Diplomatie, économie, sport: Al Jazeera joue sur tous les terrains
Samedi 25 Juin 2011 à 05:01 | Lu 7067 fois I 0 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
En quelques jours, la chaîne arabe Al Jazeera s'est imposée comme un acteur incontournable du paysage audiovisuel et sportif français. Par delà sa frénésie d'achats de droits sportifs télés, c'est une véritable politique commerciale et d'influence diplomatique que poursuit le groupe dépendant de la famille régnante du Qatar .
Al Jazeera Sport
« Al Jazeera s’invite à la table du foot français » titre le magazine spécialisé Stratégies. Et quel appétit ! La chaîne arabe semble insatiable: rachat à Colony Capital par Qatar Sports Investement de 70% des parts du PSG, la présidence du conseil de surveillance du club à Nasser Al Khelaifi, le président d’Al Jazeera Sports, l’acquisition des droits de diffusion de la Ligue 1 à l’international et surtout l’obtention pour 90 millions d’euros du lot 5 sur les droits domestiques du football français, à savoir deux matches et deux magazines. Il n’y a plus qu’à trancher si le groupe entend lancer sa chaîne de sport en version Française ou récupérer Orange Sport.
L’opérateur téléphonique, dont la chaîne affiche 103 millions d’euros de pertes, devrait mettre fin à son aventure télé. La première hypothèse était encore exclue il y a quelques semaines, il semble que les jeux sont beaucoup plus ouverts. La chaîne qui existe en arabe et en anglais prépare déjà des versions turques, espagnoles etc. Quel que soit l’option finalement retenue, c’est Charles Biétry, ancien directeur des sports de Canal Plus et du PSG en son temps (tiens, tiens…) qui dirigera la chaîne.
L’occasion de se pencher sur cet ovni médiatique que constitue Al Jazeera. Ni chaine privée, ni chaîne publique, son budget inaccessible est estimé à 400 millions de dollars. Les financements proviennent de l’Emir et du Ministre des affaires étrangères mais aussi de fonds privés troubles proches de l’Emir.
L’opérateur téléphonique, dont la chaîne affiche 103 millions d’euros de pertes, devrait mettre fin à son aventure télé. La première hypothèse était encore exclue il y a quelques semaines, il semble que les jeux sont beaucoup plus ouverts. La chaîne qui existe en arabe et en anglais prépare déjà des versions turques, espagnoles etc. Quel que soit l’option finalement retenue, c’est Charles Biétry, ancien directeur des sports de Canal Plus et du PSG en son temps (tiens, tiens…) qui dirigera la chaîne.
L’occasion de se pencher sur cet ovni médiatique que constitue Al Jazeera. Ni chaine privée, ni chaîne publique, son budget inaccessible est estimé à 400 millions de dollars. Les financements proviennent de l’Emir et du Ministre des affaires étrangères mais aussi de fonds privés troubles proches de l’Emir.
Une chaîne ouverte aux débats et aux polémiques
A sa création en 1996, Al Jazeera est la première chaine arabe d’information en continue. Elle illustre la volonté de réformer le pays et de contrebalancer l’influence de l’Arabie Saoudite dans le monde arabe et musulman. Selon l’ouvrage de Claire Gabrielle Talon, issu d’une thèse de doctorat à l’IEP Paris sur le thème, Al Jazeera, Liberté d’expression et pétromonarchie, la chaîne se distingue par « sa liberté éditoriale en état rentier, cette forme moderne d’autoritarisme alimentée par l’économie pétrolière qui permet d’user de la redistribution de la manne énergétique pour acheter le consensus politique. Comment expliquer dès lors qu’Al Jazeera se soit affirmée comme un espace de liberté alors même qu’elle était dépendante financièrement et administrativement de la famille régnante au Qatar ? ».
Une liberté d’expression qui contraste avec l’opacité de la gestion financière de la chaîne qui renvoie à « l’ambiguïté plus générale des fonds publics au Qatar ».
Dans un livre fouillé, Claire Gabrielle Talon, que la direction d’Al Jazeera qualifiait d’ « espionne française », montre à quel point les luttes de clans, les rapports de concurrence qui animent la famille régnante, dont les rédacteurs en chef de la chaîne ont subtilement joué, ont favorisé l’émergence d’une liberté de ton à l’intérieur de la chaîne.
