Enfermés dehors (1/3)
Jeudi 18 Décembre 2008 à 13:22 | Lu 19111 fois I 86 commentaire(s)
Virginie Roels
30% des sans-abri sont atteints d’une maladie mentale grave. Avec l'aide de sociologues, psychiatres, acteurs de terrain, et bien sûr avec les sans-abri eux-mêmes, Marianne2.fr a enquêté. Regardez, c'est édifiant!
Comme chaque hiver, la France redécouvre ses pauvres, s’inquiète - à juste titre - de leur hébergement. Les sans-abri sont, malheureusement, devenus ce que dans le jargon de la presse on appelle un marronnier : un sujet qui revient chaque année à la même époque. Et qui évolue très peu.
Cette saison, peut-être plus encore que les précédentes à cause de la crise, nous aurons donc droit aux mêmes reportages, aux mêmes histoires sur le terrible engrenage - perte d'emploi-divorce-loyer impayé - qui conduit un citoyen moyen à la clochardisation.
Et cette année encore, on évitera copieusement d'aborder le vrai tabou de la rue : la folie. La santé mentale des sans-abri, les comportements d’addiction, l’alcoolisme, sont autant de sujets délicats mais ô combien réels. On estime que 30% au moins des sans-abri sont atteints de pathologies psychiatriques graves. Certains avancent même le chiffre de 80% de personnes présentant des troubles psychiques plus ou moins sérieux.
Pourtant, ce sujet n'est presque jamais abordé. Lorsqu'il l'est, il est simplement effleuré. Car il pourrait laisser entendre que les sans-abri sont responsables de leur situation. Alors que c'est tout le contraire. Ils sont doublement victimes, à la fois de la crise économique et de la crise de la psychiatrie en France. La rue n'est pas un espace de liberté pour eux. C'est le plus terrible des asiles.
Faut-il être fou pour vivre dans la rue ? Ou faut-il être clodo pour devenir fou ? Tout le monde peut-il finir clochard ? C'est à ces questions que Marianne2.fr a tenté de répondre dans une série de reportages dont voici le premier, consacré à ceux que la rue aliène. Ceux qui vivent enfermés dehors.
Cette saison, peut-être plus encore que les précédentes à cause de la crise, nous aurons donc droit aux mêmes reportages, aux mêmes histoires sur le terrible engrenage - perte d'emploi-divorce-loyer impayé - qui conduit un citoyen moyen à la clochardisation.
Et cette année encore, on évitera copieusement d'aborder le vrai tabou de la rue : la folie. La santé mentale des sans-abri, les comportements d’addiction, l’alcoolisme, sont autant de sujets délicats mais ô combien réels. On estime que 30% au moins des sans-abri sont atteints de pathologies psychiatriques graves. Certains avancent même le chiffre de 80% de personnes présentant des troubles psychiques plus ou moins sérieux.
Pourtant, ce sujet n'est presque jamais abordé. Lorsqu'il l'est, il est simplement effleuré. Car il pourrait laisser entendre que les sans-abri sont responsables de leur situation. Alors que c'est tout le contraire. Ils sont doublement victimes, à la fois de la crise économique et de la crise de la psychiatrie en France. La rue n'est pas un espace de liberté pour eux. C'est le plus terrible des asiles.
Faut-il être fou pour vivre dans la rue ? Ou faut-il être clodo pour devenir fou ? Tout le monde peut-il finir clochard ? C'est à ces questions que Marianne2.fr a tenté de répondre dans une série de reportages dont voici le premier, consacré à ceux que la rue aliène. Ceux qui vivent enfermés dehors.
Dans les couloirs du métro parisien, ce sont des ombres. Ils s'appellent Abdel, Bernard, ou ne se rappellent même plus de leur prénom. Certains ont accepté de nous parler, de nous raconter leur passé psychiatrique réel ou inventé, leur souffrance, leur délire… Patrick Declerck, sociologue et auteur (entre autres) des Naufragés (disponible en poche) où il raconte les 15 ans qu'il a passés avec les clochards de Paris, nous explique les liens entre la maladie mentale et la clochardisation.
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