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Marianne2

Exclusif: le dernier ministre du gouvernement Fillon

Sylvain Lapoix | Mardi 24 Février 2009 à 07:00 | Lu 15488 fois

Entre Pécresse conspuée par les profs et Jégo cloué par les Antillais, la côte des ministres s’effondre. Résultat : ils sont tout simplement remplacés par des ministres bis, comme Albanel par Marin Karmitz, ou disparaissent en silence. Seuls les ministres de l’ombre, comme Hubert Falco tirent leur épingle politique du jeu.



Hubert Falco, le dernier ministre actif de François Fillon ? (photo : capture hubert-falco.com)
Hubert Falco, le dernier ministre actif de François Fillon ? (photo : capture hubert-falco.com)
La dernière fois qu’ils ont été vus, ils étaient réunis studieusement autour de la table des négociations avec les syndicats le 18 février. Depuis, presque plus de nouvelles des 38 membres du gouvernement et de leur chef, François Fillon. L’actualité les a décimés, un à un, et la discrétion observée depuis la manifestation du 29 janvier s’est mué en silence alors que le président de la République donne plus de voix que jamais sur les ondes et sur la scène internationale. Seul Xavier Bertrand s’en est sorti… en fuyant le ministère du Travail avant la fin des négociations sur l’assurance chômage et le début des manifestations anti gouvernementales !

Les ministres étouffés par la rue
Il y a encore quelques jours, Valérie Pécresse tenait avec arrogance la barre du ministère de l’Enseignement et de la Recherche face aux étudiants, enseignants, chercheurs et personnels des universités unis contre la Loi relative aux libertés et responsabilités des universités. Mais l’arrivée dans le jeu de certaines autorités (académiciens des sciences, Axel Kahn et autres présidents d’universités) et la persévérance des profs dans toute la France ont miné sa résistance.

Même tarif pour Yves Jégo, dont la crédibilité a été déchirée par les hésitations de Matignon et les retards catastrophiques de l’Etat dans la gestion de la crise aux Antilles. La presse guette désormais quotidiennement l’aveu d’impuissance, voire l’annonce de son départ. Celui qui s’est tellement tassé face à la contestation guadeloupéenne qu’il a reconnu l’inutilité de son ministère aurait déjà annoncé sa probable démission dans son propre cabinet…

La multiplication des « pseudos ministres »
En lieu et place du secrétaire d’Etat, ce sont deux médiateurs qui ont renoué langue avec les syndicats sur l’île. Un exemple parmi d’autres de la multiplication des pseudos ministres et autres commissions ad hoc interministérielles qui pullulent à Matignon et à l’Elysée.

Plus impopulaire que jamais, Christine Albanel n’a même pas eu l’honneur de coprésider le «Conseil de la création artistique», ministère de la Culture bis, confié au patron des cinémas Mk2, Marin Karmitz, pour jouer la conciliation avec le monde de l’art et du spectacle foncièrement sarkophobe. Maladroit dans sa façon d’amener la réforme des lycées, le ministre de l’Education nationale a été littéralement remplacé par Richard Descoings sur le dossier, à qui Nicolas Sarkozy a demandé de reprendre ce volet «à zéro». Sympa pour les états de service du pédagogue Xavier Darcos !

Quant à la jeune et ambitieuse Nathalie Kosciusko-Morizet, elle a glissé de secrétaire d’Etat à l’Ecologie à la Prospective et aux Nouvelles technologies où elle ne se prononce même pas sur la loi Hadopi (sur laquelle Albanel continue de souffrir), préférant parcourir le monde en bloguant sur le site de la Cité des Sciences et de l’Industrie !

Dans l’ombre, une poignée de secrétaire d’Etat travaillent
Après avoir été privée du Sport,  Roselyne Bachelot, en délicatesse avec le milieu hospitalier, s’est vue confisquer la gestion de la Jeunesse au profit du très populaire Martin Hirsch, déjà Haut commissaire aux Solidarités actives.

En ces temps de crise, les « petits ministres » se sortent plutôt bien du marasme. Hervé Novelli, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des PME, du Tourisme et des Services (rien que ça !) s’est illustré avec la création du statut auto-entrepreneur qui, malgré quelques ratés (tous les décrets d’applications n’étaient pas prêts lors de son lancement !), connaît un franc succès : 67000 déclarations annoncées en un mois et demi d’existence qui renforcent sa position politique en vue des régionales dans le Centre.

Se ranger en attendant le coup de maillet du remaniement
Même chose pour le secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire Hubert Falco, peu médiatisé mais omniprésent dans la lise en place du plan de relance où il apparaît toujours en homme de terrain derrière Patrick Devedjian, ministre au rabais. Un beau marche-pied pour les régionales en Provence Alpes Côte d’Azur où Falco espère piquer la présidence au socialiste Michel Vauzelle.

Nombreux sont les ministres qui cherchent une porte de sortie honorable dans les futurs scrutins : Pécresse et Karoutchi aux régionales de 2010, Barnier et Dati aux européennes de juin 2009… même Rama Yade, tombée en disgrâce pour avoir refusé de siéger au Parlement de Strasbourg semble caresser l'idée de se présenter aux régionales pour rattraper le coup. Face à la chute du Président et de son Premier ministre dans les sondages, chacun cherche à préparer ses arrières pour ne pas se retrouver coincé sous le coup de maillet du futur remaniement prévu avant les élections européennes. La dernière rumeur en date ? Nadine Morano pourrait être nommée à l’Education nationale : c’est dire la déroute !





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