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Face à Sarko, Valls et Hollande jouent petit bras

Philippe Cohen & Régis Soubrouillard | Mardi 26 Janvier 2010 à 11:05 | Lu 11648 fois

Invités à riposter à l'intervention marathon du président, Manuel Valls et François Hollande, sont apparus sur la réserve. Manuel Valls, véritable Sarkozy de la gauche, incapable de s'attaquer frontalement à un président dont il partage bon nombre d'options, et François Hollande, 2012 en ligne de mire, sur un positionnement tactique de débat apaisé entre hommes d'Etats.



Face à Sarko, Valls et Hollande jouent petit bras
Hier c'était the Yes Sarkozy day. Aujourd'hui le théâtre médiatique nous propose the PS day : Manuel Valls sur RTl à 7h50, François Hollande sur Europe 1. Ce soir, ce sera Martine Aubry sur France 2. On verra bien. Mais autant l'avouer, Vals et Hollande, ça ne donne pas envie.

Manuel Valls est anti anti-sarkozyste primaire. C'est un homme qui veut rester fair play, un anti anti-sarkozyste primaire. Aussi commence-t-il par rendre hommage au Président : « Il ne manque pas de talent, il donne l'impression de connaître ses dossiers.»  Bien entendu, Manuel Valls s'est ensuite attaqué à la politique sarkozyste : «Il ne sait pas où va le pays. » (...) «On ne voit pas le sens de sa politique économique et sociale. C'est comme s'il commentait la situation du pays.» Ou encore : «Les Français ont l'impression qu'il n'y a pas de Justice.» Manuel Valls s'en est pris de façon encore plus virulente à Henri Proglio ironisant même sur ses supposés compétences dont nous rabattent tous les matins Christine Lagarde et les Sarkoboys :
« Nous sommes le seul pays au monde dans lequel il n'y a qu'un seul candidat pour une grande entreprise comme EDF.» Ecoutez voir la différence Valls, comme on dit dans la radio du service public :

Valls, le candidat de la rupture

Mais le député socialiste rejoint la majorité sarkozyste pour gérer la question des retraites et voter la loi contre la burqa. L'identité de la gauche ? Elle se résume pour lui à « s'attaquer aux injustices réelles ». Traduction en VO de gauche de gouvernement : la gauche d'avant s'attaquait aux injustices formelles, ma gauche à moi s'attaquera aux corporatismes et à tous les conservatismes, y compris ceux de gauche.
Il ne restait plus qu'à conclure l'entretien avec Jean-Michel Aphatie par une déclaration de candidature : Valls se veut un candidat de rupture, qui incarne les nouvelles générations. Ca ne vous rappelle rien ?  Allez Manuel, tu l'auras ton certificat, le Sarkozy de la gauche ce sera toi!

Hollande déjà positionné pour 2012...

François Hollande en rupture avec la rupture a trouvé le Président « plus calme qu’à l’ordinaire, en recherche de compréhension. C’est plutôt une bonne attitude, surtout venant de lui ». Aussi saignant qu'un bon Jospin.
Invité d’Europe 1 mardi matin, François Hollande a commencé lui aussi par complimenter Nicolas Sarkozy. Un Sarkozy apaisé –en apparence- et une opposition qui se met au diapason. On en salive d'avance.

Il s’est même félicité que Nicolas Sarkozy, au-delà de cette émission, souhaite se placer en retrait de la campagne pour les élections régionales : « C’est bienvenu. Il s’était avancé avec beaucoup de légèreté il y a quelques semaines où il était allé à la convention de l’UMP et avait dit ‘je veux nationaliser les élections régionales. C’était une parole malheureuse. Et en même temps, il s’est protégé car selon le résultat des élections régionales, il pourra toujours dire que c’étaient des élections locales ».

Après ces quelques minutes de politesse politique, l’ancien premier secrétaire général du PS s’est tout de même rappelé à son rôle d’opposant pour se permettre quelques timides et vagues critiques : « je l’ai trouvé en panne de cohérence et en incantation. Il a pris des décisions depuis deux ans et demi et elles ne sont pas lisibles », a ajouté l’ancien Premier secrétaire du Parti socialiste.

Pour autant, l'ancien patron du PS n'a fait que répéter un seul mot d'ordre: manque de cohérence et de lisibilité: « J’attendais du président de la République qu’il donne sa cohérence, elle a peiné à apparaître et sa vision n’a pas été claire ».
Même sur les deux fenêtres de tir du moment, l’opposant déjà déclaré candidat de son camp aux primaires socialistes est resté sur la réserve se limitant à poser des constats. L’affaire Proglio: « un imbroglio qui coûte cher ».  Sur les retraites, il a appelé à un « débat clair, simple et cohérent ».
Cohérence encore, cohérence toujours. Un positionnement tactique plus qu'une opposition politique. Très plan-plan tout ça, à peu près autant que l’intervention présidentielle.

A croire qu’à s’épargner au point même de s'entendre sur les sujets -qui fâchent- et donc à éviter, ces deux-là se verraient bien s’affronter en 2012.



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