Enseignant, une vocation en voie de disparition ?
Lundi 20 Décembre 2010 à 18:01 | Lu 16071 fois I 36 commentaire(s)
L'Hérétique - Blogueur associé
Qu'il est loin le temps où le métier de professeur était sacralisé par la société et les politiques. Armés de leurs réformes de l'Éducation nationale, les gouvernements auraient tiré à boulets rouges sur les conditions de travail des enseignements, au point que les jeunes désertent aujourd'hui le professorat. Et cela n'augure rien de bon pour l'avenir, selon L'Hérétique.
Tiens, tiens... Ce que je prédisais il y a un an, je crois, prend forme à l'évidence. Les candidats désertent les concours de l'Éducation nationale.
Ils sont drôles les comiques du ministère qui reconnaissent «moins de deux candidats présents pour un poste en lettres classiques ou en maths». En lettres classiques, il y avait 135 candidats pour 185 postes ! Le ratio est comparable en mathématiques : il n'y avait que 1 300 à 1 500 candidats présents pour 945 postes et encore... Un œil attentif sur l'édito de Didier Missenard du Café Pédagogique lève le voile qui recouvre pudiquement le pot aux roses : en somme, les futurs lauréats seront en grande partie des recalés des années précédentes.
Et pendant que les jeunes Français désertent le professorat, ces cons continuent à tirer à boulets rouges sur les enseignants. Il faut dire que le rapport des sieurs Xavier Breton et Yves Durand est une anthologie à lui tout seul. Jugez donc de la tonalité de la prose.
Après avoir flingué la formation des jeunes enseignants, ce gouvernement s'apprête à les faire travailler plus, et tente de redéfinir leur temps de travail sous des prétextes fallacieux : les sieurs Durant et Breton écrivent ainsi qu’elle ne contribue pas à l’objectif de la réussite de tous les élèves, la définition du service des enseignants du second degré dessert ces personnels auprès de l’opinion publique.
Ah, l'opinion publique... Quel tas d'abrutis. J'ai démontré, il y a peu, que les enseignants n'étaient même plus dans les classes moyennes, désormais. Dans leurs premières années, ils font partie des classes populaires, des milieux modestes. Tous les projets de réforme en cours n'ont qu'un seul objet : dégrader les conditions d'exercice de leur métier. Mais rassurez-vous, les gars, ça marche : les candidats commencent à déserter les concours, comme je l'avais anticipé, et je peux même faire encore mieux que la Pythie de Delphes dans les prédictions. Écoutez l'Oracle de l'Hérétique : ça va s'aggraver !
Ils sont drôles les comiques du ministère qui reconnaissent «moins de deux candidats présents pour un poste en lettres classiques ou en maths». En lettres classiques, il y avait 135 candidats pour 185 postes ! Le ratio est comparable en mathématiques : il n'y avait que 1 300 à 1 500 candidats présents pour 945 postes et encore... Un œil attentif sur l'édito de Didier Missenard du Café Pédagogique lève le voile qui recouvre pudiquement le pot aux roses : en somme, les futurs lauréats seront en grande partie des recalés des années précédentes.
Et pendant que les jeunes Français désertent le professorat, ces cons continuent à tirer à boulets rouges sur les enseignants. Il faut dire que le rapport des sieurs Xavier Breton et Yves Durand est une anthologie à lui tout seul. Jugez donc de la tonalité de la prose.
Après avoir flingué la formation des jeunes enseignants, ce gouvernement s'apprête à les faire travailler plus, et tente de redéfinir leur temps de travail sous des prétextes fallacieux : les sieurs Durant et Breton écrivent ainsi qu’elle ne contribue pas à l’objectif de la réussite de tous les élèves, la définition du service des enseignants du second degré dessert ces personnels auprès de l’opinion publique.
Ah, l'opinion publique... Quel tas d'abrutis. J'ai démontré, il y a peu, que les enseignants n'étaient même plus dans les classes moyennes, désormais. Dans leurs premières années, ils font partie des classes populaires, des milieux modestes. Tous les projets de réforme en cours n'ont qu'un seul objet : dégrader les conditions d'exercice de leur métier. Mais rassurez-vous, les gars, ça marche : les candidats commencent à déserter les concours, comme je l'avais anticipé, et je peux même faire encore mieux que la Pythie de Delphes dans les prédictions. Écoutez l'Oracle de l'Hérétique : ça va s'aggraver !
Bientôt, l'enseignement ne sera plus assuré que par des personnels faiblement qualifiés, ayant échoué aux concours, parfois même pas titulaires d'une licence, recrutés à l'étranger en sciences. Et pour ceux qui auraient la naïveté incroyable d'imaginer que cela fera ainsi le lit de l'enseignement privé, qu'ils soient détrompés ! C'est souvent ignoré, mais, en moyenne, la qualification des enseignants du public est nettement supérieure à celles de ceux du privé. Le privé l'emporte grâce à son encadrement, et parce qu'il peut sélectionner ses élèves, ce que ne peut en aucun cas faire le public.
Quand les Français se réveilleront (s'ils se réveillent, parce que c'est tendance de faire de l'enseignant, l'alpha et l'oméga de la fainéantise ou encore un vil privilégié qui profite du système), il sera trop tard pour éviter le désastre.
Ce n'est pas pour casser l'ambiance, jeunes gens et jeunes filles qui vous portez candidats aux concours des métiers de l'enseignement, mais si j'étais vous, j'obliquerais pendant qu'il est encore temps. Lisez donc les rapports qui s'accumulent, et pour compléter votre édification, les programmes des partis politiques : vous n'avez pas le vent en poupe. Vous ne gagnerez pas un kopeck de plus, mais on vous retirera, en revanche, les maigres avantages dont vous bénéficiez encore jusque là.
Enfin, si portés par la foi, vous décidez de rester, battez-vous, les petits et les petites, parce que là, vous êtes dans la nasse, et jusqu'au cou...
Retrouvez les articles de l'Hérétique sur son blog
Quand les Français se réveilleront (s'ils se réveillent, parce que c'est tendance de faire de l'enseignant, l'alpha et l'oméga de la fainéantise ou encore un vil privilégié qui profite du système), il sera trop tard pour éviter le désastre.
Ce n'est pas pour casser l'ambiance, jeunes gens et jeunes filles qui vous portez candidats aux concours des métiers de l'enseignement, mais si j'étais vous, j'obliquerais pendant qu'il est encore temps. Lisez donc les rapports qui s'accumulent, et pour compléter votre édification, les programmes des partis politiques : vous n'avez pas le vent en poupe. Vous ne gagnerez pas un kopeck de plus, mais on vous retirera, en revanche, les maigres avantages dont vous bénéficiez encore jusque là.
Enfin, si portés par la foi, vous décidez de rester, battez-vous, les petits et les petites, parce que là, vous êtes dans la nasse, et jusqu'au cou...
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