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Europe écologie: le baby blues de Dany, le spleen des élus

Jeudi 19 Août 2010 à 20:51 | Lu 6678 fois I 16 commentaire(s)

David Doucet - Reversus

La première journée de l'Université d'été a vu le conflit rebondir entre les Verts et Europe écologie tandis que les parlementaire se lamentaient sur leur faible poids dans les assemblées. D'où l'éternelle question de l'alliance avec le PS.


Europe écologie: le baby blues de Dany, le spleen des élus
La première journée des universités d’été d’Europe Ecologie s’est déroulée sous un climat pesant. Alors que la guerre des clans continue comme si de rien n’était, les parlementaires d’Europe Ecologie tentent d’imposer une formation commune…
Aux déclarations de Corinne Le Page sont venues s’ajouter les petites phrases échangées entre Jean Vincent Placé et Dany Cohn Bendit en marge du meeting. Le leader écologiste visiblement dépité par ce climat délétère a même affirmé : « Les problèmes de fusion entre Europe Ecologie et les Verts culturellement ça me dépasse ».

La guerre des chefs éclipse les débats de fond

Noël Mamère comme d’autres parlementaires tentent pourtant de relativiser cette guerre des chefs : « Il s’agit d’une réaction temporaire. Dany semble atteint par le syndrome du baby blues après avoir fait éclore Europe Ecologie, c’est logique ! ». Barbara Pompili coordinatrice des députés Verts affirme d’ailleurs « qu’il ne peut plus y avoir de machine arrière dans le processus de fusion, d’ailleurs notre dernière élue Anny Poursinoff le fut sous l’étiquette d’Europe Ecologie ». Pendant ce temps là, Cécile Duflot martelait sur tous les médias qu’au terme des assises politiques le 15 novembre à Lyon, il y aurait un « mouvement définitivement unifié ».

Des parlementaires qui tentent d’exister

Parmi les séances phares de la journée était organisé une réunion consacrée à l’activité parlementaire des élus écologistes. La présentation powerpoint qui introduit la séquence tente de démontrer le poids des forces écologistes au Parlement avec une batterie de chiffres : 45 lois examinées à l’Assemblée Nationale et au Sénat durant l’année 2010, 31 articles en moyenne par député et 19 propositions de lois déposées.
 
Mais très vite, le voile se fissure et les élus se livrent sans détour aux militants en regrettant les limites de leur pouvoir parlementaire. D’ailleurs pour exister au sein de l’Assemblée Nationale, les Verts siègent depuis juin 2007au sein d’un groupe hétéroclite : « Gauche démocrate et républicaine » constitué de représentants du Parti Communiste et du Parti de Gauche.
 
Tour à tour, les parlementaires écologistes ont pourtant tenté de démontrer l’importance et la nécessité de leur travail dans l’hémicyle. La sénatrice Marie-Christine Blandin est revenu par exemple sur son rôle lors de la dénonciation des contrats passés avec Sanofi Aventis au moment de la pandémie grippale tandis que sa collègue Alima Boumedienne s’est attardée sur la position très ferme des verts concernant la réforme de la procédure pénale. Mais Jean Desessard sénateur de Paris semblait plus résigné : « Bien souvent, notre rôle au sein du Sénat consiste uniquement à corriger des lois sur le plan formel. » Marie Christine Blandin lui répond de concert : « C’est vrai que notre rôle est peu visible à part si je souhaite dire du mal de tel ou tels leaders des Verts, dans ces cas là on serait prêt à m’offrir une tribune » lâche t-elle dépitée.
 
Le député François de Rugy temporise : « Il ne faut pas s’auto-flageller. Je reconnais que lorsque nous déposons une proposition de loi, il y a une chance sur 1000 qu’elle passe mais c’est le travail et les échanges réalisés  à l’extérieur du Parlement qui sont intéressants Actuellement, nous le savons, nous ne pouvons pas peser politiquement ».

La question d’une alliance avec le PS continue de diviser…

Très vite aux interventions des parlementaires se sont succédées les questions des militants au sujet de l’alliance avec le Parti Socialiste, point de salut pour obtenir un groupe parlementaire plus important. Mais les élus se montrent prudents et bottent rapidement en touche tant la question semble taboue à l’heure actuelle…


Pourtant Europe Ecologie se bat depuis le meeting de Montreuil organisé en Janvier pour la négociation d’un accord d’alliance avec le Parti Socialiste en vue de l'élection présidentielle, ceci afin de pouvoir obtenir une cinquantaine de sièges (ou au moins une trentaine) de députés. Dernièrement Yannick Jadot se montrait plus modeste sur les prétentions d’Europe Ecologie mais pas moins convaincu par cette solution qui « offre pas mal d’avantages (...) et qui permettrait de négocier 30 circonscriptions gagnables et même des postes de ministres. »

Mais cette hypothèse a peu de chances d’aboutir tant les Verts y sont hostiles, attachés qu’ils sont au symbole d’une Ecologie politique autonome et affirmée sur le devant de la scène politique. Quoiqu’il en soit, malgré la volonté manifeste des élus écologistes de présenter une diversité des activités parlementaires au sein du courant écologiste, on sent l'absence d'une colonne vertébrale idéologique au sein d’une formation qui semble additionner les francs-tireurs. Si un accord sur le calendrier et le nom du futur mouvement semble avoir été trouvé entre Verts et non-Verts, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre le stade de la maturité…










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