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Marianne2

Gouvernement, en janvier, on change tout !...

philippe cohen | Mercredi 19 Septembre 2007 à 13:10 | Lu 6648 fois

Par Nicolas Domenach, directeur adjoint de la rédaction.
« La » rumeur a galopé dans les ministères et à l’Assemblée nationale : le gouvernement sera remanié en janvier.



C’est « la » rumeur qui court et qui a galopé hier, tant dans les ministères qu’à l’Assemblée nationale : le gouvernement sera remanié en janvier. Il a suffi d’une dépêche de l’AFP, citant des sources anonymes, mais « concordantes », ce qui en termes convenus crédibilise suffisamment l’information pour que flambe de nouveau cette nouvelle, alors même que l’Elysée la démentait, ce qui lui donnait encore plus d’importance.
Pourtant Nicolas Sarkozy, le jour même de son Grrrand discours de politique sociale, se serait bien passé de ces parasites sur les ondes. Son plan de communication, son bombardement médiatique, son pilonnage ne prévoyait pas cette diversion qui met à jour les dysfonctionnements gouvernementaux et en même temps les aggrave en soulignant les faiblesses existantes et en donnant une impression de fébrilité, de manque de solidité au sommet.
Le Premier ministre avait lui aussi fait savoir précédemment, pour couper court aux rumeurs qu’il dit « fantaisistes », que son équipe « fonctionnait bien » et qu’un renoncement du gouvernement n’était pas envisagé. Quelle blague ! Tous les journalistes qui fréquentent les allées du pouvoir, et nous en sommes, ont recueilli les mêmes confidences. Le chef de l’Etat qui veut mettre sous pression ses ministres et qui a ses têtes, a bien dit et répété qu’il y aurait des changements au gouvernement d’ici la fin de l’année et qu’il faudrait poursuivre encore l’ouverture afin de déstabiliser toujours plus la gauche avant les municipales. « Le PS a la tête sous l’eau, il faut la lui maintenir », confie ainsi le chef de l’Etat qui, comme on le sait, soigne particulièrement Jack Lang, a téléphoné à Julien Dray et a vu Manuel Valls pour « leur proposer la botte », selon leur expression, autrement dit pour occuper de hautes fonctions gouvernementales, notamment le ministère de l’Intérieur, aujourd’hui occupé mais si peu par Michèle Alliot-Marie. Le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant la bordure de près et Nicolas Sarkozy, qui a détesté son rôle « sournois » euphémise-t-il dans l’affaire Clearstream, la trouve « limitée et inexistante ».

Elle est la première sur la liste des quatre ministres qui, selon lui, ne font pas l’affaire. Viennent ensuite Hervé Morin, ancien bayrouiste et nouveau centriste à qui le battle dress de la Défense va comme un tablier à une truite. Christine Lagarde a également déçu le monarque car si cette avocate d’affaires parle bien l’anglais, la politique lui demeure encore une langue étrangère. Enfin, Jean-Louis Borloo ne lui semble pas s’être remis de son éviction de Bercy et pourrait disparaître s’il ne se rattrape pas aux branches du Grenelle de l’Environnement. Mais il n’y a pas que les ministres qui sont menacés. La Cour spécule beaucoup sur le destin de François Fillon à qui une nouvelle humiliation a été infligée hier puisque le Président ne l’a même pas cité comme chef d’orchestre des réformes sociales. Nicolas Sarkozy l’avait précédemment souffleté en critiquant son absence de méthode dans la réforme sociale, les conseillers de Matignon attendaient donc un geste de consolation verbale qui leur permette de faire bonne figure. Dans son texte écrit, le chef de l’Etat avait pourtant prévu de le citer comme étant chargé de mettre en œuvre sa stratégie sociale. La mention a sauté ? Comme le Premier ministre prochainement ? Un proche de Sarkozy hausse les épaules : « pourquoi voulez-vous remplacer François Fillon ? Il n’existe pas ! ».

Le mot est cruel. Mais il est vrai que le véritable poste de numéro 2 aujourd’hui c’est celui de secrétaire général de l’Elysée. Claude Guéant est, comme le souligne Le Point, qui en fait sa couverture, l’homme le plus puissant de France après Nicolas Sarkozy. Il n’aurait donc intérêt à passer à Matignon même si tout montre qu’il s’y prépare. La place n’est guère enviable, puisqu’on est loin du soleil, et en même temps assuré d’être brûlé si on s’en éloigne trop ! Pourtant beaucoup assurent aussi que Xavier Bertrand pourrait y être promu. Déjà pendant la campagne, le nom de ce porte-parole à la rondeur rassurante avait circulé pour le plus grand mécontentement de François Fillon. Cette fois, les champellions de la vie de Cour ont relevé que Xavier Bertrand avait été le ministre le plus cité : trois fois ! Et de manière particulièrement chaleureuse puisque le chef de l’Etat l’a remercié et lui a redit toute sa confiance pour mener à bien les négociations sur les régimes de retraite. Ces négociations en 2003, sous Chirac Président, Raffarin Premier ministre, c’est François Fillon qui les poursuivait comme ministre du Travail, ce qui explique pourquoi il ne supporte pas son successeur. « En politique, disait à peu près Clemenceau, on succède à des incapables et on est remplacé par des incompétents… ».


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