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Europe : Guaino cajole le non, Sarkozy s’en moque

Philippe Cohen | Mercredi 14 Novembre 2007 à 09:03 | Lu 10961 fois

Dans son discours prononcé mardi 13 novembre à Strasbourg, le président commence par un discours noniste avant de se moquer du monde.



«L’Europe, ce ne peut pas être qu’une machine, une machine administrative, une machine juridique, une machine à édicter des normes, des règlements, des directives, une machine à fabriquer des contraintes, des règles, des procédures. Elle ne peut pas être tenue à l’écart de la vie, à l’écart des sentiments et des passions humaines.
L’Europe n’est une réalité, l’Europe n’a une chance d’exister pleinement que si pour des millions d’hommes et de femmes elle est vivante, si elle parle à leur cœur, si elle est pour eux l’espoir d’une vie, d’un monde meilleur, si elle est un grand idéal, une grande promesse.
L’Europe se fera avec les peuples, elle ne se fera pas sans eux, elle ne se fera pas contre eux.
Quand les peuples disent « non », il ne faut pas se dire que les peuples ont tort, il faut se demander pourquoi les peuples ont dit « non ».
(…) Je crois à la démocratie. Je crois que l’Europe doit être la plus démocratique possible. C’est pourquoi j’ai toujours considéré que l’on ne rendait pas service à la cause de l’Europe en récusant le débat, en taisant les divergences, en étouffant les critiques.
J’ai toujours pensé qu’il fallait à l’Europe plus de débat, plus de démocratie et au fond plus de politique et non pas moins.
Je suis convaincu que c’est parce qu’il n’y avait plus assez de débat, de démocratie et de politique dans l’Europe que tant d’hommes et de femmes s’en sont détachés.»


Incroyable discours de Nicolas Sarkozy devant le Parlement européen. On le voit ci-dessus, le Président proclame l’impérieuse nécessité de tenir compte de la signification du non au TCE et de refonder l’Europe avec les peuples. Belles phrases, beau discours que n’aurait renié aucun partisan du Non. Le problème est que le Président fait juste le contraire de ce qu’il dit au Parlement européen puisque, comme l’a bien établi Valéry Giscard d’Estaing, il n’y a que des différences de forme entre le TCE et le Traité dit simplifié que la France et, désormais, l’Union européenne, propose de faire adopter par les parlements :

«Les outils sont exactement les mêmes. Seul l'ordre a changé.»

En réalité, le discours européen de Sarkozy sur le sujet ne tient pas devant les arguments de la raison. Le traité n’est ni simplifié ni résumé car il reprend toutes les dispositions qui furent contestées lors du débat sur le référendum de 2005. Si les partisans du référendum, qu'ils soient ou non favorables au Traité de LIsbonne, parviennent à imposer le débat, la position présidentielle sera intenable.



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