « tenir » ses équipes, en annonçant dès juillet, par anticipation, un remaniement gouvernemental, Nicolas Sarkozy a plutôt suscité l’abattement au sein du gouvernement. Au point que le président a demandé mercredi aux ministres « de continuer à être mobilisés » sur le dossier retraites. Un président obligé de demander à ses ministres d’assurer ce qui est désormais un intérim. On croit rêver.
Une majorité des conseillers passe également une bonne partie de leur temps à tenter de se recaser dans des administrations ou dans le privé.
Toujours dans la mise en scène, Bernard Kouchner a dévoilé son malaise dans une missive - qui n'existe pas selon l'Elysée - et nous la joue martyr politique. Trois ans de souffrances. Pas suffisant pour envisager l’éventualité d’une démission. C’est que Bernard a déjà négocié son point de chute…
En maître du temps politique, Sarko fait durer le suspense. Même en dehors des ministères, certains dans la majorité trouvent que ce petit jeu a assez duré. Etienne Pinte, député UMP des Yvelines, a déclaré ce jeudi que Nicolas Sarkozy devrait « très rapidement » remanier le gouvernement, soulignant « le ridicule » de la situation actuelle avec des ministres qui prennent l'initiative d'annoncer eux-mêmes leur départ.
Convaincu de « tenir » ses équipes, en annonçant dès juillet, par anticipation, un remaniement gouvernemental, Nicolas Sarkozy a plutôt suscité l’abattement au sein du gouvernement. Au point que le président a demandé mercredi aux ministres « de continuer à être mobilisés » sur le dossier retraites. Un président obligé de demander à ses ministres d’assurer ce qui est désormais un intérim. On croit rêver.
Une majorité des conseillers passe également une bonne partie de leur temps à tenter de se recaser dans des administrations ou dans le privé.
Plus aucune décision importante depuis septembre
Conséquence : des ministères au ralenti. Car le remaniement se fera autant dans le gouvernement que dans les cabinets des ministres où s’annonce une réduction drastique des effectifs (pas plus de 20 personnes pour les ministres). Le directeur d’une administration décrivait, cette semaine, à lalettrea.fr le fonctionnement des cabinets ministériels depuis la rentrée : « A l’exception des choix budgétaires pour 2011, plus aucune décision importante ne se prend depuis début septembre ». La machine ministérielle est grippée. A l’arrêt. Et Sarkozy, l’homme aux plusieurs cerveaux qui prétendait pouvoir assumer plusieurs réformes de front, contraint de se concentrer sur celle des retraites. Pendant le conseil des ministres, certains rapportent que le président joue les chasseurs de têtes, traçant deux colonnes sur une feuille de papier, avant d’inscrire des noms et de mettre la feuille dans sa poche.
Personne ne sait combien de temps durera le supplice, une semaine, deux semaines, un mois ou plus. En attendant d’en savoir plus, difficile de se mettre au travail sur des dossiers qu’on devra abandonner sous peu.
Les agendas des ministres en témoignent. Celui du Premier d’entre eux – en sursis, dit-on - plus que tout autre. Rarement plus deux ou trois rendez-vous par jour - conseil des ministres et questions d’actu à l’assemblée et au Sénat compris…- dans la semaine du lundi 4 au vendredi 8. Un petit tour au Salon de l’Auto –on connaît la passion de Fillon pour les bolides. A part ça, pas grand chose à signaler. Fillon compte les heures. Ou se repose avant d'aborder le tome 2 de ses oeuvres à Matignon.
Dans son malheur, Kouchner fait le job a minima : rencontre avec Kasianov, un ancien Premier ministre Russe, entretien avec Xavier Gouyou Beauchamps, président de TV France International, quelques responsables d’ONG. Mais pas de déplacements au programme. Faute de rester au Quai, Kouchner reste à quai…
Personne ne sait combien de temps durera le supplice, une semaine, deux semaines, un mois ou plus. En attendant d’en savoir plus, difficile de se mettre au travail sur des dossiers qu’on devra abandonner sous peu.
Les agendas des ministres en témoignent. Celui du Premier d’entre eux – en sursis, dit-on - plus que tout autre. Rarement plus deux ou trois rendez-vous par jour - conseil des ministres et questions d’actu à l’assemblée et au Sénat compris…- dans la semaine du lundi 4 au vendredi 8. Un petit tour au Salon de l’Auto –on connaît la passion de Fillon pour les bolides. A part ça, pas grand chose à signaler. Fillon compte les heures. Ou se repose avant d'aborder le tome 2 de ses oeuvres à Matignon.
