Encore un effort, Monsieur Sarkozy!
Jeudi 19 Février 2009 à 07:00 | Lu 9502 fois I 26 commentaire(s)
Guillaume Duval
Par Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques. Les mesures annoncées le 18 février corrigent un peu les insuffisances du plan de relance. Mais leur volume reste trop faible.
(photo : Louis Bloque - Flickr - cc)
Lors du sommet social du 18 février, Nicolas Sarkozy a commencé à corriger le tir par rapport au plan de relance présenté en décembre dernier. D’un volume très faible, sans effet immédiat sur l’emploi et la situation des victimes directes de la crise, il avait profondément déçu. Les mesures annoncées vont dans le bon sens, mais leur volume reste encore insuffisant.
A l'automne dernier, le Président de la république avait senti rapidement l’ampleur de la crise financière entraînée par la faillite de Lehman Brothers et su mobiliser les européens pour agir vite et fort. Mais il a manifestement sous estimé les dégâts causés par la récession qui s’en est suivie et les effets sur la société française de la montée en flèche du chômage, avec 150 000 sans emplois de plus en trois mois seulement fin 2008.
Du coup, il s’était contenté d’annoncer en décembre dernier un plan de relance de 26 milliards d’euros seulement sur deux ans. L’économie des États-Unis représente cinq fois l’économie française : quand le Congrès adopte un plan de relance de 785 milliards de dollars, c’est l’équivalent à l’échelle de la France de 160 milliards de dollars, soit 125 milliards d’euros. Quasiment cinq fois plus que le plan de Nicolas Sarkozy. Certes, les États Unis sont davantage touchés par la crise que la France mais, compte tenu de la disproportion des efforts engagés pour relancer la machine économique, il n’est pas étonnant que la plupart des prévisions anticipent pour 2009 un recul de l’activité plus important en France et en Europe qu’aux États-Unis… De plus le plan français ne prévoyait à court terme que des mesures - utiles - de trésorerie pour les entreprises mais rien pour les chômeurs, les personnes en difficulté etc…
A l'automne dernier, le Président de la république avait senti rapidement l’ampleur de la crise financière entraînée par la faillite de Lehman Brothers et su mobiliser les européens pour agir vite et fort. Mais il a manifestement sous estimé les dégâts causés par la récession qui s’en est suivie et les effets sur la société française de la montée en flèche du chômage, avec 150 000 sans emplois de plus en trois mois seulement fin 2008.
Du coup, il s’était contenté d’annoncer en décembre dernier un plan de relance de 26 milliards d’euros seulement sur deux ans. L’économie des États-Unis représente cinq fois l’économie française : quand le Congrès adopte un plan de relance de 785 milliards de dollars, c’est l’équivalent à l’échelle de la France de 160 milliards de dollars, soit 125 milliards d’euros. Quasiment cinq fois plus que le plan de Nicolas Sarkozy. Certes, les États Unis sont davantage touchés par la crise que la France mais, compte tenu de la disproportion des efforts engagés pour relancer la machine économique, il n’est pas étonnant que la plupart des prévisions anticipent pour 2009 un recul de l’activité plus important en France et en Europe qu’aux États-Unis… De plus le plan français ne prévoyait à court terme que des mesures - utiles - de trésorerie pour les entreprises mais rien pour les chômeurs, les personnes en difficulté etc…
Une tentative de corriger le tir… par petites touches
Les mesures annoncées le 18 février corrigent un peu ces défauts : 234 000 travailleurs précaires, qui se sont retrouvés au chômage sans indemnité, recevront une prime de 500 euros ; l’indemnisation du chômage partiel devrait être portée de 60 à 75 % ; les deux derniers tiers de l’impôt sur le revenu seront supprimés cette année pour les contribuables les plus modestes, soit 4 millions de foyers ; une prime de 150 euros sera versée en juin pour trois millions de familles modestes au titre des allocations familiales ; un fonds d’investissement social sera doté de 800 millions d’euros pour développer notamment la formation des chômeurs… Toutes ces mesures vont dans le bon sens. Mais avec un volume global estimé par le gouvernement à 2,6 milliards seulement, ce miniplan reste encore trop limité.
Faudrait-il en particulier augmenter également le SMIC et les salaires ? Les syndicats le demandent mais, dans le contexte actuel, cela risquerait de fragiliser un peu plus nombre d'entreprises.
Pour accéder au site d'Alternatives économiques, cliquez ici.
Les mesures annoncées le 18 février corrigent un peu ces défauts : 234 000 travailleurs précaires, qui se sont retrouvés au chômage sans indemnité, recevront une prime de 500 euros ; l’indemnisation du chômage partiel devrait être portée de 60 à 75 % ; les deux derniers tiers de l’impôt sur le revenu seront supprimés cette année pour les contribuables les plus modestes, soit 4 millions de foyers ; une prime de 150 euros sera versée en juin pour trois millions de familles modestes au titre des allocations familiales ; un fonds d’investissement social sera doté de 800 millions d’euros pour développer notamment la formation des chômeurs… Toutes ces mesures vont dans le bon sens. Mais avec un volume global estimé par le gouvernement à 2,6 milliards seulement, ce miniplan reste encore trop limité.
Faudrait-il en particulier augmenter également le SMIC et les salaires ? Les syndicats le demandent mais, dans le contexte actuel, cela risquerait de fragiliser un peu plus nombre d'entreprises.
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