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Europe, USA, Chine, chacun cherche sa sortie de crise

Bernard Maris | Lundi 30 Mars 2009 à 07:00 | Lu 4296 fois

Avec France Inter la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Qui revient pour décrypter le G20 qui s'ouvre jeudi 2 avril à Londres.



Hidden faces G20 - Steve Punter - Flickr, cc
Hidden faces G20 - Steve Punter - Flickr, cc

Ah ! comme on l’attend cette réunion du G 20 à Londres qui doit débuter jeudi. Je rappelle ; G20 : France, GB, Etats-Unis, Allemagne, Italie, Russie, Japon, Canada, plus l’Union Européenne, Plus l’Espagne et la Hollande, plus 9 pays émergents : Argentine, Arabie Saoudite, Afrique du Sud, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique, Turquie.
On refait la planète financière, on redéfinit les règles du jeu de la finance internationale, mais, au-delà, ne nous y trompons pas, c’est la refondation politique du monde qui est en question. Au menu : la lutte contre les paradis fiscaux, la redéfinition des règles prudentielles des intermédiaires financiers, des règles comptables, des agences de notation ; le rôle des superviseurs, FMI, Banque mondiale, Banque des règlements internationaux. On parlera peut-être du climat. Et, éventuellement, des mesures de relances mondiale .
Les Etats-Unis et l’Europe ne sont pas d’accord sur ce point. Les Etats-Unis veulent une relance mondiale. En vérité, les Etats-Unis, qui sont véritablement à l’origine de la crise avec leur surendettement, voudraient bien faire partager celui-ci au reste du monde. L’Europe, elle, pense plutôt à une nouvelle régulation. En particulier, elle voudrait mettre à bas les normes comptables américaines, qui ont été largement responsables de cette suraccumulation financière qui a conduit à la crise. Elle souffre un peu moins que les Etats-Unis, et elle n’a pas envie de prendre en charge le refus d’épargne américain.

Du coté de la Chine, c'est aussi le grand suspense. La Chine serait assez favorable à une monnaie internationale qui dominerait toutes les monnaies du monde. Ce qui semble dire qu’elle est prête à remettre en cause le pacte tacite signé avec les Etats-Unis sur la parité du Yuan et du dollar. Ce qui exigerait un renforcement des pouvoirs du FMI, réclamé par Dominique Strauss-Kanh. DSK se voit bien à la tête d’une institution gérant au moins 500 milliards de dollars.
Enfin les paradis fiscaux. C'est grâce à eux que les grands groupes américains échappent à l’impôt. C’est grâce aux paradis fiscaux que Boeing a pu concurrencer Airbus, qu’AIG a pu conquérir le marché mondial de l’assurance, que de gigantesques fonds d’investissements comme Blackstone, Carlyle ont pu s’emparer des grandes entreprises mondiales... Résumé : l’Amérique veut-elle abandonner son hégémonie financière ? On peut en douter...

La phrase : « Le sens, quel peut bien être le sens de tout cela ? » Voyage au phare, Virginia Woolf



MOT-CLÉS : dsk, fmi, g20
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