Encore un effort contre la crise, Jacques Attali!
Jeudi 6 Août 2009 à 11:00 | Lu 13779 fois I 82 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, rédacteur en chef de Marianne2.fr et co-responsable du service politique... En savoir plus sur cet auteur
Pour Jacques Attali, l'invité de France Inter, il ne sert à rien de s'en prendre à la BNP-Paribas, il faut changer les règles du jeu au niveau mondial. Un programme si ambitieux qu'il aboutit à ... ne rien faire.
Il faut reconnaître un mérite à Jacques Attali, que nous avons souvent brocardé dans ces colonnes : il est l'un des rares membres de l'establishment à s'en prendre avec constance depuis près d'un an au capitalisme financier. Il l'a fait encore ce matin sur France Inter en compagnie de Paul Jorion à propos du scandale des bonus de la BNP-Paribas :
La thèse de Jacques Attali est assez simple, et souvent convaincante : la finance mondiale a pris le dessus sur le pouvoir politique. C'est un polype cancéreux sur un corps sain, le capitalisme. Il convient donc d'aller le plus vite possible vers un gouvernement mondial - à défaut, on se contentera d'une gouvernance mondiale - pour changer les règles du jeu et contraindre les banques à faire moins de spéculation et à revenir à leur métier de base, le crédit au service des particuliers et des entreprises.
De cela, Jacques Attali déduit logiquement qu'il ne sert à rien de s'en prendre aux personnes ou aux banques, il faut, dit-il, s'en prendre aux règles du jeu. D'où un curieux blanc-seing accordé au sinistre Michel Pébereau, le grand manitou de la BNP-Paribas qui, en leur octroyant des bonus, ne ferait, ajoute Attali, qu'empêcher les jeunes talents de rejoindre la concurrence.
Un plaidoyer qui fait penser à celui d'un ancien royaliste intervenant au procès de Louis XVI en déclarant que ce dernier n'a fait qu'appliquer les règles du jeu mondial de la monarchie dans un contexte concurrentiel...
Plus sérieusement. L'argument de Jacques Attali ne vaut pas grand chose : rien n'empêche la BNP-Paribas de faire ce que recommande Attali : renoncer aux profits faramineux de la spéculation et retourner au métier de base de la banque. La BNP fera-t-elle moins de profit ? Ses actionnaires ne seront pas contents ? Libre à eux de vendre leurs titres BNP et d'acheter ceux de Goldman Sachs.
Paul Jorion, qui est en contact permanent avec Attali, a d'ailleurs signalé à l'antenne de France Inter qu'il n'avait pas le même respect à l'égard de la spéculation. Reste à savoir si le « respect » de Jacques Attali va à la spéculation ou aux spéculateurs et à ceux qui les protègent.
De cela, Jacques Attali déduit logiquement qu'il ne sert à rien de s'en prendre aux personnes ou aux banques, il faut, dit-il, s'en prendre aux règles du jeu. D'où un curieux blanc-seing accordé au sinistre Michel Pébereau, le grand manitou de la BNP-Paribas qui, en leur octroyant des bonus, ne ferait, ajoute Attali, qu'empêcher les jeunes talents de rejoindre la concurrence.
Un plaidoyer qui fait penser à celui d'un ancien royaliste intervenant au procès de Louis XVI en déclarant que ce dernier n'a fait qu'appliquer les règles du jeu mondial de la monarchie dans un contexte concurrentiel...
Plus sérieusement. L'argument de Jacques Attali ne vaut pas grand chose : rien n'empêche la BNP-Paribas de faire ce que recommande Attali : renoncer aux profits faramineux de la spéculation et retourner au métier de base de la banque. La BNP fera-t-elle moins de profit ? Ses actionnaires ne seront pas contents ? Libre à eux de vendre leurs titres BNP et d'acheter ceux de Goldman Sachs.
Paul Jorion, qui est en contact permanent avec Attali, a d'ailleurs signalé à l'antenne de France Inter qu'il n'avait pas le même respect à l'égard de la spéculation. Reste à savoir si le « respect » de Jacques Attali va à la spéculation ou aux spéculateurs et à ceux qui les protègent.
Vas, lis et reviens :
Le retour des bonus annonce un retour de la crise, par Philippe Cohen
BNP : un milliard de bonus et on oublié la crise par Sylvain Lapoix
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