Construite en opposition aux normes occidentales, « la chaîne s’illustre par la représentation des postures politiques les plus contradictoires : nationalistes arabes, laïques, islamistes, féministes, communistes, libéraux, pro américains, anti sionistes se succèdent à l’écran ».
Les débats sont vifs à l’intérieur de la « newsroom » sur des sujets tels que les journalistes voilées, la qualification ou non de victimes palestiniennes de « martyrs », l’invitation d’officiels israëliens etc.
Une liberté d’expression qui contraste avec l’opacité de la gestion financière de la chaîne qui renvoie à « l’ambiguïté plus générale des fonds publics au Qatar ».
Dans un livre fouillé, Claire Gabrielle Talon, que la direction d’Al Jazeera qualifiait d’ « espionne française », montre à quel point les luttes de clans, les rapports de concurrence qui animent la famille régnante, dont les rédacteurs en chef de la chaîne ont subtilement joué, ont favorisé l’émergence d’une liberté de ton à l’intérieur de la chaîne.
Construite en opposition aux normes occidentales, « la chaîne s’illustre par la représentation des postures politiques les plus contradictoires : nationalistes arabes, laïques, islamistes, féministes, communistes, libéraux, pro américains, anti sionistes se succèdent à l’écran ».
Les débats sont vifs à l’intérieur de la « newsroom » sur des sujets tels que les journalistes voilées, la qualification ou non de victimes palestiniennes de « martyrs », l’invitation d’officiels israëliens etc.
Une des marques les plus connues au monde
La newsroom d'Al Jazeera
C’est à partir du 11 septembre, qu’Al Jazeera devient une marque de renommée internationale, présentée à tort comme la « CNN arabe ».
La chaîne se fera connaître en diffusant plusieurs messages d’Oussama Ben Laden. L’administration Bush reprochera à la chaîne de le laisser disposer de moyens de communications. Selon Claire Gabrielle Talon « la diffusion de vidéos figurant des membres d’Al-Qaïda fut, au dire de nombreux journalistes systématiquement soumise à l’accord de l’ambassade américaine à Doha, qui en interdit à plusieurs reprises le passage à l’antenne, officiellement pour des raisons de sécurité ».
Un dispositif sécuritaire qui assurait aux américains un droit de veto sur les vidéos d’Al Qaïda qui n’empêcha pas les USA d’organiser des fuites opportunes dans les médias américains lorsque le moment politique nécessitait de mobiliser l’opinion…
Le premier enregistrement d’Oussama Ben Laden après le 11/09 ne fut, par exemple, jamais diffusé sur Al Jazeera mais directement sur CNN. Un épisode qui déclencha une crise entre la chaine arabe et CNN.
L’année 2003 voit l’émergence d’un courant radical des frères musulmans à des postes de rédacteurs en chef qui provoque un vif débat en interne sur l’islamisation de la « newsroom ». La réorganisation éditoriale est lancée. La question palestinienne focalise les attentions, le bureau de Jérusalem est renforcé. Des programmes animés par des « laïques » sont annulés. Entre 2004 et 2006, 240 employés démissionnèrent ou furent licenciés.
En contrepoint de la chaîne arabe, s’impose également à partir de 2003 l’idée de développer un groupe commercial. Après Coca-Cola et Ikea, Al Jazeera apparaît dans un sondage comme l’une des marques les plus influentes du monde. C’est la même année qu’est créé le bouquet sportif Al Jazeera Sport, « pour générer des profits ». L’idée d’une chaîne en anglais commence à s’imposer. La chaîne fait appel au cabinet Ernst et Young pour établir un rapport sur les enjeux d’une telle transformation. Ce choix stratégique implique, en effet, de s’émanciper de l’identité de la chaine arabe. Al Jazeera International sera une rédaction séparée et indépendante de la chaine arabe. Ses rédacteurs en chef, sont pour la plupart issus de CNN ou de la BBC. Avec son développement à l’international, la chaîne sport et la création d’une chaîne enfants, Al Jazeera se déploie en niches d’intérêts.
