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Direct Soir, le loft story de la presse écriteLémi - Article XI | Lundi 29 Juin 2009 à 13:01 | Lu 6877 fois
Sur le site Article XI, Lémi propose une analyse du quotidien gratuit de référence de l'empire Bolloré, Direct Soir. Passant en revue les rubriques ciselées de ce repaire de l'intelligentsia sarkozyste: Philippe Labro, Pierre Salviac, Alain Minc, Jean-Marc Morandini. Même, le génial Jacques Séguéla fait partie de cette dream team qui propose chaque jour ses ses analyses vaseuses sur la marche du monde.
Si tu as la chance comme moi, ami lecteur, de parfois tâter du transport métropolitain (RATP represent), Parisien ou pas, il est fort probable que tes yeux se soient déjà posés sur l’organe de presse qui a le vent en poupe en ce moment, le fleuron de l’empire Bolloré : Direct Soir (celui que ma mémé elle dit toujours, « Je ne l’utiliserais même pas pour emballer mes fanes de carottes »). Personnellement, je ne résiste jamais au plaisir de le feuilleter, toujours charmé par son approche résolument moderne et sa conception du journalisme tellement dans l’air du temps, à savoir de l’info nulle part, de la réaction décérébrée partout. Et puis, difficile de lui échapper, à 500 000 exemplaires quotidiens, l’immondice est partout, prolifère sans gène (d’autant qu’il en existe une version matinale, « Direct Matin ». Ce monde est formidable). Repousse-le d’une main dédaigneuse, il vient se glisser sur ta banquette. Ensevelis-le dans un poubelle, il ressuscite dans la main de ton voisin... Direct Soir, donc, qui ferait passer Le Figaro pour un journal d’intellos bolcheviques, est distribué tous les jours à de très grandes quantités dans le métro parisien. Avec cette approche marketingo-lumineuse (que j’imagine pompée à TF1) : « On balance de la merde mais les gens s’en rendent compte, alors il faut en balancer encore plus, pour les gaver jusqu’à extinction du sens critique. Ça a marché avec Céline Dion, ça devrait le faire avec notre canard ». Un résultat, au moins : on ne compte plus le nombre de poubelles engorgées par la feuille de choux, à Paris en tout cas. Il faut croire que le concept « d’infotainement », fièrement revendiqué par Bolloré, ne séduit pas l’immense majorité de nos concitoyens métropolitains, mais ils y viendront, c’est certain, il faut juste leur laisser le temps de s’habituer à l’absolue inanité de la chose. Il y a bien des gens qui lisent Entrevue, non ? La bonne soupe Sarkozyste à la sauce BolloréDans Direct Soir, donc, on retrouve la fine fleur de l’Intelligentsia à la mode sarkozyste, penseurs de niveau stratosphériques rivalisant dans la vacuité la plus abyssale, sorte de Loft Story de la presse écrite (genre on prend tous les mecs les plus nazes et croupis de l’Hexagone, on les enferme dans une salle de rédaction et on regarde ce qui en sort). Selon le jour de la semaine, les penseurs varient - il y a là , outre ceusses que j’aborde plus bas, quelques très belles plumes doublées de magnifiques cerveaux, du languido-gaulliste Philippe Labro au très cassoulet power Pierre Salviac, liste ici. Certains jours, pour notre plus grand joie, l’édito est signé Jacques Séguéla, fin bretteur intellectuel qui n’hésite pas à dire les choses très franchement, on est décomplexés où on ne l’est pas, et la racaille c’est la racaille. Je t’aurais bien cité quelques passages de ses envolées, mais voilà , l’exemplaire que j’ai entre les mains, daté du mardi 23 juin, ne contient pas la prose merveilleuse de l’ami Séguéla, le petit père des pauvres riches (par ailleurs concepteur de la nouvelle maquette du journal, le mec a fait du bon boulot, je te dis que ça). L’homme est avare de sa parole, c’est ce qui en fait la richesse [1].
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