Françoise Degois choisit la voie...RoyalRégis Soubrouillard - Marianne | Mardi 17 Novembre 2009 à 11:01 | Lu 16451 fois
Journaliste politique sur France Inter, Françoise Degois a annoncé qu'elle rejoignait le cabinet de Ségolène Royal. L'occasion de revenir sur un chat réalisé en février 2009 sur le site nouvelobs.com où la groupie militante défendait un livre d'entretien avec Ségolène Royal. La futur-ex journaliste assurait alors que le livre ne signait en rien un quelconque engagement politique... A six mois près.
L’idylle, heureuse jusqu’ici, ne pouvait se finir autrement que par la publication officielle des bans du mariage. C’est chose faîte, la journaliste Françoise Degois qui assurait pour France Inter la couverture du Parti Socialiste et tout particulièrement de Ségolène Royal, notamment au moment de la présidentielle a choisi de rentrer au cabinet de cette dernière. Le conseil régional de Poitou-Charentes, que préside l'ex-candidate socialiste à la présidentielle, annonce sa nomination au poste de « conseillère spéciale au cabinet de la présidence ». La journaliste sera désormais chargée de « mettre en place les politiques de civilisations sur lesquelles l'Institut de Recherche Edgar Morin, implanté à Poitiers, a fait de nombreuses propositions ».
Déjà auteur de « Femme debout », un livre d’entretiens avec…Ségolène Royal, cette fois-ci, Françoise Degois franchit le pas. Comme d’autres avant elle, à gauche comme à droite. Décrite par le journaliste Daniel Carton comme une « groupie militante », sorte d’attachée de presse officieuse de Ségolène Royal, la nouvelle ne surprendra guère. Elle donne au moins l’occasion de revenir sur un grand moment de journalisme : le chat de Françoise Degois réalisé pour le site Nouvelobs.com alors qu’elle assurait la promo de son livre génuflecteur « Femme debout ». Les réponses de l’ancienne journaliste de France-Inter où jamais n’affleure le début d’une once de distance critique vis à vis de son sujet prennent une dimension particulière. Frisant toujours le lyrisme, la futur-ex journaliste « fan de » avoue alors sa surprise de côtoyer une femme pleine d’humour, passionnée par l’art, la poésie et la peinture. Côté politique, car Ségolène, c’est aussi cela, elle explique le plus simplement du monde : « que Ségolène Royal est incontournable à gauche, qu'elle a entrepris un chemin de reconquête qui passe, selon elle, par l'affranchissement de règles qu'elle juge totalement dépassées pour ce 21 ème siècle convulsif. Je ne sais pas si c'est le bon chemin mais c'est celui qu'elle a choisi pour faire naitre, comme elle le dit, ce nouveau monde. Nul ne sait comment nos chemins se déguisent, disait fort justement le poète persan Omar Kayyam ». Après le poète persan, Françoise Degois, inspirée comme jamais, en appelle à Antigone pour justifier les réponses auxquelles son interlocutrice a refusé de répondre. Décidément du lourd, dès qu’il s’agit de Ségolène : « Mais vous savez il en va de ce dialogue comme de tous les dialogues en fait. Nous avons tous nos parts d'ombres, nos secrets, nos rêves cachés, nos mensonges, et nous ouvrons tous nos tiroirs ou pas; Ségolène Royal n'échappe pas à cette règle. Il y a eu des questions sans réponses, il y a eu aussi des questions que je n'ai pas posées parce qu'elles ne m'intéressaient pas, il y a eu aussi quelque réponses-réflexes de sa part, des mots-valises, de la confrontation aussi. Et puis, comme le dit Antigone, rien n'est plus vrai que ce qui ne se dit pas ». On en reprendrait presque. Un livre qui s'est construit en marchant
Evidemment, le moment le plus savoureux réside dans l’intervention des Fatals Flatteurs qui saluent la qualité exceptionnelle et la puissance inouïe de cette partition à quatre mains. Françoise Degois acquiesce : « ce livre s'est construit en marchant, et j'ignorais jusqu'au dernier entretien , quel visage final aurait ce livre; il y a eu des moments, pendant les 10 mois, où j'ai senti que le livre « tournait ». Notamment le chapitre réalisé à l'été 2008 et celui d'Athènes, en Octobre. Ce sont des moments forts, de vérité ... un peu triste à l'été 2008, plein d'allégresse à l'automne 2008. La, je sentais vraiment que le livre pouvait être fort. Mais jusqu'au bout, je n'ai pas su ce que donnerait l'ensemble. je suis d'autant plus touchée que vous ayez compris cela et que vous ressentiez cela; merci ».
Antoine salue l’impertinence de la journaliste et lui demande « comment avez-vous fait pour garder votre liberté de ton? ». Degois n’hésite pas : « Merci beaucoup ; je n'ai pas eu à me forcer. Ségolène Royal n'a pas relu ces entretiens, selon son accord et je vous assure que contrairement à l'image de Mère tape dur qui est véhiculé , il n'y a aucun problème pour adopter un ton très direct avec elle, très cash. elle l'est et je le suis. c'est très confortable en fait pour travailler ». Le reste est un long et émouvant récit de la rencontre de deux êtres mais surtout et avant tout de deux talents. Un engagement politique? Question sans fondements
Etonné, un internaute joue les insolents, supputant –diable !- peut-être une forme de connivence entre les deux désormais collaboratrices :
« Comment Françoise Degois rend-elle compatible son engagement politique personnel et son travail d'éditorialiste dans une chaîne de radio du service public ? Une telle ubiquité serait-elle possible pour un journaliste accompagnant un homme -ou une femme- politique de droite ? » Heureusement, Françoise Degois renvoie dans les cordes l’impétrant internaute de façon imparable en jugeant la question incompréhensible : « Je ne comprends même pas cette question, je ne vois pas en quoi le fait d'écrire un livre d'entretien avec Ségolène royal signe un engagement quelconque politique de ma part . Honnêtement, je trouve l'argument un peu spécieux, d'autant que je ne vois pas en plus ce que vient faire le service public là dedans. Mais vous avez certainement une raison valable de me poser cette question. Voilà; c'était ma réponse. Je suis journaliste, je signe les livres d'entretiens que je veux avec qui je veux, et je suis fière d'appartenir au service public; le délit d'interview n'existe pas encore dans ce pays. ou alors c'est qu'on ne m'a pas tout dit ». Une riposte ciblée pour couper la chique -et de quelle manière !- à tous les Daniel Carton, Fatals Flatteurs et autres tristes sires qui avaient osé supputer un quelconque esprit partisan dans la démarche de la journaliste.
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