Discrimination anti-motardes : mais que fait Isabelle Alonso ?
Lundi 24 Janvier 2011 à 05:01 | Lu 10754 fois I 24 commentaire(s)
Maxime Bellec - Marianne
Les femmes qui mentionnent leur permis moto sur leur CV seraient discriminées à l'embauche selon une étude du CNRS. Ce n'est pas une blague mais une info qui a fait la une à France Inter.
La nouvelle est sérieuse, puisque France Inter a jugé qu'il fallait lui accorder une place de choix dans son flash de 8h du 21 janvier. Sur certains sites spécialisés sur le monde du deux-roues, les résultats de l'étude du CNRS sont repris, souvent appuyés par l'extrait du journal de 13h de France 2 du mercredi 19 janvier. Les réactions à la nouvelle sont soit indignées (oui, le mot est tendance), soit légèrement goguenardes... En bref, et pour détourner une expression bien connue, ça leur en touche une, mais sans vraiment faire bouger l'autre.
L'étude reprend la méthode classique du testing : sur 300 CV de motardes, le taux d'embauche n'est que de 7% contre 12% pour les « piétonnes ». L'auteur de l'étude en déduit une aversion des employeurs pour les femmes indépendantes, la moto traduisant un esprit plus libre que le transport en commun... A ce stade on pourrait aussi tester les femmes titulaires de permis poids lourd, bricoleuses ou joueuses de hockey sur glace, autant d'activités considérées comme masculines.
On peut s'émouvoir à juste titre du sort fait aux femmes en matière d'égalité salariale, de la situation sociale des mères isolées, certes. Mais le CNRS n'a-t-il pas mieux à faire que de publier des études aussi anecdotiques, et aux interprétations aussi bancales? Quel est, au fond, l'objectif de ce type d'étude ? De pousser le législateur à mettre en œuvre une politique de sanctions à l'égard des employeurs peu galants envers nos amies motardes ?
La chasse effrénée à la discrimination, l'élargissement toujours plus grand de son champ d'appréciation est symptomatique d'un effet pervers. C'est celui de l'extension - toujours à craindre - à tous les pans de la vie en société de la judiciarisation. A force de voir partout de la discrimination, le risque est grand de vider de son sens la véritable discrimination.
Quelles peuvent maintenant être les prochaines études à réaliser pour le CNRS et sa vaillante chercheuse, Mme Pascale Petit ? Il serait temps de s'attaquer aux préjudices que subissent les femmes qui postulent en salopette rose à des postes dans la parfumerie de luxe. Également, la représentation infinitésimale des retraitées titulaires du permis poids-lourds à l'Assemblée Nationale est à dénoncer sans aucun délai. Tout comme l'est sûrement le recalage sys-té-ma-tique des femmes portant un chignon et des ongles vernis dans le secteur de la boucherie, indignation à mettre sur la place publique d'urgence.
Bref, un immense chantier est en cours dans le domaine de la pénalisation des discriminations faites aux femmes.
En résumé, et pour revenir un peu sur les conclusions de cette étude ô combien capitale, on ne peut que déconseiller, à Ségolène Royal et Martine Aubry, lorsque se tiendront les primaires du parti socialiste, de se rendre rue de Solférino sur un magnifique chopper. Qui sait? On pourrait les confondre avec une réincarnation de Dennis Hopper...
L'étude reprend la méthode classique du testing : sur 300 CV de motardes, le taux d'embauche n'est que de 7% contre 12% pour les « piétonnes ». L'auteur de l'étude en déduit une aversion des employeurs pour les femmes indépendantes, la moto traduisant un esprit plus libre que le transport en commun... A ce stade on pourrait aussi tester les femmes titulaires de permis poids lourd, bricoleuses ou joueuses de hockey sur glace, autant d'activités considérées comme masculines.
On peut s'émouvoir à juste titre du sort fait aux femmes en matière d'égalité salariale, de la situation sociale des mères isolées, certes. Mais le CNRS n'a-t-il pas mieux à faire que de publier des études aussi anecdotiques, et aux interprétations aussi bancales? Quel est, au fond, l'objectif de ce type d'étude ? De pousser le législateur à mettre en œuvre une politique de sanctions à l'égard des employeurs peu galants envers nos amies motardes ?
La chasse effrénée à la discrimination, l'élargissement toujours plus grand de son champ d'appréciation est symptomatique d'un effet pervers. C'est celui de l'extension - toujours à craindre - à tous les pans de la vie en société de la judiciarisation. A force de voir partout de la discrimination, le risque est grand de vider de son sens la véritable discrimination.
Quelles peuvent maintenant être les prochaines études à réaliser pour le CNRS et sa vaillante chercheuse, Mme Pascale Petit ? Il serait temps de s'attaquer aux préjudices que subissent les femmes qui postulent en salopette rose à des postes dans la parfumerie de luxe. Également, la représentation infinitésimale des retraitées titulaires du permis poids-lourds à l'Assemblée Nationale est à dénoncer sans aucun délai. Tout comme l'est sûrement le recalage sys-té-ma-tique des femmes portant un chignon et des ongles vernis dans le secteur de la boucherie, indignation à mettre sur la place publique d'urgence.
Bref, un immense chantier est en cours dans le domaine de la pénalisation des discriminations faites aux femmes.
En résumé, et pour revenir un peu sur les conclusions de cette étude ô combien capitale, on ne peut que déconseiller, à Ségolène Royal et Martine Aubry, lorsque se tiendront les primaires du parti socialiste, de se rendre rue de Solférino sur un magnifique chopper. Qui sait? On pourrait les confondre avec une réincarnation de Dennis Hopper...
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