Dominique Paillé: «Royal est la seule à pouvoir sauver le PS»
Conseiller politique de Nicolas Sarkozy et porte-parole de l'UMP, Dominique Paillé s'est pris au jeu du diagnostic des maux du PS. Pour lui, le parti d'opposition doit cliver à gauche, parler aux classes populaires et trouver à sa tête une forte personnalité présidentiable... qui ne peut être selon lui que Ségolène Royal!
Porte-parole de l’UMP, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, il ne manquait plus à Dominique Paillé qu’un rôle dans l’opposition… qu’il a pris à l’occasion du dernier Parlons net ! Diagnostiquant que la crise au sein du Parti socialiste n’était pas irréversible, il a esquissé une étonnante stratégie de refondation de l’opposition.
Pour lui, les trois défauts du PS sont une incapacité à intégrer la cinquième république, une division en des querelles de personnes sans fondement idéologique et donc irréconciliables et une perte de contact avec les classes moyennes et populaires.
Sur le premier point, Dominique Paillé juge qu’un seul socialiste a réussi à intégrer la cinquième république : François Mitterrand, dont les socialistes devraient « suivre la démonstration ». « Il a pris le PS, à la tête du PS, il a été candidat à la présidentielle sur son nom et avec son programme », résume-t-il en établissant un parallèle avec la méthode de Nicolas Sarkozy.
Ségolène Royal en « pole position »
Pour créer ce renouveau, le porte-parole de l’UMP considère qu’il faut un appétit pour la victoire dont seule disposerait Ségolène Royal. Ses « problèmes à travailler avec ses collègues » ou à « conceptualiser son projet » ne sont pour lui que des soucis annexes. Martine Aubry devrait à son sens donner à la présidente de Poitou Charentes « une situation qui lui permette de rebondir lors de la présidentielle. »
Le PS doit également selon lui sortir de l’opposition systématique : pour Paillé, le PS aurait du saluer le plan de relance et y apporter des compléments. « Les Français ne veulent pas d’opposition frontal », assure-t-il avant d’insister sur la nécessité de parler aux couches populaires qui font selon lui l’élection. Dans la pédagogie et le vocabulaire à destination de ces catégories, Séoglène Royal est selon lui en « pole position. »
Mais l’admiration de Dominique Paillé pour Ségolène Royal a des limites : il déplore totalement son passage au Zénith, « incantatoire, télévangéliste, totalement déconnecté ». Et de critiquer également le rythme des réactions de la présidente de Poitou-Charentes : « la parole doit être assez rare pour se faire désirer et distiller un message lourd ».
Autre nécessité, se débarrasser des « écuries », que l’élection de Royal à la tête du PS aurait pu selon lui faire disparaître. Les courants parasitent selon lui le programme de la candidate, qui était cependant entaché de l’idée d’alliance avec le Modem.
Retrouver les racines marxistes
Car, pour Paillé, s’il veut revenir au pouvoir, le PS doit « cliver à gauche » et « mettre en avant les fondements de la pensée marxiste ». Le gauche ne doit selon lui pas renier les valeurs sur lesquelles elle s’est fondée : « la totalité des Français a été formée à ces valeurs, soutient-il. La totalité de l’enseignement depuis un siècle a été fondé sur les valeurs marxistes, y compris l’enseignement de l’économie. » En prônant l’intervention étatique et la refondation du capitalisme, Sarkozy occupe un espace où devrait selon le porte-parole de l’UMP se positionner le PS.
Quant aux intellectuels égarés (comme Jacques Généreux) et aux partisans déçus, Dominique Paillé est persuadé que l’odeur de la victoire d’un PS renouvelé les ramènera rue de Solférino.
Mais, plutôt que le PS, ne serait-ce pas le Modem ce parti d’opposition idéal, tantôt favorable, tantôt défavorable aux réformes ? Si il a eu à conseiller François Bayrou par le passé, Dominique Paillé ne voit pas dans ce parti cet Eldorado de la cinquième République. Selon lui, Bayrou n’a pas de projet alternatif. Et Paillé d’insister sur le fait qu’il recommandait « quelqu’un avec du charisme… »
Ségolène Royal donc. Un joli scénario qui se répéterait pour Nicolas Sarkozy en 2012 et assurerait probablement la victoire... de l'UMP !
Xavier Bertrand à l’UMP: ambitieux, quel ambitieux ?
Revenant à son parti, Dominique Paillé ne perçoit en aucun cas l’arrivée de Xavier Bertrand à la tête du parti, confronté à l’ambitieux Jean-François Copé au groupe à l’Assemblée, comme un risque : « quiconque s’amuserait à créer un conflit se tirerait une balle dans le pied », assure-t-il, fort de sa confiance dans le dévouement des deux hommes au président de la République. La nécessité d’une victoire en 2012 pour garantir des chances aux prétendants de 2017 semble selon lui « de nature à calmer les ardeurs, si toutefois il y avait des ardeurs un peu trop fortes. »
La réforme de l'audiovisuel public: collusions, quelles collusions ?
Le porte-parole de l’UMP juge que les accusations d’entente entre le pouvoir et TF1 suite à la révélation d’une note de la chaîne très similaire au projet de réforme de l’audiovisuel public relèvent du « fantasme. » Pour lui, le nouveau projet injecte dans le service plus de moyens encore que ne lui en ôte la suppression de la publicité pour « se dégager des contraintes de l’audimat ». Refusant l’idée de passer la loi par un décret, Dominique Paillé trouve que l’opposition joue « à contre emploi » sur ce dossier en faisant obstruction.
« Surpris » par les doutes de Bernard Kouchner sur l’utilité d’un secrétariat d’Etat aux droits de l’homme, le conseiller du Président trouve que Rama Yade a fait « du beau boulot », « détonnant » parfois des propos du gouvernement et défend l’utilité de ce poste ministériel « unique en Europe ».
Le travail le dimanche: révolution, quelle révolution ?
Dominique Paillé se fait également l’apôtre de la loi Mallié sur le travail le dimanche, minimisant sa portée : « c’est une évolution plus qu’une révolution, » pondère-t-il en insistant sur le caractère « circonscrit de la loi. » « L’ouverture des magasins le dimanche répond avant tout à des règles économiques, développe-t-il. S’il n’y a d’augmentation de la consommation mais qu’il y a par ailleurs pour eux des coûts plus élevés, ils ne seront pas nombreux à maintenir l’ouverture le dimanche. » Cette réforme serait donc si formidable et nécessaire qu’elle pourrait mourir de son inefficacité économique ?
Député au moment du CPE, Dominique Paillé ne croit pas aux propos de Bruno Julliard, auquel il n’accorde « aucun crédit », selon lesquels Nicolas Sarkozy aurait jeté de l’huile sur le feu des manifestations étudiantes pour mettre Villepin en difficulté. « Toute l’action de Nicolas Sarkozy a été que le CPE s’arrête et qu’il n’y ait pas d’embrasement », insiste-t-il avant de qualifier les attaques des villepinistes de « cri d’orfraies récauffés », alors qu’ils « ont leur place dans la majorité ».
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