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Gandrange victime de l'insoutenable légèreté de SarkozyBénédicte Charles | Mercredi 4 Février 2009 à 07:00 | Lu 26533 fois
Il y a un an jour pour jour, Sarkozy rendait visite aux salariés en grève de l'usine de Gandrange (groupe Mittal), menacée de fermeture. «Je ne vous laisserai pas tomber», avait-il promis aux sidérurgistes. Avant de s'empresser de les oublier. Les 575 ouvriers de Gandrange dont les postes vont être supprimés s'en souviennent, eux.Le 4 février 2008, trois semaines après l’annonce par le groupe Mittal Steel de la fermeture d’une partie de l’usine de Gandrange (Moselle) entraînant la suppression de575 emplois sur les 1100 que compte le site, Nicolas Sarkozy, jeune marié depuis deux jours, rend visite aux salariés en grève. Bien décidé à leur faire partager son bonheur, le président leur promet de maintenir l’usine en activité. « L’Etat préfère investir pour moderniser le site plutôt que payer de l’argent pour accompagner des gens soit en préretraite, soit au chômage. Je suis donc venu vous dire — et ce que je dis avec Xavier Bertrand ça vaut pour monsieur Mittal, popriétaire, ou pour quelque propriétaire alternatif que ce soit— que nous sommes prêts à mettre de l’argent pour faire les investissements qui auraient dû être faits depuis longtemps sur le site et qui n’ont pas été faits. » « Première solution on arrive à convaincre Monsieur Mittal de laisser ouvert tout ou partie du site et dans ce cas-là on investira avec lui. Deuxième solution : on essaie de trouver un repreneur et on investira avec lui pour laisser le site ouvert […] On ne se contentera pas de dire « il n’y a qu’à », on mettra de l’argent dans l’outil de production s’il le faut ». Et de conclure, sous les acclamations des sidérurgistes : « Je reviendrai dans l’usine pour annoncer la solution qu’on aura trouvée ».
Les déclarations de Nicolas Sarkozy ont suscité un immense espoir chez des salariés de Gandrange pourtant déjà sérieusement échaudés en la matière. De fait, en 2006, leur patron Lakshmi Mittal s’était servi d’eux pour se donner une image de super patron hypersocial au moment de son OPA hostile sur Arcelor. Le site de Gandrange avait alors été présenté à toute la presse française comme un modèle de réussite, une usine promise à un bel avenir… Deux ans plus tard, le géant mondial de l’acier annonçait la fermeture du train à billettes et de l’aciérie.
C’est donc à des sidérurgistes durement éprouvés que Nicolas Sarkozy a promis tout et n’importe quoi, avant de se rétracter deux mois plus tard :
La déception a évidemment été à la hauteur des attentes créées par le président : immense. « Il a joué avec nous », résume alors tristement Edouard Martin, délégué Cfdt au Comité d’entreprise européen de Mittal.
Un an après la visite de Nicolas Sarkozy, Mittal a donc bouclé son plan social à Gandrange (écoutez ci-dessous le reportage diffusé par RTL le 2 février dernier). L’aciérie et le train à billettes vont être fermés d’ici trois mois, entraînant la suppression de 575 emplois sur les 1 100 que compte le site. Sur le site voisin de Florange, auquel Mittal s’était pourtant engagé à ne pas toucher, un des deux hauts fourneaux a été fermé en décembre. Les sidérurgistes n’ont pas vu la couleur des dix millions d’euros d’aides promis par Sarkozy. Et le président n’a toujours pas trouvé le courage de « revenir dans l’usine pour annoncer la solution qu’on aura trouvée ».
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