La chaîne se fera connaître en diffusant plusieurs messages d’Oussama Ben Laden. L’administration Bush reprochera à la chaîne de le laisser disposer de moyens de communications. Selon Claire Gabrielle Talon « la diffusion de vidéos figurant des membres d’Al-Qaïda fut, au dire de nombreux journalistes systématiquement soumise à l’accord de l’ambassade américaine à Doha, qui en interdit à plusieurs reprises le passage à l’antenne, officiellement pour des raisons de sécurité ».
Un dispositif sécuritaire qui assurait aux américains un droit de veto sur les vidéos d’Al Qaïda qui n’empêcha pas les USA d’organiser des fuites opportunes dans les médias américains lorsque le moment politique nécessitait de mobiliser l’opinion…
Le premier enregistrement d’Oussama Ben Laden après le 11/09 ne fut, par exemple, jamais diffusé sur Al Jazeera mais directement sur CNN. Un épisode qui déclencha une crise entre la chaine arabe et CNN.
L’année 2003 voit l’émergence d’un courant radical des frères musulmans à des postes de rédacteurs en chef qui provoque un vif débat en interne sur l’islamisation de la « newsroom ». La réorganisation éditoriale est lancée. La question palestinienne focalise les attentions, le bureau de Jérusalem est renforcé. Des programmes animés par des « laïques » sont annulés. Entre 2004 et 2006, 240 employés démissionnèrent ou furent licenciés.
En contrepoint de la chaîne arabe, s’impose également à partir de 2003 l’idée de développer un groupe commercial. Après Coca-Cola et Ikea, Al Jazeera apparaît dans un sondage comme l’une des marques les plus influentes du monde. C’est la même année qu’est créé le bouquet sportif Al Jazeera Sport, « pour générer des profits ». L’idée d’une chaîne en anglais commence à s’imposer. La chaîne fait appel au cabinet Ernst et Young pour établir un rapport sur les enjeux d’une telle transformation. Ce choix stratégique implique, en effet, de s’émanciper de l’identité de la chaine arabe. Al Jazeera International sera une rédaction séparée et indépendante de la chaine arabe. Ses rédacteurs en chef, sont pour la plupart issus de CNN ou de la BBC. Avec son développement à l’international, la chaîne sport et la création d’une chaîne enfants, Al Jazeera se déploie en niches d’intérêts.
Al Jazeera, symbole de la décadence du journalisme occidental
Démonstration de l’installation d’un nouveau modèle médiatique guidé par des motivations essentiellement commerciales et diplomatiques dont la création accompagne la montée en puissance du Qatar sur la scène internationale, ce développement dessine une des facettes, sinon la principale, de la diplomatie du Qatar. Le petit émirat doit désormais beaucoup de son influence à sa chaine d’information et donc aussi désormais au football.
Le succès rencontré par la chaîne en occident au moment des révolutions arabes marque une rupture. La chaîne a joué un rôle essentiel dans la diffusion de la révolte, la chute des régimes tunisiens et égyptiens, par sa couverture en continue des événements et sa mise en scène « théâtrale du conflit démocratique ». Par contraste, la myopie des occidentaux apparaît symptomatique: « Nous n’avons pas sur appréhender les régimes arabes. Depuis le 11 septembre, les journalistes occidentaux n’ont pas fait leur travail . A ce titre, le succès d’Al Jazeera symbolise une certaine décadence du journalisme occidental » affirme Claire Gabrielle Talon (1).
C’est ce que l’auteur qualifie de « révolution Al Jazeera », produit mêlé du miracle numérique et du capitalisme de rente, que les révolutions tunisienne et égyptienne ont été rendues possibles par une oasis de liberté éclose dans une pétromonarchie du Golfe, à qui elle donna une importance inversement proportionnelle à la faiblesse de ses institutions démocratiques.
Miracle permanent ou échec emblématique ? La liberté d’Al Jazeera n’a pas nui à la pérennité du régime en place. Chacun jugera: c'est la puissance de la famille régnante qui aura permis le développement de la chaîne, mais la liberté d'expression autorisée n'a guère contribué à une remise en cause du système oligarchique en place. Au contraire, selon l'auteur la « place occupée par Al-Jazeera au Qatar est devenue de plus en plus problématique » qui précisait lors d’une conférence de presse à Paris qu'« en interne, la situation n’a cessé de se tendre au fur et à mesure que les révoltes s’approchaient du Golfe et du Qatar ».
