Marianne2 2012

Giscard d’Estaing: «Fermer la Bourse ? Parlons-en!»

Mardi 16 Mars 2010 à 14:01 | Lu 16822 fois I 66 commentaire(s)

Emmanuel Lévy- Marianne

Louis Giscard d’Estaing, député UMP et fils de son père, se montre étonnamment critique vis-à-vis de la Bourse. Non seulement il n'écarte pas la fermeture de la Bourse, mais il propose d'arrêter la cotation en continu. Trop gauchiste pour les dirigeants du PS ?


Que pense le Vice-Président UMP de la commission des finances de la proposition visant à fermer la bourse  ?

Louis Giscard d’Estaing
 : c’est une mesure iconoclaste, mais elle a le mérite de poser de vraies questions. Je ne peux que dénoncer des dérives insupportables dans les mécanismes boursiers. Je pense ainsi aux ventes à découverts et à la cotation en continu. Grâce à la cotation en continue des titres des entreprises sur les Bourses, les traders, comme Kerviel, peuvent jouer sur des différences de prix infinitésimales sans apporter un seul sou aux fonds propres des entreprises, et au contraire leur retirer de l’argent. Cela est d’autant plus grave, qu’avec le décalage horaire, cette spéculation peut en plus se faire 24 heure sur 24 sur les différentes places boursière de la planète. Pour ce qui est des ventes à découvert, qui permettent de vendre un titre que l’on ne détient pas en pariant sur sa baisse, système dont on a récemment encore vu les ravages, je ne peux que m’étonner que l’on ait libéralisé cette pratique au fur et à mesure des textes qui nous ont été soumis. En la rendant de plus en plus facile, on a rendu un grand service à la spéculation au détriment de l’économie et du financement des entreprises.



 Giscard d’Estaing: «Fermer la Bourse ? Parlons-en!»
Des textes sur la régulation vont bientôt être présentés au Parlement, proposerez-vous d’interdire la cotation en continue comme les ventes à découvert ? En faisant cela, vous vous placeriez en porte à faux vis-à-vis des établissements financiers qui considèrent ces deux mécanismes comme non négociables.

En tant que Vice Président de la commission des finances de l’Assemblée, je vais évoquer le sujet avec mes collègues. J’en parlerai également à Jean-Pierre Jouyet, Président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), lors de sa prochaine audition devant notre Commission. L’autorité de régulation doit jouer son rôle en limitant ces deux pratiques nuisibles.

Mais c'est aussi le rôle du législateur que vous êtes aussi ?

Si rien n'avance ailleurs, c’est envisageable.








LES PLUS de Marianne
  • Revue Web personnalisée
  • Les Unes de Marianne2
  • Le MAG en PDF 24h avant !

Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr


Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez