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Dick Annegarn ou les trompettes de la renommée

Régis Soubrouillard | Mardi 30 Décembre 2008 à 11:05 | Lu 15141 fois

Samedi soir, dans son émission On n’est pas couchés, Laurent Ruquier recevait Dick Annegarn, auteur compositeur, chanteur de variétés, mais aussi de blues qui depuis le début des années 70 trace sa route sans compromis. Sur le plateau, comme un sentiment d'incompréhension entre les pros de la promo et l'artiste qui s'interroge.



Rare sur les plateaux télés, Dick Annegarn a connu la gloire avec Bruxelles ou Sacré Géranium mais aussi 15 ans de disette à vivre sur une péniche. Ignoré par ses copains d’alors, les Lavilliers, Renaud, Leforestier, « caricatures d’eux-mêmes », devenus des « nobliaux de la chanson », selon ses propres dires.

Sur le plateau de son émission, On n’est pas couchés, Laurent Ruquier accueillait des jeunes « chanteurs » se revendiquant d’une certaine tradition de la chanson française, Grand Corps Malade et Abd Al malik, qui avouèrent n'avoir jamais entendu parler de ce chanteur libertaire… Soit.

Agnès Soral, pour sa part, bonne cliente, lui reprocha son incapacité à « se vendre ». L'expression en dit long sur les produits que sont devenus les
« artistes », la plupart assumant ce statut de « consommables », passant de rayon en rayon pour faire du chiffre.  La promo, c'est un métier, coco !

Une vie d'artiste en dehors de la télé
C’est presque un sentiment de malaise qui s’installe lorsque Dick Annegarn tente de s’expliquer sur sa démarche artistique, sans concessi
on : « Je quitte la compétition, ça ne veut pas dire que je ne marche plus. Chanteur de variétés cela a un sens, il faut multiplier les expériences pour pouvoir continuer à écrire. Ce n’est pas parce qu’on ne passe plus à la télé qu’on arrête de vivre. J’ai jamais été aussi heureux que sur ma péniche pourrie à Noisy-Le-Grand ! ».

Abd Al Malik, Grand Corps Malade, rappeurs et slammeurs ultra-sages de l’époque, Jean-Louis Aubert, rockeur vaguement poético-subversif de son temps, médusés, réduits au silence face à la démarche de l’artiste qui avoue son emmerdement à chanter 60 fois la même chanson, détruit le mythe de la grande famille du show-biz, qui refuse de se
« vendre » au plus offrant, de céder au timing et aux pressions des maisons de disques. Pour continuer à vivre, continuer à créer.



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