(1)-Al Jazeera, Liberté d'expression et pétromonarchie, Claire Gabrielle Talon, Editions PUF
Le succès rencontré par la chaîne en occident au moment des révolutions arabes marque une rupture. La chaîne a joué un rôle essentiel dans la diffusion de la révolte, la chute des régimes tunisiens et égyptiens, par sa couverture en continue des événements et sa mise en scène « théâtrale du conflit démocratique ». Par contraste, la myopie des occidentaux apparaît symptomatique: « Nous n’avons pas sur appréhender les régimes arabes. Depuis le 11 septembre, les journalistes occidentaux n’ont pas fait leur travail . A ce titre, le succès d’Al Jazeera symbolise une certaine décadence du journalisme occidental » affirme Claire Gabrielle Talon (1).
C’est ce que l’auteur qualifie de « révolution Al Jazeera », produit mêlé du miracle numérique et du capitalisme de rente, que les révolutions tunisienne et égyptienne ont été rendues possibles par une oasis de liberté éclose dans une pétromonarchie du Golfe, à qui elle donna une importance inversement proportionnelle à la faiblesse de ses institutions démocratiques.
Miracle permanent ou échec emblématique ? La liberté d’Al Jazeera n’a pas nui à la pérennité du régime en place. Chacun jugera: c'est la puissance de la famille régnante qui aura permis le développement de la chaîne, mais la liberté d'expression autorisée n'a guère contribué à une remise en cause du système oligarchique en place. Au contraire, selon l'auteur la « place occupée par Al-Jazeera au Qatar est devenue de plus en plus problématique » qui précisait lors d’une conférence de presse à Paris qu'« en interne, la situation n’a cessé de se tendre au fur et à mesure que les révoltes s’approchaient du Golfe et du Qatar ».
(1)-Al Jazeera, Liberté d'expression et pétromonarchie, Claire Gabrielle Talon, Editions PUF
France-Qatar: l'alliance des puissances moyennes
Symbole de l'importance du moment pour le rayonnement de ce petit pays richissime, le roi Hamad bin Khalifa Al Thani était venu en personne à la cérémonie de la FIFA lors de la désignation du pays organisateur de la Coupe du Monde 2022. Au Qatar plus qu'ailleurs, le foot est affaire d'argent et de pouvoir autant que de sport. Al-Jazira Sport, dont le slogan ("We Have No Limits", " Nous n’avons pas de limites", NDLR) en dit long sur sa stratégie d’acquisition de nouveaux marchés. Le fonds souverain Qatar Investment Authority ferait partie de la poignée de prétendants au rachat d’Infront Sports & Media, une agence suisse de vente de droits audiovisuels pour le compte de sept fédérations de football et financé par le Qatar.
Tremplins des ambitions qataries, les investissements colossaux de l'émirat du Golfe servent d'abord à améliorer la compétence entrepreneuriale et technique des acteurs du football qatari afin de devenir, d'ici l'organisation de la Coupe du Monde 2022, un acteur majeur du football mondial : « Dans la perspective du Mondial 2022, dont l'enjeu en terme de rayonnement international est crucial pour le régime, il est important de développer des compétences au niveau du management du football. Et le meilleur moyen, pour les Qatariens, est de se rôder en étant maître d'œuvre sur des projets moteurs comme le développement du PSG ou la valorisation de la Ligue 1 » confiait au Figaro un homme d’affaires français installé dans le Golfe.
Mohamed Al Kuwari, l’ambassadeur du Qatar en France ne cache pas les intérêts qui animent son pays : « c'est une valeur ajoutée pour notre relation bilatérale. La France est pour nous un allié stratégique très important. Nous avons des relations excellentes dans plusieurs domaines. Elles se renforcent dans le domaine du sport, qui permet le rapprochement entre les peuples et les nations. Avec ce partenariat, je crois qu’on va avoir une relation renforcée et diversifiée dans plusieurs domaines. La relation entre la France et le Qatar, elle n’est pas qu’économique ou politique. Elle s’étend maintenant dans plusieurs domaines ».
