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Exclusif: les Bettencourt ont acheté l'île d'Arros avec de l'argent caché au fisc!Vincent Defait (à Genève) et Hervé Nathan | Jeudi 9 Septembre 2010 à 14:01 | Lu 22819 fois
A Genève, René Merkt, longtemps conseil de la famille Bettencourt, témoigne pour Marianne et explique que l’achat de l’Ile d’Arros a été effectué avec de l’argent dissimulé au fisc français. Mais ce n’est pas ce que recherche la justice française. Révélation.
Depuis le début de l’affaire Bettencourt, ni l’entourage de la milliardaire, ni les gestionnaires de l’île d’Arros, petit paradis situé aux Seychelles, ni les policiers n’ont voulu éclaircir un mystère : avec quel argent a été réalisée cette acquisition? Marianne est en mesure de lever un coin du voile : les 19 millions de dollars avec lesquels elle a été achetée aux descendants du dernier Shah d’Iran, la famille Pahlavi, proviendraient d’un compte inconnu du fisc français. Cette information nous été confiée par René Merkt, ex-avocat des Bettencourt en Suisse, qui a réalisé l’opération en 1999 : « pour l’achat, j’ai utilisé un compte vraisemblablement pas déclaré en France. Quand on prend un avocat suisse, ce n’est pas pour avoir une signature au bas d’un document français. » René Merkt, 77 ans, a eu une longue histoire avec les Bettencourt-Schueler : « Mon père était déjà l’avocat du père de Mme Bettencourt (Eugène Schueler, NDLR). Elle avait donc confiance en mon cabinet (…) j’ai été administrateur dans un certain nombre de filiales du groupe L’Oréal. Parfois, étant donné la fortune de Mme Bettencourt, elle avait des problèmes juridiques que j’étais chargé de régler. »
Jusqu’au jour où la gestion d’Arros échappe à René Merkt. « Jusqu’en novembre 2006, je n’avais qu’une cliente et propriétaire : Mme Bettencourt. Après, mystère. Maître Tavernier a pris le relais. » L’ile devient alors la propriété d’une fondation gérée par Me Goguel, avocat fiscaliste français, et Edmond Tavernier, avocat suisse. Les bureaux de René Merkt, comme d’Edmond Tavernier et une banque privée de Genève ont été perquisitionnés le 3 septembre par un juge genevois, à la demande du procureur Philippe Courroye dans le cadre d’une demande d’entraide judiciaire. Surprise ! Ce n’est pas la fraude fiscale pourtant quasi avérée que cherche la justice française, comme l’indique le juge Jean-Bernard Schmid : « Il ne s'agit pas d'une procédure fiscale ». Au Matin (quotidien vaudois), il précise : « Certaines personnes se soucient de savoir si Madame Bettencourt a été abusée », par les gestionnaires actuels de la fondation. La question fiscale est donc écartée. Seul importerait désormais de savoir si Liliane Bettencourt est une victime… Il est vrai que Liliane Bettencourt cumule les soucis avec son îlot de rêve. En 1999, André et Liliane Betteencourt n’ont, en fait, pas acheté l’île d’Arros elle-même à un neveu du dernier shah d’Iran, mais une société d’investissement, la D’Arros land establishment, sise au Lichtenstein et elle-même propriétaire de l’Ile d’Arros. La gestion en fût confiée à Carlos Verjarano (lire son interview à Rue 89 ). « C’était pour échapper à la complexité du droit foncier des Seychelles », explique-t-on aujourd’hui dans l’entourage de Liliane Bettencourt. En 2006, D’Arros Land Establishment serait devenue la propriété d’une autre fondation, elle aussi installée au Lichtenstein, destinée à la « préservation écologique de l’île », dotée par Liliane Bettencourt de 20 millions d’euros pour assurer son fonctionnement, et dont les responsables sont Edmond Tavernier et Fabrice Goguel. Edmond Tavernier l’avoue sans fard dans une interview donnée au Temps le 12 août dernier : « le but de cette opération était principalement de régulariser la situation fiscale d’une île dont Mme Bettencourt a souhaité faire l’apport ». Aujourd’hui, les amis de Liliane Bettencourt le soupçonnent, ainsi que Fabrice Goguel, d’avoir voulu capter la propriété de l’île. Une thèse que la justice s’empresse de vouloir vérifier…mais que nie l’intéressé : « ce montage a été mis sur pied avec l’accord express de Mme Bettencourt »… Pour Liliane Bettencourt, il est urgent de mettre fin à l’imbroglio, quitte à aller à Canossa. Pour obtenir des justices suisses et françaises, voire du Lichtenstein, qu’elle soit réintégrée dans ses droits de propriétaire, il faudra bien que la milliardaire admette qu’elle a fraudé et accepte de payer les arriérés d’impôt sur la fortune au fisc français, plus les pénalités. D’après nos informations, elle s’y serait résolue.
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