En 1945, aussi, la Sécu vivait à crédit...
Lundi 10 Janvier 2011 à 18:01 | Lu 7375 fois I 43 commentaire(s)
Bah !? by CC - Blogueuse associée
Bah!? by CC dresse un parallèle entre l'après-guerre et la situation actuelle : la blogueuse s'étonne qu'à l'époque, le Conseil national de la Résistance a lancé les grands chantiers, telle la mise en place de la sécurité sociale, sans un sou. Et aujourd'hui, «on nous fait croire que nous avons plus assez de fric pour faire tourner les mêmes systèmes de solidarité»
Cet après-midi, j'ai regardé le film «Walter, retour en résistance», de Gilles Perret.
Il s'agit d'un documentaire à propos de la résistance, du conseil national de résistance et de la politique actuelle.
Le propos est simple : au sortir de la guerre, le CNR avait suffisamment de pouvoir pour imposer des mesures sociales aux grands patrons, qui pour beaucoup avaient été des collabos officiels...C'est à ce moment-là qu'on a mis en place la sécurité sociale, le système des retraites par répartition, les allocations, la liberté de la presse... La France était alors ruinée mais on a quand même trouvé l'argent nécessaire pour mettre tout ça en place.
Aujourd'hui, alors que le PIB de la France n'a jamais été si énorme, on nous fait croire que nous avons plus assez de fric pour faire tourner les mêmes systèmes de solidarité.
Y'a comme baleine sous gravillon.
Les quelques résistants qui sont interviewés, Walter Bassan, John Berger, Stéphane Hessel et Constant Paisant, qui ont été déportés, ont subi des tortures, ont vu mourir des copains à peine majeurs, comme eux, parlent de fascisme, de barbarie, d'une idéologie foireuse qui s'installe, rampante, au sein de notre société. Ce qui fit, dans les années 30, le lit du fascisme...
Lorsque vous et moi, aujourd'hui, sur internet ou ailleurs, nous osons ce parallèle, par exemple, quand un homme se jette par la fenêtre pour échapper à une expulsion, quand on sépare des familles, quand on «reconduit à la frontière», nous avons vite fait de gagner un point Godwin.
Et lorsqu'on évoque un retour en arrière, quand on casse le service public et qu'on se demande si le patronat ne souhaiterait pas qu'on revienne fissa au XIXème siècle, nous ne restons pas longtemps sans recevoir un point Godwin...
Cependant, lorsque ces octogénaires nous mettent en garde, est-ce seulement un délire de vieillard ? Ils sont pourtant incroyablement lucides, quand ils s'expriment.
Et comment ne pas voir le cynisme d'un Sarkozy sur le plateau des Glières entre les deux tours des présidentielles ? Comment ne pas sentir sa manipulation intéressée, lorsqu'un an plus tard, dans ce lieu de recueillement, il n'écoute pas celui qui lui explique qu'une plaque à ses pieds commémore un charnier, et qu'il détourne la conversation pour évoquer la robe rose de madame et la ravissante cascade là-bas au loin ?
Et comment interpréter l'embarras de Bernard Accoyer mis devant les contradictions du politique venant de faire un discours poignant sur la mémoire, sur la résistance et sur la France éternelle, quand on lui demande ce qui va advenir des décisions du CNR ?
Pourtant... L'Allemagne dépérissait de pauvreté quand le fascisme a commencé à avoir du succès. Aujourd'hui, les banlieues françaises dépérissent de pauvreté et les idées les plus extrêmes, religieuses ou autres, prennent leur envol...
Il nous faudrait un peu d'amour et de fraternité...
Le film confronte aussi Walter Bassan, ancien déporté à Dachau, qui s'est engagé en résistance «avec inconscience», comme il le dit, à l'adolescence, à des ado d'aujourd'hui. Des lycéens de Haute-Savoie. Tout à fait caractéristiques de leur génération, ils disent qu'en 2007, ils auraient sans doute voté «comme tout le monde», pour Sarkozy...Avec inconscience... A la différence de Walter, pour qui ce n'était pas faire comme tout le monde que de rentrer en résistance...C'était même très minoritaire, dans une France pétainiste...
