Exclusif : Un proche de Parker attaque en référé l'ouvrage révélant son réseau d'influencePérico Légasse | Mercredi 24 Octobre 2007 à 13:29 | Lu 12349 fois
L'ouvrage d'Hanna Agostini, une ancienne collaboratrice, qui dénonce les pratiques du célèbre critique oenologique, est menacé d'être retiré de la vente par une procédure d'un ami proche de Robert Parker.
Robert Parker, anatomie d’un mythe, éditions Scali, 2007
Alain Raynaud, propriétaire de Château Quinault-l’Enclos, grand cru de Saint-Emilion, en Gironde, et ami intime du journaliste américain Robert Parker, dont les publications peuvent faire et défaire la réputation d’une étiquette, notamment dans le bordelais, vient de déposer une plainte en référé, jugée le 24 octobre à 14h30 au tribunal de Bordeaux, contre Hanna Agostini et les Editions Scali. Alain Raynaud estime en effet que l’ouvrage «Robert Parker, anatomie d’un mythe», dont Marianne publie cette semaine les bonnes feuilles en exclusivité, contient des passages attentatoires à sa vie privée et demande à la justice d’interdire la parution du livre tant que les allusions incriminées n’en auront pas été retirées.
Hanna Agostini y relate en effet que Robert Parker, qui se défend de toute collusion et de toute amitié avec des producteurs de vin au nom de son intégrité professionnelle, est le parrain de la fille d’Alain Raynaud. Ce dernier, s’appuyant sur un certificat de baptême de l’église catholique, affirme qu’il n'en est rien. Curieux, car, lorsque notre confrère Nicolas de Rabaudy, émérite critique de vin, très introduit dans l’univers des grands crus du bordelais, avait lui-même écrit dans la revue « Trois étoiles » que la fille d’Alain Raynaud était la filleule de Parker (l’info avait fait grand bruit) personne n’avait rien trouvé à redire. En fait, lorsque ce détail familial est présenté à l’avantage de M.Raynaud, celui-ci s’en satisfait comme d’un titre honorifique. En revanche quand l’anecdote le rapproche un peu trop d’un gourou aux vertus contestables, tant dans le film Mondovino que par les révélations d’Hanna Agostini, il y a atteinte à la vie privée. A défaut de trouver des odeurs de soufre dans ses vins concentrés et surboisés, Alain Raynaud en découvrirait dans ses amitiés. Le plus probable est que tous les prétextes sont bons pour retarder ou empêcher la parution d’un ouvrage extrêmement dérangeant pour l’aristocratie et l’ologarchie viticoles bordelaises. Il reste à espérer que la justice ne se laissera pas impressionner par cette demande exorbitante qui porte atteinte à la liberté éditoriale. Dans la même rubrique :
|
|
||

Imprimer
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Accueil
Envoyer
Partager
Digg
Del.icio.us
Wikio
Facebook
Google
MySpace
Twitter
LinkedIn
Viadeo







