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Exclusif : les permanents du PS répondent à Patrick Mennucci

Marianne2.fr | Vendredi 19 Octobre 2007 à 13:40 | Lu 12521 fois

Marianne2.fr publie la lettre ouverte des permanents du PS en réponse à l’ex-directeur de campagne de Ségolène Royal, qui les accuse d’avoir perçu une «prime de défaite» de 500 euros.



Exclusif : les permanents du PS répondent à Patrick Mennucci
Dans son livre Ma candidate, qui vient d’être publié aux éditions Albin Michel, Patrick Mennucci, ex-directeur de campagne de Ségolène Royal, met en cause François Hollande et les permanents du Parti socialiste. La thèse est la même que celle défendue par beaucoup de ségolistes : l’appareil du parti, aidé par les partisans des concurrents de Ségolène Royal, fabiusiens et strauss-kahniens, a saboté la campagne de la candidate. Mais l’auteur est plus précis que BHL : le chapitre du livre intitulé « Seule contre la rue de Solferino », « révèle » notamment que François Hollande aurait versé une prime de 500 euros aux salariés du PS pour les remercier de ne pas s’être trop impliqués durant la campagne ! Mennucci va plus loin encore, évoquant « une prime de défaite ».


Extrait du livre de Patrick Mennucci, Ma candidate (p. 139)

Exclusif : les permanents du PS répondent à Patrick Mennucci
Nous publions ci-dessous la réponse des permanents socialistes, sous forme de lettre ouverte. Selon eux, la gratification citée par Patrick Mennucci n’a pas été versée au titre de la campagne présidentielle, mais pour les élections législatives, qui furent un succès pour les socialistes, dont le nombre de députés a nettement augmenté.

Lettre ouverte à Patrick MENNUCCI

Cher Patrick, nous venons de prendre connaissance de ta contribution à l'Histoire politique de la gauche de ce début du XXIè siècle à travers ton livre de souvenirs -puisque la formule fait recette - sur la campagne présidentielle des socialistes de 2007. Dans ce genre d'exercice, on peut parfois livrer des secrets, éclairer une période mal connue ou régler des comptes.

Manifestement, tu n’as pas hésité à verser dans ce travers – le plus lucratif de nos jours - mais toujours contreproductif pour un dirigeant politique de gauche qui prétend combattre, en priorité, la droite.

Au travers de ce livre, tu réécris une histoire dont nous avons tous été acteurs à des niveaux divers. Cette campagne pour nous n'a pas été la première, mais c’est la première fois que nous sommes attaqués publiquement de la sorte par un dirigeant.

Pourtant, des campagnes, nous en avons connues beaucoup et nous n’avons pas attendu la « révélation Mennucci » pour savoir comment se mettre en ordre de bataille, mener une campagne et gagner des élections. La direction du Parti socialiste et ses candidats ont toujours pu s’appuyer sur tous les permanents pour atteindre ces objectifs.
Notre proximité avec telle ou telle sensibilité (bien compréhensible puisqu’une organisation politique est avant tout composée de militants) n’a jamais affecté notre conscience des enjeux politiques auxquels nous sommes soumis et nous pensons, contrairement à toi, que la diversité des sensibilités fait la force de la rue de Solférino, car l'expérience c'est aussi une mémoire.

Nous travaillons avant tout pour l’intérêt collectif du Parti. Mais, comme le veut l’expression : « il n'y a pas de mauvais soldats, il n'y a que des mauvais généraux ». Tu ne peux pas te défausser sur les troupes des manquements d'un état-major de campagne qui a pratiqué la défiance en permanence.

Car cette situation, nous l'avons subie, nous ne l'avons pas organisée comme tu le prétends, elle nous a été imposée par l'organisation que tu as mise en place au « 282 ».

Devons-nous te rappeler que, malgré les réticences de ton équipe, à plusieurs moments décisifs dans la campagne, vous êtes venus nous chercher, qu'il s'agisse de faire une synthèse politique et exploitable des débats participatifs, de rattraper les hésitations sur le Contrat Première Chance ou de rédiger les fiches argumentaires sur le Pacte présidentiel.

Dans cette campagne, nous avons parfois été dépossédés parce qu'on s'est défiés de nous, mais sans nous, aucune faiblesse n'aurait été compensée, aucune tâche politique n'aurait été réussie.

Ton parcours de militant aurait dû t'inspirer un autre rôle que celui d'un procureur.

Puisque tu es un dirigeant politique, nous nous doutons des intentions d'un tel livre. Quand « on veut tuer son chien, on l'accuse de la rage », c'est bien connu. Mais tu n'as pas le droit d'instrumentaliser les salariés du siège du PS pour régler des querelles politiques.

Ta démarche est préjudiciable à l'ensemble du Parti, aux salariés qui le font vivre, aux militants qui croient en lui et elle ne profite qu'à la droite. En agissant ainsi, tu deviens un allié objectif de notre adversaire qui se frotte les mains en comptant les points.

Une dernière chose : tu sembles considérer le geste qui nous a été consenti comme indu , n'as-tu pas toi-même perçu - indûment donc - le solde de tout compte de ton CDD à l'issue de la campagne, malgré la défaite ? Puisque tu as mis en avant le montant de notre prime, quel fut celui de la tienne ?

Pendant que tu affûtais tes flèches à notre égard, nous, permanents du Parti socialiste, nous n’avons pas abandonné le combat qui fonde notre engagement : battre la droite pour faire vivre nos idées.

Les permanents du Parti socialiste


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