Non seulement ces jeunes manquent de conscience politique, ce qu'on peut leur pardonner, mais font preuve d'un conformisme et d'un manque de rébellion qui ne va pas avec leur âge. C'est inquiétant...et c'est tout à fait différent des ados de banlieue que j'ai dans mes classes : ils font preuve d'un rejet de la société qu'on leur propose, pour certains, à travers l'Islam, notamment, en prenant le voile comme d'autres se faisaient tatouer au temps oublié du punk...
On devrait sans doute écouter ces vieux résistants...
Vous aimerez peut-être:
La fin de l'école gratuite et efficace...
Jeunes et retraités ?
Privilégiés, réjouissez-vous !
Lire d'autres articles de Bah ?! CC ici
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Aujourd'hui, alors que le PIB de la France n'a jamais été si énorme, on nous fait croire que nous avons plus assez de fric pour faire tourner les mêmes systèmes de solidarité.
Y'a comme baleine sous gravillon.
Les quelques résistants qui sont interviewés, Walter Bassan, John Berger, Stéphane Hessel et Constant Paisant, qui ont été déportés, ont subi des tortures, ont vu mourir des copains à peine majeurs, comme eux, parlent de fascisme, de barbarie, d'une idéologie foireuse qui s'installe, rampante, au sein de notre société. Ce qui fit, dans les années 30, le lit du fascisme...
Lorsque vous et moi, aujourd'hui, sur internet ou ailleurs, nous osons ce parallèle, par exemple, quand un homme se jette par la fenêtre pour échapper à une expulsion, quand on sépare des familles, quand on «reconduit à la frontière», nous avons vite fait de gagner un point Godwin.
Et lorsqu'on évoque un retour en arrière, quand on casse le service public et qu'on se demande si le patronat ne souhaiterait pas qu'on revienne fissa au XIXème siècle, nous ne restons pas longtemps sans recevoir un point Godwin...
Cependant, lorsque ces octogénaires nous mettent en garde, est-ce seulement un délire de vieillard ? Ils sont pourtant incroyablement lucides, quand ils s'expriment.
Et comment ne pas voir le cynisme d'un Sarkozy sur le plateau des Glières entre les deux tours des présidentielles ? Comment ne pas sentir sa manipulation intéressée, lorsqu'un an plus tard, dans ce lieu de recueillement, il n'écoute pas celui qui lui explique qu'une plaque à ses pieds commémore un charnier, et qu'il détourne la conversation pour évoquer la robe rose de madame et la ravissante cascade là-bas au loin ?
Et comment interpréter l'embarras de Bernard Accoyer mis devant les contradictions du politique venant de faire un discours poignant sur la mémoire, sur la résistance et sur la France éternelle, quand on lui demande ce qui va advenir des décisions du CNR ?
Pourtant... L'Allemagne dépérissait de pauvreté quand le fascisme a commencé à avoir du succès. Aujourd'hui, les banlieues françaises dépérissent de pauvreté et les idées les plus extrêmes, religieuses ou autres, prennent leur envol...
Il nous faudrait un peu d'amour et de fraternité...
Le film confronte aussi Walter Bassan, ancien déporté à Dachau, qui s'est engagé en résistance «avec inconscience», comme il le dit, à l'adolescence, à des ado d'aujourd'hui. Des lycéens de Haute-Savoie. Tout à fait caractéristiques de leur génération, ils disent qu'en 2007, ils auraient sans doute voté «comme tout le monde», pour Sarkozy...Avec inconscience... A la différence de Walter, pour qui ce n'était pas faire comme tout le monde que de rentrer en résistance...C'était même très minoritaire, dans une France pétainiste...
Non seulement ces jeunes manquent de conscience politique, ce qu'on peut leur pardonner, mais font preuve d'un conformisme et d'un manque de rébellion qui ne va pas avec leur âge. C'est inquiétant...et c'est tout à fait différent des ados de banlieue que j'ai dans mes classes : ils font preuve d'un rejet de la société qu'on leur propose, pour certains, à travers l'Islam, notamment, en prenant le voile comme d'autres se faisaient tatouer au temps oublié du punk...
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