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Goldman Sachs: la crise ? Quelle crise?

Lundi 27 Juillet 2009 à 11:06 | Lu 8476 fois I 47 commentaire(s)

Laurent Pinsolle - Blogueur associé

Goldman Sachs, la plus célèbre banque d'affaires des Etats-Unis, affiche des résultats éclatants. Plus qu'une bonne nouvelle pour la banque, c'est une info décisive: malgré la crise, le système économique n'a pas changé pour un sou.


(photo: alter1fo - Flickr - cc)
(photo: alter1fo - Flickr - cc)
Et s’il y a bien une entreprise où la crise semble finie, c’est Goldman Sachs. Les résultats du second trimestre de la plus célèbre des banques d’affaires étasuniennes démontrent que les mécanismes qui ont provoqué la crise sont toujours en marche, cette fois-ci pour son plus grand bonheur.

Des résultats incroyables

Dès le deuxième trimestre 2009, Goldman Sachs semble ignorer la crise. La célèbre banque d’affaires a fait un chiffre d’affaire de 13,8 milliards de dollars au dernier trimestre, le meilleur résultat de son histoire. Son bénéfice, en hausse de 68%, a atteint 3,4 milliards. Slate note que ces résultats, avant la prise en compte des frais financiers dus à l’Etat pour son prêt, reviennent à une rentabilité des capitaux propres proche de 24%, soit le niveau d’avant la crise.
Il est proprement incroyable qu’au deuxième trimestre 2009, alors que le chômage explose partout et que les conséquences de la crise se font sentir de manière aussi douloureuse, que les résultats d’une telle banque soient si bons. La crise financière de l’automne semble avoir été effacée en à peine six mois. Mieux, ce sont les activités de marché qui se sont bien portées. Il faut dire que les indices boursiers se sont bien redressés depuis mars, donnant de multiples opportunités aux banques…

Les leçons de ce redressement

Ce redressement amène deux leçons importantes. Premièrement, il rappelle l’importance déterminante des évolutions du monde financier sur l’économie : leur baisse plonge l’économie réelle dans la récession, leur hausse donne une puissante impulsion positive à l’économie. En fait, la toute puissance des marchés a une dimension auto réalisatrice : un accès de pessimisme et leur baisse provoque la dépression crainte, un accès d’optimisme et les bénéfices de la hausse engendrent une reprise.

Deuxième enseignement : rien n’a été retenu de la crise. Le système économique n’a pas changé et nous sommes condamnés à subir les mêmes excès que dans le passé. À titre d’exemple, comment ne pas être découragé en constatant que Goldman Sachs s’apprête à doubler ses bonus en 2009 (20 milliards de dollars, soit plus de 700 000 dollars par personne), pour retrouver le record de… 2007. Décidemment, la crise n’aura pas duré très longtemps pour certains.

Le cas de Goldman Sachs illustre parfaitement la réalité d’un système économique qui n’a pas été changé mais seulement sauvé à l’automne par les Etats. Il n’a tellement pas changé que les mêmes excès qui ont plongé le monde dans un chaos financier sont commis à peine quelques mois après…
Source : Slate.fr

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