Marianne2 2012

Enfermés dehors (2/3): quand la folie fait mourir de froid

Vendredi 19 Décembre 2008 à 09:05 | Lu 11563 fois I 72 commentaire(s)

Virginie Roels

30% des sans-abri sont atteints d’une maladie mentale grave. Avec l'aide de sociologues, psychiatres, acteurs de terrain, et bien sûr avec les sans-abri eux-mêmes, Marianne2.fr a enquêté. Regardez, c'est édifiant!


Les troubles psychiques dont sont atteints une bonne partie des sans-abri ne sont pas seulement impliqués dans le processus qui les a menés à la rue. Ils constituent aussi autant d'obstacles pour tous ceux qui cherchent à les aider.

Il est difficile de comprendre pourquoi il leur arrive de  refuser une main tendue, une couverture ou un café, même par grand froid. Nous avons en effet constaté, en suivant une équipe de la BAPSA  (Brigade d’assistance aux personnes sans abri, un service de la préfecture de police parisienne), qu’il était quasiment impossible pour celui qui n’a pas de connaissance en psychiatrie d’aller à la rencontre des clochards et de les aider vraiment.

Pourquoi refusent-ils d'être aidés ?
Le jour ou nous avons embarqué avec la Bapsa, la température extérieure était passée en dessous de zéro, la pluie était tombée de façon continue. Un cauchemar pour les sans-abri dont les maigres bagages sont humides et glacés. Et pourtant… Aucun n'a accepté de suivre les membres de la brigade. Tous ont préféré rester dehors.

Pour trouver une explication à cette attitude, nous avons rencontré, à l’hôpital Saint Anne, à Paris, le Dr Mercuel. Il a mis en place un service entièrement consacré à l'aide psychiatrique des sans-abri. Son équipe leur propose des séances thérapeutiques sur place, mais aussi en ambulatoire, en allant à leur rencontre dans la rue. Il nous donne les raisons pour lesquelles les sans-abri refusent parfois une aide qu'ils interprètent comme une agression.

Enfin, nous rencontré Xavier Emmanuelli, le fondateur du Samu Social. Ses équipes font un formidable travail de terrain depuis 15 ans. Pour venir en aide physiquement, mais aussi psychologiquement, aux exclus. Pour lui, la société est responsable et se doit de trouver une solution qui consisterait à apporter aux sans-abri non seulement un toit, digne et à taille humaine, mais aussi une assistance psychiatrique, et pas seulement dans l'urgence.


Demain, dans la troisième et dernière partie, nous nous interrogerons sur la crise de la psychiatrie et ses conséquences sur les sans-abri.

Retrouvez la première partie de notre enquête, cliquez ici.







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