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Dieudonné : «Etre journaliste, c’est être sioniste»Laureline Dupont - Marianne2 | Samedi 6 Juin 2009 à 19:44 | Lu 18505 fois
Dieudonné a convié les médias à venir admirer son ultime trouvaille : une leçon de déontologie journalistique, dispensée par Alain Soral, Yahia Gouasmi et lui-même. Le tout habilement déguisé sous le nom accrocheur de "conférence de presse".
De gauche à droite, Yahia Gouasmi, Dieudonné Mbala Mbala et Alain Soral (photo marianne2)
Une fois passée la porte du théâtre de la Main d’or, il ne fallait pas plus d’une seconde et demi pour être alpagué par un charmant monsieur tout de noir corbeau vêtu. Présents pour la dernière conférence de presse de la liste antisioniste avant les élections du 7 juin, les journalistes n’auront sans doute pas été déçus du voyage. Contraints de décliner leur identité ou, pour les moins chanceux inconnus au bataillon, de présenter leurs papiers, tous ont pourtant joué le jeu afin de pouvoir rejoindre les rangs prestigieux -mais étrangement clairsemés- de la toute nouvelle formation sauce Dieudo. Le postulat de départ est simple et c’est Yahia Gouasmi, dirigeant du centre chiite Zahra, co-listier de Dieudonné et 3e sur la liste, qui l’expose aux étudiants-journalistes : « Aujourd’hui, les journalistes ne sont pas libres, les lobbies font de vous ce qu’ils veulent. Vous êtes manipulés par les sionistes. (…) Etre journaliste c'est être sioniste. Vous devez informer de la réalité ». Le programme est ambitieux. Et pour éduquer tout ce beau monde entièrement corrompu par le sionisme ambiant, la liste n’a pas lésiné sur les moyens : autour de Dieudo, Soral et Gouasmi ont été embauchés pour faire partie du corps enseignant. Pour assurer le bon déroulement de la leçon inaugurale, les militants de la liste antisioniste sont venus en nombre. La consigne de départ est simple : « N’intervenez pas, ne prenez pas la parole ». Leur rôle devait être celui de soutien passif à la philosophie Dieudonnienne. Mais après quelques phrases prononcées par la bande des joyeux professeurs, le public n'a pas résisté à la trop grande tentation que représentaient les applaudissements. Les journalistes, regroupés sur un rang devant la scène et coincés entre l'aimable trio professoral et les militants enthousiastes, auraient pu se sentir un tantinet pris en otage. Mais l'ambiance décontractée qui régnait cette après-midi là a eu tôt fait de les détendre. Pour parfaire le cours et convaincre les nouveaux étudiants d'appliquer à la lettre l'enseignement reçu, Alain Soral a vivement condamné le travail des journalistes du Monde. Leur faute, impardonnable, est d'avoir déformé les propos du terroriste Carlos quand celui-ci avait apporté son soutien à la liste quelques jours plus tôt. Et pour passer aux autres l'envie d'en faire autant, il a révélé les noms des journalistes fautifs afin qu'ils soient raillés par le public présent. Avant d'ajouter : « En plus, vous êtes mal payés ! », exclamation utile et bienveillante qui rappelle le genre de remarque que fait Sarkozy à ses visiteurs intellectuels, et qui a beaucoup faire rire les militants. Soral, ex-FN et aujourd'hui président d'une association néonationaliste, a d'ailleurs tenu à préciser aux journalistes présents : « Vous serez tondus à la Libération ». Applaudissements.
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