Exclusif : les journalistes du Parisien dénoncent leur actionnairePhilippe Cohen - Marianne | Mercredi 7 Octobre 2009 à 11:21 | Lu 6818 fois
Marianne2 publie la motion adoptée par l'assemblée générale des journaliste du quotidien hier soir. Après un long silence qui a suivi le limogeage brutal de Dominique de Montavlon et de deux autres hiérarques, et le départ de Noël Couédel, les journalistes du Parisien ont décidé de se faire entendre. Et de créer une société des journalistes. [Article modifié le 7 octobre à 11h20]
Après le limogeage du directeur de la rédaction Dominique de Montvalon, et de deux rédacteurs en chef, Philippe Duley et Gilles Verdez, on était étonné du silence de la rédaction. Il n'aura pas trop duré. Hier soir les journalistes se sont réunis en assemblée générale à l'appel de l'intersyndicale maison. On se souvient que le paysage syndical du quotidien a été « dégagé » avant l'été par quelques départs bien accompagnés de chèques circonstanciés. Mais il faut croire que le syndicalisme de presse est comme un genre de chiendent qui repousse toujours : 202 journalistes ont adopté une motion qualifiée non pas de défiance, mais comme de « vigilance », qui résonne comme un écho au coup de gueule de Nöel Couédel. La réunion a été« longue, attentive, impliquée», selon l'un des journalistes ayant participé. Plus préoccupant pour la nouvelle direction : parallèlement à cette AG convoquée par les syndicats, les journalistes du quotidien ont décidé de créer une Société des journalistes. Le Parisien était en effet l'un des rares grands organes de presse à ne pas compter dans ses rangs ce type d'instance. Le management du groupe Amaury ne peut donc que se féliciter de son coup de maître : avoir su, en très peu de temps, ressusciter un syndicalisme décapité et initier une société des rédacteurs.... Article mis à jour le 7 octobre à 7h. MOTION
Les journalistes de la rédaction du Parisien-Aujourd'hui en France réunis en Assemblée générale mardi 7 octobre:
- déclarent dénoncer la brutalité avec laquelle quatre responsables éditoriaux du titre ont été récemment licenciés et refuser toute violence à l'égard des membres de la rédaction et de toutes les autres catégories de personnel. - déclarent condamner l'installation délibérée d'un climat de déstabilisation de la rédaction visant à l'affaiblir et à la menacer par un plan d'économies plusieurs fois annoncé. - déclarent affirmer que la rédaction est dépositaire et garante de la qualité des journaux qu'elle fabrique chaque jour et qu'à ce titre, ils seront instransigeants pour préserver leurs conditions de travail, l'exercice de leur métier et chaque emploi. - déclarent rejeter la main mise de la direction générale sur le fonctionnement de la rédaction, remettant en cause son indépendance pour la première fois depuis que le journal est devenu un grand quotidien populaire. Motion votée à l'unanimité des 202 journalistes présents ou représentés à Saint-Ouen ce jour (6 octobre)
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