Diam's demande aux journalistes de se voiler la face
Lundi 8 Février 2010 à 14:01 | Lu 81582 fois I 596 commentaire(s)
Bénédicte Charles - Marianne
Le Nouvel Observateur vient d'être lourdement condamné en référé sur plainte de Diam's. Sa faute? Avoir évoqué la conversion de la chanteuse.
A gauche, la une du Nouvel Obs cette semaine. A droite, la une (censurée par nos soins) condamnée
Cette semaine, la une du Nouvel Obs ressemble furieusement à celle de Voici (ou Closer, ou Public, ou Oops, ne faisons pas de jaloux). Une bonne partie de la couverture est occupée par une publication judiciaire : l’hebdomadaire a été condamné pour atteinte à la vie privée et au droit à l’image de Mélanie Giorgiades dite Diam’s. Outre cette publication, le juge des référés de Nanterre a condamné le Nouvel Obs à verser 10 000 euros de dommages et intérêts à la chanteuse (qui en réclamait 50000).
Mais qu’a donc fait le Nouvel Observateur pour mériter ça ? Il a publié dans son numéro 2354 du 17 décembre 2009 une enquête intitulée « La France et ses musulmans ». Avec, en couverture, une photo de Diam’s et à l’intérieur un court article évoquant sa conversion à l’islam et au voile.
Immédiatement, on pense aux images publiées par Paris Match en octobre dernier. Des photos volées prises à la sortie d’une mosquée, où la rappeuse apparaissait voilée de pied en cap. Ce qui avait valu une condamnation à l’hebdo people. Le Nouvel Obs aurait-il eu l’imprudence de publier ces mêmes clichés ?
Pas du tout. La photo censée porter atteinte à la vie privée de Diam’s et publiée en une est une photo tout ce qu’il y a de plus posée. Un portrait en très gros plan sur son visage. Quant à l’article, de moins d’un feuillet, il se veut purement informatif et raconte la conversion de la chanteuse.
C’est apparemment suffisant pour être condamné. Au nom du principe qui veut que les convictions religieuses relèvent de la vie privée. L’auteur de l’article du Nouvel Observateur, Sophie Delassein, n’en revient toujours pas. L’avocat du journal, Me Didier Leick, non plus. « Elle chante voilée lors d’un concert public à l’Institut du Monde arabe, mais on ne peut pas faire état de ses convictions religieuses ! », s’indigne-t-il.
Désormais, sous peine de finir devant un juge des référés, il ne faut donc plus écrire qu'une personne s'est convertie à une religion, mais qu'elle «a cessé d'être athée». On ne peut pas non plus dire que Diam's portait un un voile noir lors du concert organisé par Action contre la faim au profit des sinistrés d’Haïti la semaine dernière au Bataclan : il s'agissait en fait d'un morceau de tissu de couleur sombre posé sur sa tête .
La rappeuse a beau faire étalage de ses croyances dans les textes des chansons de son dernier album, SOS (où elle chante, entre autres : « Je suis guérie, grâce à Dieu, j’ai retrouvé la vue »), il est interdit aux journalistes d’en faire état. Elle a beau apparaître publiquement voilée avec une drôle de capuche, pas question d'en faire le décryptage. On est sommé de considérer son couvre-chef comme un vulgaire serre-tête. Mine de rien, c'est ça la banalisation du voile serre-tête.
Mais qu’a donc fait le Nouvel Observateur pour mériter ça ? Il a publié dans son numéro 2354 du 17 décembre 2009 une enquête intitulée « La France et ses musulmans ». Avec, en couverture, une photo de Diam’s et à l’intérieur un court article évoquant sa conversion à l’islam et au voile.
Immédiatement, on pense aux images publiées par Paris Match en octobre dernier. Des photos volées prises à la sortie d’une mosquée, où la rappeuse apparaissait voilée de pied en cap. Ce qui avait valu une condamnation à l’hebdo people. Le Nouvel Obs aurait-il eu l’imprudence de publier ces mêmes clichés ?
Pas du tout. La photo censée porter atteinte à la vie privée de Diam’s et publiée en une est une photo tout ce qu’il y a de plus posée. Un portrait en très gros plan sur son visage. Quant à l’article, de moins d’un feuillet, il se veut purement informatif et raconte la conversion de la chanteuse.
C’est apparemment suffisant pour être condamné. Au nom du principe qui veut que les convictions religieuses relèvent de la vie privée. L’auteur de l’article du Nouvel Observateur, Sophie Delassein, n’en revient toujours pas. L’avocat du journal, Me Didier Leick, non plus. « Elle chante voilée lors d’un concert public à l’Institut du Monde arabe, mais on ne peut pas faire état de ses convictions religieuses ! », s’indigne-t-il.
Désormais, sous peine de finir devant un juge des référés, il ne faut donc plus écrire qu'une personne s'est convertie à une religion, mais qu'elle «a cessé d'être athée». On ne peut pas non plus dire que Diam's portait un un voile noir lors du concert organisé par Action contre la faim au profit des sinistrés d’Haïti la semaine dernière au Bataclan : il s'agissait en fait d'un morceau de tissu de couleur sombre posé sur sa tête .
La rappeuse a beau faire étalage de ses croyances dans les textes des chansons de son dernier album, SOS (où elle chante, entre autres : « Je suis guérie, grâce à Dieu, j’ai retrouvé la vue »), il est interdit aux journalistes d’en faire état. Elle a beau apparaître publiquement voilée avec une drôle de capuche, pas question d'en faire le décryptage. On est sommé de considérer son couvre-chef comme un vulgaire serre-tête. Mine de rien, c'est ça la banalisation du voile serre-tête.
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