Dura lex sed Rolex
Lundi 2 Mars 2009 à 16:52 | Lu 10977 fois I 39 commentaire(s)
Elisabeth Lévy
Sur Causeur.fr, Elisabeth Lévy revient sur ce que d'aucuns qualifient déjà d'affaire «Séguéla-Rolex» et propose une lecture socio-politique de la recette du bonheur à la sauce Séguéla: appartenir à cette élite médiatique qui estime que les privilèges dont elle jouit sont légitimes et constituent un pouvoir symbolique.
Je sais, cette affaire de Rolex commence à vous courir sur le haricot. Après tout, peut-être en fait-on des tonnes pour une ânerie qui n’est jamais que l’une des dizaines quotidiennement proférées dans – et souvent par – nos médias. Ou encore un propos de table, l’un de ces trucs qu’on se dit en roulant des mécaniques. Il est vrai que celui-là a été énoncé à la télé par un type en tournée de promotion. De plus, il est un peu raide avec son petit côté Ancien régime. Mais voilà bien longtemps qu’on ne prend plus, en France, que les Bastille en ruines.
Séguéla aurait pu se lâcher encore plus. Il aurait pu dire qu’on a raté sa vie à 50 ans si on n’a pas fait fortune en vendant du vent à des millions de gogos comme vous et moi, ou quand on n’a pas inventé la légende du petit père des Français sur fond de campagne à clocher ou encore quand on n’a joué les marieuses dans le roman à l’eau de rose offert au peuple par l’Elysée sous Sarkozy. De fait, on l’imagine mal disant qu’on a raté sa vie quand on n’a pas écrit La Comédie humaine à 50 ans. Je le sens pas branché Balzac, le Séguéla. Il est vrai qu’à 50 ans, Balzac avait déjà écrit l’essentiel de la Comédie, mais il n’avait plus qu’une année à vivre, ce qui n’est pas encourageant.
Lire la suite sur le site Causeur.fr
Séguéla aurait pu se lâcher encore plus. Il aurait pu dire qu’on a raté sa vie à 50 ans si on n’a pas fait fortune en vendant du vent à des millions de gogos comme vous et moi, ou quand on n’a pas inventé la légende du petit père des Français sur fond de campagne à clocher ou encore quand on n’a joué les marieuses dans le roman à l’eau de rose offert au peuple par l’Elysée sous Sarkozy. De fait, on l’imagine mal disant qu’on a raté sa vie quand on n’a pas écrit La Comédie humaine à 50 ans. Je le sens pas branché Balzac, le Séguéla. Il est vrai qu’à 50 ans, Balzac avait déjà écrit l’essentiel de la Comédie, mais il n’avait plus qu’une année à vivre, ce qui n’est pas encourageant.
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