Marianne2 2012

Endemol défend la cause du «petit peuple»

Samedi 16 Mai 2009 à 11:01 | Lu 6929 fois I 25 commentaire(s)

Gérald Andrieu
Gérald Andrieu
Gérald Andrieu
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur

Invitée de Parlons net, Virginie Calmels, pdg d’Endemol France, a notamment évoqué son nouveau programme de télé-réalité, une émission au cours de laquelle des patrons de grandes entreprises se glisseront anonymement parmi les «petites mains» qui travaillent pour eux…


La télé est en perte de vitesse, TF1 voit ses recettes publicitaires fondre à vitesse grand V et Endemol qui a produit des émissions aussi « rafraîchissantes » que Loft Story, Star Academy ou Fear Factor… se porte comme un charme : « 170 millions d’euros de chiffres d’affaire ». Le secret d’après sa pdg, Virginie Calmels, invitée de l’émission Parlons net  : la diversification de ses activités. La société de production a en effet ouvert son catalogue à la fiction, au documentaire, au magazine. Mais sa tête de gondole reste malgré tout la real TV et son nouveau « produit », qui d’après la rumeur intéresserait TF1, devrait faire grand bruit. Son nom ? Undercover boss .


Là encore, il s’agit d’un concept d’une grande fraîcheur. Et plus encore en période de crise. Cette lumineuse idée ? Permettre à des patrons de grandes entreprises de se mêler, sous couvert d’anonymat, au « petit peuple » que forme leurs employés et ce, jusqu’au dénouement final : la révélation de leur identité ! Mais à entendre Virginie Calmels, on a bien du mal à croire que ce nouvel avatar de Big Brother va servir « la cause du peuple » : « En tant que patron, on rêve tous à un moment donné de se rendre compte si les choses fonctionnent bien dans son entreprise ou pas. Le standard par exemple. Vous avez des boîtes où vous téléphonez et où vous attendez dix minutes avec une musique. Ça veut dire qu’il y a un problème au standard. Ça ne veut pas dire que la standardiste est mauvaise. Ça veut dire qu’on a mal évalué les ressources. » Et d’ajouter : « Ça reste du divertissement malgré tout. (…) Le but n’est pas d’aller sanctionner des gens qui font mal leur boulot. » Ouf, on est rassuré…


Mais du côté d’Endemol pense-t-on bien faire son boulot et, surtout, existe-t-il des limites à ne pas franchir ? « Il y a des formats qui ne sont pas forcément ma tasse de thé, explique Virginie Calmels, mais en tant que chef d’entreprise, je considère que ce serait une faute, pour le coup, de ne pas [les diffuser] parce que c’est la tendance, parce que c’est ce que réclame un certain public. Vous ne faites pas la télévision que vous aimez. Vous faites la télévision que les autres ont envie de voir. Après, est-ce que j’ai des limites éthiques personnelles ? Oui. » 


« J’ai un attrait fort pour la politique »

Et des ambitions politiques, la patronne d’Endemol en a-t-elle ? La cause du « petit peuple » ne pourrait-elle pas être servie d’une manière un peu plus noble qu’avec une émission du genre Undercover boss ? Ces questions ne sont pas incongrues : la jeune femme a été très proche de Christian Blanc, l’actuel Secrétaire d’Etat chargé du développement de la région capitale, et partage aujourd’hui sa vie avec François-David Cravenne, conseiller politique de Christine Albanel. Elle a même était couronnée par Alain Minc. Le souffleur de bons noms du petit théâtre Sarkozy la classe dans le « top 3 » des trentenaires qui montent… « J’ai un attrait fort pour la politique, confie-t-elle, Parce que j’aime ça. Parce que je m’y intéresse énormément. Est-ce que je m’y engagerais à titre personnel ? Je ne suis pas sûr, parce que je trouve que ce milieu est d’une incroyable violence. Je ne me sens pas le cuir assez épais. » 


Lorsqu’on lui parle remaniement ministériel et entrée au gouvernement, elle reprend le même refrain, tourne autour du pot, mais lâche au passage, avoir « beaucoup de respect pour Nicolas Sarkozy » et apprécier (elle qui ne se sent pas « femme de parti ») l’ouverture prônée par le chef de l’Etat. Mais s’il lui fallait choisir entre Culture (sic) et Economie ? Là, Virginie Calmels se montre beaucoup moins évasive : le monde de l’entreprise, elle connaît. Pour ce qui est de la culture, il faudra repasser : la patronne d’Endemol est une très caricaturale partisane de la loi Hadopi. Une de plus… 




Viriginie Calmels était interrogée par Eric Mettout de Lexpress.fr, Augustin Scalbert de Rue89.com et Gérald Andrieu de Marianne2.fr. Parlons net est une émission produite par France Info et animée par David Abiker en partenariat avec l'hebdomadaire Vendredi . 









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