Connectez-vous S'inscrire
Marianne2

Exclusif: l'USM appelle Mam à poursuivre Zemmour

Philippe Cohen - Marianne | Mercredi 27 Janvier 2010 à 17:07 | Lu 52101 fois

Lundi 27 janvier, Eric Zemmour dénonce dans sa chronique sur RTL les juges qui ont libéré les Kurdes débarqués sur la plages corses. L'Union des syndicats de magistrats, le plus gros syndicat de la profession, a réagi violemment en exigeant du Ministre de la Justice des sanctions contre le journaliste.



Exclusif: l'USM appelle Mam à poursuivre Zemmour
C'est vrai, Eric Zemmour n'y va pas avec le dos de  la cuillère. Mais c'est exactement la promesse éditoriale de sa rubrique radiophonique sur RTL, Z comme Zemmour.
Hier donc, le journaliste, qui travaille par ailleurs au Figaro, s'en est pris de façon polémique à la décision des juges des libertés de faire libérer les malheureux clandestins kurdes débarqués ce week-end. regardez pour vous faire une idée :

La lettr de l'Union des syndicats de magistrats

A présent, voici la lettre que le premier syndicat de magistrats a expédié au Ministre de la Justice Michelle Alliot-Marie, et que Marianne2.fr s'est procurée :

                                                                                                      Paris, le 26 janvier 2010


 

 

 

Madame le Ministre d'Etat,

 

 

 

Ce matin même, sur la radio RTL, le chroniqueur Eric ZEMMOUR a tenu des propos inadmissibles à l'encontre des magistrats, et plus particulièrement à l'encontre de ceux ayant eu à connaître du contentieux des étrangers en situation irrégulière.

 

En effet, M.ZEMMOUR n'a pas hésité à accuser certains magistrats d'user de leurs fonctions à des fins partisanes en raison de leur appartenance syndicale, et ce faisant de « mener une guerre contre les gouvernements essayant d'endiguer l'immigration clandestine », en « s'amusant à libérer des clandestins ». Il a notamment reproché aux juges qui ont été amenés à remettre en liberté des personnes déférées dans le cadre de ces procédures de « dénicher l'erreur de procédure qui ruinera le travail policier », de « défaire par leur pinaillage juridique le travail policier », tout en se « drapant dans le respect du droit alors qu'ils prêchent la morale droit de l'hommiste », de « faire jouer les conventions européennes contre le droit national , alors qu'ils jugent au nom du peuple français », et de « se donner le frisson de sauver ceux qu'il assimilent aux juifs persécutés par les nazis , alors qu'ils mènent une guérilla contre une loi démocratiquement voulue ».

 

Ces accusations extrêmement graves portées à l'encontre de magistrats, qui sont de fait traités de factieux violant leur obligation d'appliquer la loi, sont, s'il était possible, aggravées par la suite des propos, puisque M.ZEMMOUR les qualifie de surcroît « d'alliés objectifs des mafias de passeurs et des patrons exploiteurs de main d'oeuvre bon marché », « sapant la protection sociale, les politiques d'intégration, et pourrissant la vie des classes laborieuses ».

 

L'Union Syndicale des Magistrats s'insurge contre ces propos outranciers, qui visent à discréditer de manière fallacieuse l'institution judiciaire et ceux qui la servent. M.ZEMMOUR semble en effet oublier que les décisions qu'il critique ont été prises en application des lois relatives au séjour des étrangers, lois qui imposent à l'Etat de respecter certaines procédures, et ce à peine de nullité. Les juges se sont donc bornés à faire respecter par l'Etat les règles votées par la représentation nationale.

 

L'Union Syndicale des Magistrats rappelle qu'il n'est pas concevable, dans un Etat de droit, d'exiger des juges, pour soutenir telle ou telle politique, qu'ils piétinent la loi alors qu'ils ont pour devoir de l'appliquer.

 

Depuis votre arrivée au Ministère de la Justice, vous avez indiqué à plusieurs reprises que vous soutiendriez systématiquement les magistrats lorsque ceux-ci se trouveraient injustement mis en cause.

 

L'Union Syndicale des Magistrats vous demande donc quelle mesure vous entendez prendre en réaction à ces propos inacceptables, qui tendent à discréditer l'institution judiciaire, et affaiblissent l'autorité de l'Etat.

 

Veuillez croire, Madame le ministre d'Etat, en l'assurance de ma haute considération.

 

 

 

                                                                     Christophe REGNARD

                                                                     Président


On lira cette lettre comme l'on voudra. Le conflit de deux légitimités, celle de la justice et celle du journalisme. On notera cependant qu'Eric Zemmour, quoiqu'on pense de ce qu'il dit, n'émettait qu'une opinion. Tandis que l'USM a fait une lettre de délation exigeant une mesure, c'est-à-dire probablement une plainte, contre un journaliste.



MOT-CLÉS : eric zemmour, justice, kurdes, mam, rtl, usm
Accueil Accueil    Envoyer Envoyer    Imprimer Imprimer    Partager Partager


Dans la même rubrique :
< >

Samedi 31 Juillet 2010 - 14:01 Dossier: les Roms

Samedi 31 Juillet 2010 - 14:01 Quand Obama distribue les bons et mauvais points en Europe



  • Publiez vos commentaires
  • Mettez en favori vos articles préférés
  • Suivez l'activité des membres


La newsletter Marianne Le groupe Facebook Marianne Marianne sur Twitter Marianne sur votre Mobile






© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72