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Gérard Larcher à pas feutrés sur la déchéance de nationalitéRégis Soubrouillard - Marianne | Jeudi 12 Août 2010 à 12:01 | Lu 16753 fois
Estimant inacceptable la une de Marianne qui qualifiait le chef de l'Etat de voyou de la République, invité d'Europe 1, le président du Sénat, Gérard Larcher n'en a pas moins pris ses distances avec les propositions hâtives de Nicolas Sarkozy sur la déchéance de nationalité. Un appel au calme et à la raison qui tranche avec le ton guerrier des gardes du corps présidentiels.
Le sénat, chambre de modération d’une Sarkozie abonnée aux outrances politiques et d’expression.
C’est le message tout en rondeur qu’a tenté de faire passer, ce matin, Gérard Larcher, président bonhomme de la chambre haute du parlement. Histoire de calmer les esprits, Larcher, entre deux digressions sur ses activités de pêcheur et autres invitations à « regarder la mer », a commencé son propos par un point sur la météo marine : « ce matin, c’est grande marée sur l’ile de Batz et il y fait très beau ». Sur un plan plus politique, défenseur du président de la République, le président du Sénat a estimé que le président est « pleinement dans sa fonction quand il fait de la sécurité une de ses priorités ». Interrogé sur le lien réalisé entre immigration et délinquance par Nicolas Sarkozy, Gérard Larcher évacue la question pour répondre à …Marianne et Jean-François Kahn : « d’abord sur les propos titres du journal Marianne. L'anti sarkozysme primaire que professe ce journal, c’est son droit, n'autorise pas l'insulte. Attention aux mots. Je crois que c’est inacceptable. Un journaliste comme Jean-François Kahn doit retrouver la raison ». Le sénat, modérateur de la Sarkozie
Gérard Larcher n’en a pas moins pris ses distances avec la surenchère sécuritaire et les propositions hâtives formulées par les plus radicaux de son camp ces dernières semaines à propos de la déchéance de nationalité.
Le président du Sénat a ainsi laissé entendre que les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy concernant la déchéance de nationalité pour certains criminels d'origine étrangère étaient un peu trop hâtives. « Nicolas Sarkozy est dans son rôle quand il fait de la sécurité une priorité mais une nouvelle loi n'est pas nécessaire sur la déchéance de la nationalité, envisagée par le chef de l'Etat contre certains délinquants, estime le président du Sénat, Gérard Larcher », propos déjà tenus dans Le Figaro et réitérés ce jeudi sur Europe 1. L'article 25 du Code civil prévoit plusieurs cas de déchéance pour une personne ayant acquis la nationalité française depuis moins de dix ans, notamment en cas d'activités terroristes ou pour un crime « constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation », « je suis pour qu’on examine l’article 25 » a tempéré Larcher. De la même manière Gérard Larcher n’a pas repris à son compte l’expression de Christian Estrosi « français ou voyou, il faut choisir », lui préférant « être français, ça crée des devoirs ». Une façon comme une autre de prévenir le chef de l’Etat que ce n’est pas parmi les sénateurs qu’il lui faudra chercher les avocats les plus ardents d’un nouveau projet de loi, ni les relais de ses dérives outrancières. Un « droit à la nuance », pendant du « droit d'inventaire » jospinien, qui pourrait rencontrer un certain succès dans son propre camp.
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