Dans son malheur, Kouchner fait le job a minima : rencontre avec Kasianov, un ancien Premier ministre Russe, entretien avec Xavier Gouyou Beauchamps, président de TV France International, quelques responsables d’ONG. Mais pas de déplacements au programme. Faute de rester au Quai, Kouchner reste à quai…
Borloo fait une cure de remise en forme: objectif Matignon
Hervé Morin, le Ministre de la défense carbure à cinq rendez-vous par semaine avec les remises de médaille. Par comparaison, Hortefeux – certain de rester en place - se démultiplie, une dizaine d’entretiens et de réunions sans compter les sorties de terrain histoire de montrer sa bobine.
Woerth, qui a du pain sur la planche, entre les retraites et ses « affaires » personnelles, a très peu de temps pour lui. Le Ministre passe l’essentiel de ses journées au Sénat pour faire avancer la réforme des retraites. Son sort politique en dépend. Pas sûr que cela suffise pour lui sauver la mise.
Sur son blog, Jean Quatremer, le correspondant de Libération à Bruxelles, qui avait demandé une interview de 30 minutes à Christine Lagarde raconte comment il s’est fait jeter par le service de presse de la Ministre pour cause d’agenda surchargé : « Tu (on se tutoie facilement au ministère des Finances) ne te rends pas compte, tu ne vis pas à Paris, tu ne sais ce qu’est l’agenda d’un ministre, elle n’a pas une demi-heure à te consacrer », a expliqué tout à l’heure, un tantinet méprisant, au bouseux européen que je suis, le porte-parole de la ministre, Jean-Marc Plantade. C’est vrai, quoi, vous entendez Lagarde dans les médias vous ? » raconte Quatremer.
Amusée par le billet du correspondant de Libé, la Ministre a finalement trouvé un trou dans son agenda « compliqué » pour lui accorder une interview.
Last but not least : Borloo, Jean-Louis. L’auto-désigné nouveau-futur Premier ministre fait comme si de rien n’était, son agenda déborde. Quelques nouveautés quand même pour rentrer dans le costume de Premier ministre. D’après Paris-Match, le favori de Sarkozy –le chef de l’Etat aurait demandé à ses sondeurs : « le profil Bayrou », c’est Borloo qui est sorti- Borloo s’est lancé dans un programme intensif de remise en forme physique et mental : « J’ai décidé de me mettre très en forme. Je me coule dans le mental, je me réapproprie », de la musculation intensive aussi: « J’ai un coach deux fois par semaine » et également une nouvelle hygiène alimentaire : « Je ne bois plus une goutte de vin depuis trois mois ». Matignon, un sacerdoce et des sacrifices. Si avec ça, il ne décroche pas le pompon…
Woerth, qui a du pain sur la planche, entre les retraites et ses « affaires » personnelles, a très peu de temps pour lui. Le Ministre passe l’essentiel de ses journées au Sénat pour faire avancer la réforme des retraites. Son sort politique en dépend. Pas sûr que cela suffise pour lui sauver la mise.
Sur son blog, Jean Quatremer, le correspondant de Libération à Bruxelles, qui avait demandé une interview de 30 minutes à Christine Lagarde raconte comment il s’est fait jeter par le service de presse de la Ministre pour cause d’agenda surchargé : « Tu (on se tutoie facilement au ministère des Finances) ne te rends pas compte, tu ne vis pas à Paris, tu ne sais ce qu’est l’agenda d’un ministre, elle n’a pas une demi-heure à te consacrer », a expliqué tout à l’heure, un tantinet méprisant, au bouseux européen que je suis, le porte-parole de la ministre, Jean-Marc Plantade. C’est vrai, quoi, vous entendez Lagarde dans les médias vous ? » raconte Quatremer.
Amusée par le billet du correspondant de Libé, la Ministre a finalement trouvé un trou dans son agenda « compliqué » pour lui accorder une interview.
Last but not least : Borloo, Jean-Louis. L’auto-désigné nouveau-futur Premier ministre fait comme si de rien n’était, son agenda déborde. Quelques nouveautés quand même pour rentrer dans le costume de Premier ministre. D’après Paris-Match, le favori de Sarkozy –le chef de l’Etat aurait demandé à ses sondeurs : « le profil Bayrou », c’est Borloo qui est sorti- Borloo s’est lancé dans un programme intensif de remise en forme physique et mental : « J’ai décidé de me mettre très en forme. Je me coule dans le mental, je me réapproprie », de la musculation intensive aussi: « J’ai un coach deux fois par semaine » et également une nouvelle hygiène alimentaire : « Je ne bois plus une goutte de vin depuis trois mois ». Matignon, un sacerdoce et des sacrifices. Si avec ça, il ne décroche pas le pompon…
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