Marianne2 2012

«Enfin, les députés socialistes se sont réveillés!»

Dimanche 25 Janvier 2009 à 07:00 | Lu 11541 fois I 113 commentaire(s)

Gérald Andrieu
Gérald Andrieu
Gérald Andrieu
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur

Près de 230 commentaires, le pu-putsch organisé par Nicolas Sarkozy au travers de sa réforme du travail parlementaire n’a pas laissé indifférents les Mariannautes. Ils sont nombreux à avoir salué la bronca des députés de l’opposition. Une bronca en chanson. Et pas n’importe laquelle : La Marseillaise !


« Enfin ils réagissent ! Enfin, ils se réveillent ! » , note l'omniprésent sur les forums, Georges Glise, « Il y a longtemps que les parlementaires de gauche auraient dû manifester, dire que ce qui leur est imposé à l'Assemblée, c'est mascarade et pitreries, que tous les pouvoirs réels étant concentrés dans la même main, Sarko fait ce qu'il veut avec ses députés-godillots, et que nous n'avons plus qu'un Parlement-croupion ! » Même satisfaction du côté de Laulau (« Il en a fallu du temps pour voir enfin cette gauche mollassonne se réveiller un peu. »), de Monique Ayrault (« Il y a longtemps que j'attendais qu'ils le fassent et ils l'ont fait... ») et de Franc Tireur Partisan (« Ca fait plaisir cette rébellion, enfin les tous mous du PS se réveillent. »). Et pour ce dernier de leur souffler les paroles d’une chanson qu’il ne connaît que trop bien : « Chantez compagnons, dans la nuit, la liberté nous écoute... » Claudel en aurait presque les larmes aux yeux : « Merci messieurs les députés pour cette petite bouffée d'oxygène. L'espace d'un instant, vous m'avez permis d'apercevoir cette France que j'aime et que je croyais morte à jamais. »


Mais si la grande majorité des Mariannautes approuve l’action de Jean-Marc Ayrault et de ses pairs, nombreux aussi sont ceux qui se demandent si, au final, elle ne va pas les desservir : « La chienlit parlementaire organisée par le PS, explique Robin, va permettre petit à petit de finir de discréditer le Parlement et permettre petit à petit d'instiller dans le peuple l’idée finalement qu'une bonne dictature résoudrait le problème. Comme ça, ça permet au PS de jouer le beau rôle des défenseurs de la démocratie tout en faisant enterrer ce qui reste de vie démocratique, tout ça en réalité en complicité cachée avec le pouvoir en place. » Pavi en arrive à la même réflexion que Robin : « Je me demande si l'attitude des socialistes ne va pas se retourner contre eux... La droite aura beau jeu de clamer que la “gauche” refuse le débat. Je me demande aussi si cette “grève” n'est pas l’arbre qui cache la forêt, ou plutôt le désert idéologique dans lequel le PS est tombé. À force de galvauder le socialisme et le dissoudre dans le libéralisme, qu'ont donc nos socialistes comme autre moyen pour se faire entendre que quelques coups de force comme celui-ci ? Quand on n'a plus d'idées ou du moins quand celles-ci sont finalement si proches de celles du camp d'en face, on essaie de faire du spectacle ! » Et pour Ego de venir en rajouter une couche : « Aussi réjouissante que soit la mini révolte des députés socialistes, elle offre à Sarkozy via les médias serviles — certains reprenant les arguments de Copé pour justifier la réforme de l’article 13 — l'opportunité de ridiculiser le Parlement et de faire valoir que seul un pouvoir exécutif fort peut faire face à la crise actuelle. Il en rêvait, les socialistes l'ont aidé. »


« Quand les chiens aboient… »

Mais Ego se trompe. Comme le note Kiravi, il n’y a pas que des socialistes dans les rangs des opposants à la réforme du travail parlementaire : «Plusieurs députés de droite sont solidaires, ça commence à sentir le roussi ! L'un d'entre eux a même espéré que le Conseil constitutionnel retoque ce texte qui est emblématique du recul démocratique en France. À suivre.» La suite ? Robert18 l’appelle de ses vœux : «Quand les chiens aboient, il arrive que la caravane ne passe pas» !


En attendant, Pavi (encore lui !) voit dans ce mouvement de mécontentement de l’opposition un symptôme de «notre démocratie est malade» : «Malade que près de la moitié de l'électorat [ne soit] pas représentée au Parlement. C'est pourquoi il faut restaurer la proportionnelle, ou au moins une dose importante de proportionnelle. Nos politiciens aiment bien se comparer à l’Allemagne quand ça les arrange, mais on les entend rarement faire la comparaison de nos modes de scrutin respectifs... Mais la mauvaise représentation n'est pas seulement politique, elle est aussi sociale : dans l'hémicycle, combien d'ouvriers, d'employés, de petits fonctionnaires, d’artisans, d'agriculteurs ?»


Sud Ouest et Viviane Palumbo, eux, ne regardent pas du côté de l’Allemagne mais du côté du passé : « N'oublions pas, explique le premier, que cette "gauche" (…) qui hurle dans les tribunes de l'Assemblée nationale “démocratie” a piétiné le vote de la majorité des Français (donc de la démocratie) (…) en se ralliant à Sarko à Versailles pour la modificaction du dit traité de Lisbonne. » « C'est lors de la réunion de Versailles durant laquelle vous vous êtes abstenus de voter qu'il fallait agir, déjà cela sentait la monarchie ! », regrette aussi Viviane avant d’ajouter : « Eh bien nous y sommes, aux armes citoyens ! »










LES PLUS de Marianne
  • Revue Web personnalisée
  • Les Unes de Marianne2
  • Le MAG en PDF 24h avant !

Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr


Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez