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Derrière la crise du lait, il y a l'Union européenneCédric Omet - Marianne | Mardi 19 Mai 2009 à 12:51 | Lu 11439 fois
Un marché du lait libre et non faussé. La fin des quotas. Une législation européenne de la concurrence qui s'impose à tous. C'est l'accord européen trouvé en décembre dernier par Michel Barnier. Un désastre pour celui qui candidate au prochaines élections européennes.
(photo : Pterjan - Flickr - cc)
« Nous sommes parvenus à un accord à la quasi-unanimité ». Michel Barnier avait été clair en novembre 2008. Il se réjouissait alors d’un accord trouvé au niveau européen pour déréguler progressivement le marché du lait jusqu’en 2015. Les quotas de production étaient relevés de 1% pendant 5 ans, puis disparaîtraient complètement. Le lait fluctuerait ensuite « librement » au gré du marché de l’offre et de la demande. Pleinement ancré dans l’idéologie libre-échangiste de l’Europe, cet accord à la « quasi-unanimité » - sauf la Lituanie - entérinait le sacro-saint principe de non intervention du pouvoir politique dans l’économie. Et déjà, les producteurs français, allemands et autrichiens s’inquiétaient des conséquences dramatiques d’un telle mesure sur… le prix du lait. L’obstination de Bruxelles, « le lait trop régulé » ?Dans un éditorial de Jean-Francis Pécresse, paru dans les Echos d’aujourd’hui, on peut lire que l’économie laitière « ne souffre pas de trop peu de régulations mais de trop de régulations. (…) L’Europe, avec l’aide de la France, a privilégié une politique des revenus si aboutie qu’elle a transformé les éleveurs en salariés de leurs clients… ». Et de préciser qu’« en 2007, lorsque les prix du lait grimpaient en flèche, c’est la régulation qu’on dénonçait et la concurrence qu’on célébrait. » Certes, mais la joie fut de courte durée. Davantage que la hausse du prix du lait, c’est l’importante fluctuation du prix qui saute aux yeux, a fortiori depuis avril 2008, date à laquelle la DGCCRF - Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes – a décrété illégales les ententes permettant le maintien du prix du lait.
Article paru dans les Echos du mardi 19 mai 2009
La France résignéeLe ministre de l’Agriculture Michel Barnier, candidat aux élections en juin prochain, n’est donc pas exsangue de responsabilités dans cette crise qui enflamme plusieurs villes de Province. Il est l’un des artisans de la volonté affichée des libéraux de Bruxelles à vouloir déréguler les marchés, même si cela doit saborder tout un pan de l’économie faisant vivre les régions. Les beaux discours ne peuvent se substituer aux actes. A 15 jours des élections au Parlement de Strasbourg, cette crise du lait incarne parfaitement le dilemme européen qui voit s'opposer un sentiment d’impuissance des citoyens au dogme de l'idéologie libérale qui se cache derrière raison économique : déréguler toujours plus pour appauvrir encore. Aujourd'hui, c'est le lait. Et demain ?
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