C’est que, des infirmières bulgares au PSG, les liens entre les deux pays sont anciens. De la même manière que le Qatar avait versé les 400 millions de dollars de caution pour la libération des infirmières retenues à Tripoli, l’Elysée a largement favorisée l’entrée des fonds souverains qataries dans le capital du PSG. Au point que certains se demandent si la monarchie pétrolière, grand argentier des deals hexagonaux, ne fait pas office de « fonds secrets de l’Elysée ».
En 2008, la lettre Africa Intelligence analysait déjà ce rapprochement des puissances : « Le cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, dont l'un des fils, cheikh Joan, sort de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr - qui va ouvrir une filiale à Doha -, a noué une alliance politique, militaire et financière avec Paris. En France, à travers Qatar Investment Authority (QIA), l'émir est de plus en plus présent dans les grands groupes français tels que Suez, Lagardère, Cegelec et Total. C'est l'alliance des puissances moyennes… ».
Symbole de l'importance du moment pour le rayonnement de ce petit pays richissime, le roi Hamad bin Khalifa Al Thani était venu en personne à la cérémonie de la FIFA lors de la désignation du pays organisateur de la Coupe du Monde 2022. Au Qatar plus qu'ailleurs, le foot est affaire d'argent et de pouvoir autant que de sport. Al-Jazira Sport, dont le slogan ("We Have No Limits", " Nous n’avons pas de limites", NDLR) en dit long sur sa stratégie d’acquisition de nouveaux marchés. Le fonds souverain Qatar Investment Authority ferait partie de la poignée de prétendants au rachat d’Infront Sports & Media, une agence suisse de vente de droits audiovisuels pour le compte de sept fédérations de football et financé par le Qatar.
Tremplins des ambitions qataries, les investissements colossaux de l'émirat du Golfe servent d'abord à améliorer la compétence entrepreneuriale et technique des acteurs du football qatari afin de devenir, d'ici l'organisation de la Coupe du Monde 2022, un acteur majeur du football mondial : « Dans la perspective du Mondial 2022, dont l'enjeu en terme de rayonnement international est crucial pour le régime, il est important de développer des compétences au niveau du management du football. Et le meilleur moyen, pour les Qatariens, est de se rôder en étant maître d'œuvre sur des projets moteurs comme le développement du PSG ou la valorisation de la Ligue 1 » confiait au Figaro un homme d’affaires français installé dans le Golfe.
Mohamed Al Kuwari, l’ambassadeur du Qatar en France ne cache pas les intérêts qui animent son pays : « c'est une valeur ajoutée pour notre relation bilatérale. La France est pour nous un allié stratégique très important. Nous avons des relations excellentes dans plusieurs domaines. Elles se renforcent dans le domaine du sport, qui permet le rapprochement entre les peuples et les nations. Avec ce partenariat, je crois qu’on va avoir une relation renforcée et diversifiée dans plusieurs domaines. La relation entre la France et le Qatar, elle n’est pas qu’économique ou politique. Elle s’étend maintenant dans plusieurs domaines ».
C’est que, des infirmières bulgares au PSG, les liens entre les deux pays sont anciens. De la même manière que le Qatar avait versé les 400 millions de dollars de caution pour la libération des infirmières retenues à Tripoli, l’Elysée a largement favorisée l’entrée des fonds souverains qataries dans le capital du PSG. Au point que certains se demandent si la monarchie pétrolière, grand argentier des deals hexagonaux, ne fait pas office de « fonds secrets de l’Elysée ».
En 2008, la lettre Africa Intelligence analysait déjà ce rapprochement des puissances : « Le cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, dont l'un des fils, cheikh Joan, sort de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr - qui va ouvrir une filiale à Doha -, a noué une alliance politique, militaire et financière avec Paris. En France, à travers Qatar Investment Authority (QIA), l'émir est de plus en plus présent dans les grands groupes français tels que Suez, Lagardère, Cegelec et Total. C'est l'alliance des puissances moyennes… ».
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