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Félix Rohatyn: quand un démocrate américain démythifie la «rupture» Obama

Lundi 31 Mai 2010 à 11:43 | Lu 7749 fois I 38 commentaire(s)

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

Invité de France Inter, Felix Rohatyn, l'ancien ambassadeur des Etats-Unis en France a largement relativisé la politique de rupture économique qu'incarnerait Obama, dressant le portrait d'un président américain beaucoup plus conservateur que l'image véhiculée par ses aficionados français.


Félix Rohatyn: quand un démocrate américain démythifie la «rupture» Obama
Ancien ambassadeur des États-Unis en France (1997 à 2000) et ancien président de la banque Lazard, Félix Rohatyn était, ce matin, l’invité de France Inter. A la grande surprise de ses interlocuteurs, ce proche de Bill Clinton, a largement relativisé la portée des mesures d’Obama en matière d’encadrement des marchés financiers. Ainsi, alors que Nicolas Demorand évoque une politique de « rupture », Rohatyn pondère : « je ne sais pas si on peut parler de rupture mais c’est un pas très important dans l’évolution du capitalisme moderne car cela vient avec des restrictions légales qui ne permettront plus les folies des dix dernières années ».

Très élogieux sur Obama, l’ancien ambassadeur, ardent partisan de la régulation financière et des investissements publics en temps de crise. n’en demeure pas moins beaucoup plus sceptique sur ses capacités d’action : « je ne sais pas s’il y a beaucoup de choses nouvelles ». Keynésien, favorable à l’intervention de l’Etat, Rohatyn estime ainsi que la politique américaine actuelle reste complètement dominée par son aile libérale et « farouchement opposée à l’intervention de l’Etat ».

Les lois votées sont préventives, mais rien n'a changé

Bernard Guetta tentera bien de convaincre son interlocuteur : « vous ne voyez pas l’interventionnisme revenir avec les nouvelles lois que Barack Obama est en train de faire adopter sur le secteur bancaire? »
- « Ce sont des lois préventives qui apportent un peu d’assurance, mais sinon rien n’a changé, évoquer la question de la nationalisation des chemins de fer aux Etats-Unis, reste quelque chose de complètement impossible en ce moment».

Traçant ainsi le portrait en creux d’un Barack Obama plus prudent, moins keynésien et beaucoup plus conservateur que l’image véhiculée par ses thuriféraires de ce côté-ci de l’Atlantique.








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