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Derniers jours avant la récession

Bernard Maris | Lundi 29 Septembre 2008 à 08:43 | Lu 18510 fois

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Les Etats-Unis ne seront pas les seuls à payer pour les subprimes. L'Europe et la France vont elles aussi entrer en récession. Tout simplement parce que personne ne sera épargné.



Derniers jours avant la récession
« Les Etats-Unis vont connaître la pire récession depuis 40 ans. Moins trois pour cent pendant 18 mois. » Qui parle ainsi ? Un grand économiste américain, interviewé dans les Echos. La récession aux Etats-Unis parait assurée, pour une raison très simple : les Etats-Unis qui ne vivent que dans l’endettement doivent en ce moment apurer leurs dettes, nettoyer les écuries, se débarrasser de leurs mauvaises dettes avant d’en faire de nouvelles. A moins que les ménages américains se mettent soudain à épargner, ce qui est assez improbable. Donc l’économie américaine, à moins d’un miracle, va entrer en récession.
D’où la question subsidiaire : l’Europe va-t-elle entrer aussi en récession ? Il faut dire que malgré tous les appels à la confiance, à la sérénité et au moral des économistes, des hommes politiques, des banquiers (ah ! les banquiers ! jamais ils n’ont été aussi confiants les banquiers !) quelques signes laissent présager de lendemains moroses. D’abord, la quasi faillite de Fortis, première banque belge, seconde banque néerlandaise, premier employeur privé en Belgique. Fortis avait racheté il y a un an tout juste, la banque ABN, pour la somme de 24 milliards d’euros. Aujourd’hui elle en vaut 13 à peine. Il y a un an, elle affichait 445 milliards d’euros d’actifs. Aujourd’hui... qui sait ce que valent ses actifs !
Ensuite, il y a la faillite de Bradford et Bingley, un fonds britannique spécialisé dans l’immobilier, que la Grande Bretagne devrait nationaliser après avoir nationalisé, vous vous en souvenez, la Banque Northern Rock.

La crise n’épargnera pas la France

Evidemment, la France ne sera pas épargnée. Si l’Europe entre en récession, la France aussi. Les banques françaises sont-elles plus solides que les banques anglaises ou allemandes ? Oui, car elles sont polyvalentes et moins engagées dans l’immobilier. Mais elles sont très engagées dans les produits dérivés, les produits assurantiels : et si le marché des crédits hypothécaires fait sombrer le marché des produits dérivés... Ce sera une crise profonde, type 29. On n’en est pas là.
En 29 on avait dit que seule la Russie isolée avait échappé à la crise. Aujourd’hui aucune économie n’est isolée et certaines souffriront plus que d’autres : celles des pays pauvres notamment, déjà matraquées par la hausse du pétrole et des matières premières.

La phrase du jour : « Nous ne pensons pas que le plan Paulson changera beaucoup la donne ; l’économie américaine est en récession et va probablement le rester. » David Rosenberg, Chef économiste chez Merryl Lynch




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