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Et si Marine Le Pen ne pouvait être candidate ? Panique à bord

Mercredi 1 Février 2012 à 05:00 | Lu 32191 fois I 52 commentaire(s)

Journaliste à Marianne, il suit le Front National pour les campagnes 2012. En savoir plus sur cet auteur

Les promesses de parrainages des élus ne sont pas au rendez-vous, c’est désormais certain. Recours au Conseil d’Etat, démarche auprès du conseil constitutionnel, amendement au Sénat et à l’Assemblée pour exiger l’anonymat des signatures, interpellation du Président de la République. La bataille politique fait rage pour débloquer la situation. Marine Le Pen est-elle vraiment victime de l’UMPS ?


Et si Marine Le Pen ne pouvait être candidate ? Panique à bord
L’inquiétude monte dans le staff de campagne de Marine Le Pen. Et si elle ne réunissait pas les 500 parrainages nécessaires au dépôt de sa candidature à l’élection présidentielle ? « A ce jour, a-t-elle déclaré au cours d’une manifestation qu’elle a organisé le 31 janvier devant le Sénat pour réclamer l’anonymat des signatures qui selon elle permettrait de débloquer la situation, j’en ai réuni 340. Nous sommes en retard de 70 à 80 par rapport à la même époque de 2007 quand nos militants allaient chercher les parrainages pour Jean-Marie Le Pen. »
Pour elle pas de doute, « les maires subissent des pressions. Et comme l’amendement que le courageux sénateur Jean-Louis Masson a déposé rétablissant l’anonymat ne sera pas voté, il faut que le Président de la République prenne des dispositions pour que soit levée l’obligation de publication des signatures. »
Le retour à la discrétion des parrainages, voilà donc la solution. « Même le président de l’association des maires de France, Jacques Pelissard (UMP), est favorable à l’anonymat » glisse Florian Philippot, le directeur stratégique de la campagne de Marine Le Pen cherchant à conforter l’idée qu’une grève des maires pénalise sa candidate. « C’est totalement faux, nous a déclaré l’intéressé, l’AFP a déformé mes propos. Je n’ai jamais rien dit de tel. Il faut au contraire que les maires assument leurs choix et ne travaillent pas dans l’opacité. Mais, il y a un problème, c’est vrai. On confond désormais parrainage et soutien, et c’est dommage. Concernant Marine Le Pen, on ne peut imaginer qu’elle ne puisse être candidate. Aux grands partis de prendre leurs responsabilités. »
 
Pourquoi est-ce si difficile ?
Acculée, la candidate cherche donc un coup de pouce au plus haut niveau. Comme d’ailleurs en 2007, selon nos informations, l’Elysée en avait offert un à son père. Mais à l’époque, il ne manquait qu’une vingtaine de précieuse signature. Cette année, l’écart risque d’être plus large. Une centaine ? Au train où semble aller les choses, le chiffre est plausible. Reste à comprendre pourquoi la moisson est si difficile.
Nous avons réalisé une enquête auprès de 70 maires ayant apporté leur parrainage à Jean-Marie Le Pen en 2007. Nous en avons publié les résultats dans Marianne du 28 janvier dernier. Très peu font état de réelles pressions : elles se limitent à des regards noirs de membres de leur conseil municipal. Aucun ne reconnaît avoir subi de chantages aux subventions. Les forces militantes du FN ne seraient-elles pas plutôt en cause, comme nous l’a laissé entendre Carl Lang, ex-secrétaire général du FN exclu en 2009, fondateur du Parti de la France et candidat à la présidentielle? Il estime, lui, pouvoir réunir les 500 précieux viatiques. « Dans l’Eure, nous avons démarché 45 maires, aucun n’a vu un militant du FN » nous a-t-il affirmé.
 
2007 n’est pas 2002
Notre enquête conclut différemment de ce que certains de nos confrères (Le Parisien, Mediapart) ont rapporté. A y regarder de plus près, une différence méthodologique apparaît : ils se sont adressés à des maires signataires pour Jean-Marie Le Pen en 2002. Or, le rejet du candidat du Front National parvenu au second tour cette année là a été tel que ceux qui ont facilité son élection ont été montrés du doigt. D’où les menaces, « les insultes mêmes », selon Jacques Pelissard. Rien de tel en 2007 selon les témoignages que nous avons recueilli où le score de Jean-Marie Le Pen s’est effondré.  Les maires ne font donc pas grève.
Si les soutiens passés du FN ne sont pas au rendez-vous, ne serait-ce pas plutôt que personne ne vient les voir ? Ou alors qu’ils n’ont pas été réélus en 2008. Ou qu’ils préfèrent signer pour un autre candidat. Mais de cela, Marine Le Pen ne souffle mot. Et préfère se présenter en victime de « l’UMPS »





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